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Sevens Paris - La 1re journée au coeur des Bleus : de la longue attente à la large victoire

La 1re journée au coeur des Bleus : de la longue attente à la large victoire

Le 13/05/2016 à 23:37Mis à jour Le 14/05/2016 à 10:52

Les Bleus ont entamé de la meilleure des manières le retour d'un tournoi du circuit mondial de 7 à Paris, en l'emportant largement contre le Canada (42-5) en début de soirée, vendredi. Animés par la hâte de démarrer, les Français ont auparavant connu une longue journée, essentiellement passée à l'hôtel du tournoi. Celui que partagent les 16 équipes. Un lieu typique de l'esprit du Sevens. Récit.

De l'extérieur, l'hôtel Mercure de la porte de Versailles ne paye pas de mine. Pourtant, une fois les portes franchies, l'esprit du rugby à 7 lui donne un coloration bien plus vive. Sous la grande verrière en plein cœur de l'établissement où logent l'ensemble des 16 sélections, l'ambiance est toujours aussi décontractée ce vendredi. Il est 13 heures et la salle de jeu grouille. Des Gallois se lancent dans un billard. Un peu plus bas, le Fidjien Viriviri affronte dans de grands cris de joie deux compatriotes au babyfoot. Plus calmes, des Samoans ont eux opté pour un petit flipper.

L'esprit du VII centré autour du partage

A l'entrée, le capitaine kényan Colins Injera prend la pose avec des supporters, sous les yeux de l'entraîneur néo-zélandais, Gordon Tietjens, alors que l'Américain Perry Baker, lunettes de soleil sur le crâne, rentre avec un sac 'Subway' à la main. Ordinateurs devant eux, les staffs anglais et gallois ont eux une discussion des plus sérieuses, sur une table du bar. Arrivés mercredi (mais en conditions tournoi depuis lundi), les Français, enfin, viennent de quitter la grande salle à manger où chaque nation dispose de sa table au petit drapeau distinctif. Pendant que les siens filent à la sieste, Jean-Claude Skrela se fait chambrer par son homologue samoan qui l'a vu la veille à la télévision.

Collins Injera (Kenya) - 13 mai 2016

Collins Injera (Kenya) - 13 mai 2016AFP

A quelques heures du Paris Sevens, la scène paraît surréaliste. Le manager des Bleus s'amuse de notre réaction : "Moi aussi, au début, ça m'a surpris ! Mais maintenant, il n'y a rien de plus normal". Plus ou moins chic à chaque étape, l'hôtel est probablement le lieu qui illustre le mieux l'identité du VII, camp de base ce "cirque ambulant". "On est tous assujettis aux mêmes principes, sur la restauration, les lieux d'entraînement et de vie..." renchérit Skrela. "Des pays plus 'huppés' à ceux qui arrivent sur le circuit, on partage tout". Quitte à organiser une séance vidéo dans la salle du kiné, chacun s'adapte dans un profond respect, suivant ses habitudes et particularités culturelles.

Les arbitres aussi dans le même hôtel

Si les Bleus partagent par exemple leur étage avec les All Blacks à Paris, pas question de regarder ce que les autres font. "Ils se croisent tout le temps mais sont néanmoins vachement centrés sur leurs équipes", remarque Anthony Marceau, conseiller technique régional au comité du Centre dans le civil, et officier de liaison - bénévole - des Argentins depuis dimanche, chargé d'assurer une bonne communication entre l'équipe et le centre névralgique de l'organisation à l'entrée. Le grand hôtel commun favorise néanmoins les échanges. Même avec les arbitres, logés à la même enseigne. Entre nations et joueurs, des affinités se sont créees avec les années.

Terry Bouhraoua et Damien Cler (France 7) - 13 mai 2016

Terry Bouhraoua et Damien Cler (France 7) - 13 mai 2016Icon Sport

Mais ce vendredi, les Bleus ne doivent pas se perdre. "Ce sera une longue journée, on va s'adapter comme on le fait à chaque fois" nous avait prévenu Terry Bouhraoua. Petit-déjeuner à 8h, réveil musculaire dans un parc à voisin à 10h, remise des maillots dans la petite chambre du manager à 11h, déjeuner à midi et collation à 16h, le planning est serré - mais avec des plages d'attente - jusqu'au "blow-out" prévu à 18h. Une séance de mise en situation près du stade, "pour taper un peu dans la caisse, trouver le second souffle", d'après le capitaine. En arrivant ensuite à Jean-Bouin, ils n'ont cette fois pas besoin de partager leur vestiaire, exception faite à l' hôte.

L'échauffement des Bleus devant leurs futurs adversaires

"Avec l'horaire et le public, c'est vraiment une sensation de préparation d'un gros match de Top 14", commente Julien Candelon. Avec un seul match à jouer à 20h50, les Français pénètrent sur le terrain une demi-heure avant d'affronter le Canada, après avoir jeté un œil aux Néo-zélandais de Sonny Bill Williams contre la Russie (35-10). Le temps d'un rapide échauffement, derrière les poteaux pendant Argentine - Etats-Unis (36-0), futurs adversaires des Bleus. "Mais tu ne regardes pas parce que tu es concentré", coupe Manoël Dall'Igna. "Même si forcément, on a vu que les Argentins avaient beaucoup scoré puisque c'était du côté où on s'échauffait..." Motivation supplémentaire.

Sonny Bill Williams face à la Russie - 13 mai 2016

Sonny Bill Williams face à la Russie - 13 mai 2016AFP

Au final, après une entame fébrile et un essai encaissé en bout de ligne, les Français déroulent, derrière Vakatawa et Barry. L'ambiance est survoltée, malgré une enceinte moitié pleine. Inhabituel pour les Bleus, "agréablement surpris", dixit Dall'Igna. "On les entend, on les voit, c'est super, sublime même", enchaîne Bouhraoua. "On va en profiter, encore !"

Au terme d'un match appliqué (42-5), ils dépassent même l'Argentine au goal-average (+37 contre +36), grâce à six réalisations. Mais le capitaine veut maintenant gagner les deux autres rencontres, pour ne pas compter. A condition de ne pas se déconcentrer. Pour cela, après un bref moment autorisé avec leurs proches, les Bleus ont vite retrouvé leur fameux hôtel. Comme d'habitude.

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