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RUGBY A 7 - Camille Grassineau : "Le but, c'était un résultat et il n'est pas atteint"

Grassineau: "Le but, c'était un résultat et il n'est pas atteint"

Le 10/08/2016 à 10:45Mis à jour Le 10/08/2016 à 14:58

RUGBY A 7 - Camille Grassineau a pris le temps de laisser retomber la pression une fois le tournoi féminin de Seven terminé à la sixième place. Malgré la déception de l'échec en quarts de finale (contre le Canada), la Bordelaise s'est livrée en pensant à l'avenir, avec le développement de sa discipline et les Jeux de 2020 en ligne de mire. Déjà.

Un jour après, que retenez-vous de ces trois jours de tournoi, bien débutés puis marqués par la défaite en quarts ?

Camille GRASSINEAU : Il y a beaucoup de déception... On voit qu'on a encore du travail. Dans les années à venir, il faudra se remettre à bosser encore plus fort pour faire mieux. Quelques équipes se détachaient clairement depuis un moment déjà pour l'or, mais je reste persuadée qu'on avait notre chance. La différence avec les tournois du World Rugby Series auxquels nous sommes habituées, c'est que cette fois, on ne pourra pas se rattraper dans un mois, il faut maintenant attendre quatre ans. Cette compétition est un moment historique, universel... L'expérience restera quoi qu'il en soit bénéfique, mais j'espère avoir l'occasion de revivre au moins une autre olympiade.

Se remotiver à l'issue de votre élimination n'a pas dû être facile lundi ?

C.G. : Il fallait s'y remettre, voilà... Ça n'a pas été facile après la soirée de la veille. Le trajet pour venir au stade lundi matin a été compliqué. Mais en tant que sportives de haut-niveau, on connaissait les règles, et on reste des Enragées. Même si on n'a pas la victoire, je pense que l'investissement était là, on ne pourra pas nous le reprocher.

Cette défaite contre les Etats-Unis (19-5), synonyme de sixième place, est-elle anecdotique ?

C.G. : Non, parce qu'elle permettait de finir sur une note plus positive. D'autant que les Américaines ont une équipe qu'on connaît, qu'on est plutôt habituée à battre. Et puis pour le public, les gens qui nous suivent, on se devait de gagner, ça reste une Plate. Mais là malheureusement, nous n'y sommes finalement pas parvenues. Finalement, je ne suis pas persuadée que l'on soit à notre place. On aurait dû gagner ces matches face aux Etats-Unis et au Canada.

" Je pense qu'on a pas toujours suivi les consignes"

Que vous a-t-il manqué pour franchir le cap des quarts de finale contre le Canada (15-5) ?

C.G. : On tenait le match, la première mi-temps avait tourné en notre faveur. Mais à mon avis, le deuxième essai qu'on arrive pas à mettre en fin de première période nous fait douter. Au final, avec les mauvaises décisions et les petites erreurs, cela nous coûte cher. Parce que le match bascule ensuite sur le premier essai qu'elles mettent... Après, sans parler de l'arbitrage, elles ont su être malignes. On n'est pas loin, vraiment pas loin, mais on n'y est pas encore.

Comment expliquez-vous les petites imprécisions et fautes trop nombreuses pour rejoindre le dernier carré ?

C.G. : Je pense qu'on a pas toujours suivi les consignes, et c'est ce qui nous a coûté cher. Sur les coups d'envoi par exemple, on a galéré. On manque clairement de précision. Mais c'est quelque chose d'assez récurrent. On a réalisé beaucoup de progrès, on est plus régulières, on réussi à accrocher les meilleures, mais il y a toujours un décalage. Ce n'était pas suffisant. Ça viendra. La marge de progrès est énorme pour être plus régulièrement au haut-niveau, celui des Australiennes ou des Néo-Zélandaises ! Même si je suis sûre qu'on aurait pu faire quelque chose, il faudra travailler. Techniquement, déjà. Mais aussi dans notre manière d'aborder les matches face aux grands leaders.

Grassineau bien prise par la défense canadienne

Grassineau bien prise par la défense canadienneAFP

Avec le lancement tardif du projet olympique féminin en 2014, votre équipe sera-t-elle plutôt préparée pour 2020 que 2016 ?

C.G. : Là, c'est clairement en train de se développer, avec la construction de l'équipe développement notamment. Travailler dur, c'est ce qu'on doit inculquer à ces jeunes, parce que l'exigence du 7 n'est pas du tout la même qu'à XV. Et il faut le faire rapidement. Mais dans l'ensemble, le 7 est à mon avis sur la bonne voie, avec le projet que David (Courteix, l'entraîneur, ndlr) a construit avec la Fédé et qui a permis de gros progrès en deux ans. Même si on n'a jamais fait de podium, on a toujours été dans le haut de tableau.

Un jour après la fin de votre tournoi, votre capacité à vous projeter impressionne.

C.G. : La déception est forcément avec nous, mais il faudra s'en servir. C'est ce qui fera avancer notre groupe et le développement du 7. J'espère d'ailleurs qu'en France, il y aura eu de l'engouement autour de cette compétition et que ça aidera le développement de notre sport. Personnellement enfin, j'ai envie de me projeter de nouveau dans un autre olympiade. Participer aux Jeux n'était pas une fin en soi. Le but, c'était un résultat, et il n'est pas atteint. Notre groupe, lui, est relativement jeune, mais fonctionne bien. Alors dans quatre ans, avec de l'expérience en plus et des filles en plus...

Grassineau et Guiglion

Grassineau et GuiglionAFP

En attendant, avoir inscrit le premier essai du retour du rugby aux JO, est-ce un argument qui aide à effacer la déception ?

C.G. : Ce n'était pas un objectif de la compétition, mais c'est un petit bonus ! J'aurais peut-être quelque chose à raconter à mes petits enfants dans quelques années.

Après la journée de mardi, comment sentez-vous les Bleus pour la suite de leur tournoi ?

C.G. : Ils n'ont déjà pas de bobo, c'est de bon augure. L'Espagne est une équipe qu'ils connaissent bien, dure à jouer, mais ça devrait le faire. Après, le quart est le match le plus déterminant. Pour mieux l'aborder, bien finir en poule leur facilitera la tâche.

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