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Paris Sevens - La 2e journée au coeur des Bleus : un samedi tout simplement parfait !

La 2e journée au coeur des Bleus : un samedi tout simplement parfait !

Le 14/05/2016 à 17:47

SEVENS - Après leur bonne entame face au Canada vendredi (42-5), les Bleus du VII ont assuré la première place de leur groupe, contre les Etats-Unis (24-12) puis les costauds Argentins (26-14) ce samedi. Pleins de sérénité, ils ont su faire preuve d'une belle maîtrise, au fil d'une journée où il a fallu gérer la pression de la présence des proches et des cris du public. Reportage en tribunes.

On avait quitté une bande de Napoléons bien attaqués dans le métro vendredi soir, on a retrouvé deux chevaliers de la table ronde sur leurs vélibs ce samedi matin. Malgré la fraîcheur parisienne, le public a joué le jeu des déguisements. Ambiance festive, malgré un stade Jean-Bouin pas encore plein. Regroupée derrière les poteaux, la grosse communauté kényanne est pourtant au rendez-vous pour encourager sa sélection dès l'ouverture de la deuxième journée, face à la Russie. Après la victoire (22-7), le coach Benjamin Ayimba tient à les remercier : "Beaucoup ont fait des sacrifices pour venir d'ailleurs en Europe, depuis l'Allemagne ou la Suisse, pas seulement la France".

Leurs coéquipiers, premiers supporters en tribunes

Le stade se remplit doucement quand les Français débarquent en passant devant le parvis. "On a forcément un peu plus de pression à la maison, mais c'est surtout une source de motivation, plus que de perturbation", confie Manoël Dall'Igna. A 12h20, la concentration des Bleus est maximale pour le match de la qualification face aux Etats-Unis, après la facile victoire des Argentins sur le Canada (28-7). Dans une enceinte acquise à leur cause, leurs coéquipiers ou renforts du Top 14 sont leurs premiers supporters, en bas de la tribune présidentielle où se trouvent aussi certains arbitres, dont le Français Alexandre Ruiz, ou l'entraîneur adjoint du XV de France, Jeff Dubois.

Des supporters français en tribunes - 14 mai 2016

Des supporters français en tribunes - 14 mai 2016AFP

Arrivés après une séance matinale à Marcoussis, Jean-Pascal Barraque, Théo Millet, Arthur Bonneval, Arthur Retière et Alexandre Gracbling sont aux premières loges, au niveau de la ligne médiane. Ils se disent "simples observateurs" mais les commentaires fusent : "Laugel, c'est le meilleur sous les coups d'envoi !" ; "Baker, l'ailier américain, il est nul au contact" ; "Laugel, c'est une machine !"... Comme la veille pourtant, les Bleus commencent par encaisser un essai (2e), sur une erreur de Vakatawa en bout de ligne. De nouveau, la réaction ne tarde pas, avec Parez à la conclusion (4e). Retière commence à se lever de son siège, mais les applaudissements des cinq joueurs assurés de figurer dans le groupe à Londres restent sobres.

Un soutien du public jamais connu par les Bleus du VII

Deux essais (de Dall'Igna et Parez) plus tard, les sourires sont déjà sur les visages à la pause (19-7), dans les travées. "Ça sent bon !", acquiesce Gracbling, membre du groupe à plein temps mais non-retenu ce week-end. Ce qui ne l'empêche ni de frissonner sur les puissants "allez les Bleus" chantés après la pénalité vite jouée par Barry à l'origine du quatrième essai, ni de vibrer lorsque son pote Valleau pose un énorme raffut en fin de match. Victoire assurée (24-12), qualification aussi. Déjà appelé à Vancouver, le jeune Parisien Millet tire un bref bilan : "Ils jouent plutôt pas mal, on sent que le public les aide à ne rien lâcher".

France-Argentine en tribunes - 14 mai 2016

France-Argentine en tribunes - 14 mai 2016AFP

Jamais les Tricolores n'ont probablement évolué devant autant de supporters que ce samedi, malgré les tribunes encore un peu clairsemées. "On l'avait un petit peu connu à Lyon (sur une étape de qualification européenne aux Jeux, NDLR), mais ce n'était pas aussi gros", relance Dall'Igna. Ça fait vraiment bizarre !.

Et Candelon de comparer : "Ça rappelle des étapes où il y a une grosse colonie française comme à Hong Kong, sauf que le pourcentage de fans français est plus élevé. Et puis on a aussi nos familles... On a envie que la fête soit belle". A l'applaudimètre, elle l'est encore plus que vendredi. "C'est transcendant" témoigne Parez. "Ça nous transporte, ça nous vibrer ! Je pense que vous le voyez, quand on a un petit coup dur, ça nous revigore".

Les Français éloignés de leurs téléphones

Au coup de sifflet, Pierre-Gilles Lakafia est interrogé par le speaker du stade. "Chut, écoute ton frère !", chambre Bonneval au Parisien Raphaël Lakafia, assis non loin. "Ça fait super plaisir de le voir jouer, déjà parce qu'ils sont toujours aux quatre coins du monde", insiste le stadiste, habitué aux alarmes nocturnes pour n'en rien manquer. "Et puis surtout à Jean-Bouin, où je le force un peu à venir avec sa femme et son fils quand il est dans le coin !" Le retour du VII est Paris est aussi l'occasion rare pour les joueurs d'évoluer devant leurs proches. D'où la nécessité de redoubler de vigilance dans le niveau de concentration à maintenir. Message passé dès lundi par le manager.

Pierre-Gilles Lakafia - 14 mai 2016

Pierre-Gilles Lakafia - 14 mai 2016AFP

"Il faudra peut-être éviter de trop regarder les réseaux sociaux, les messages des amis... Ne pas s'enfermer, mais être concentrés, déterminés, disciplinés" avait prévenu Jean-Claude Skrela. Quitte à mettre les téléphones par moments de côté. D'ici leur dernier match de poule, le planning des Bleus est minuté. Du passage par le froid jusqu'à l'échauffement du match suivant, ils ont juste une petite demi-heure pour croiser leurs proches, sans négliger la récupération. Si Barry passe voir ses parents, Lakafia, lui, reste dans sa bulle jusqu'à dimanche. "Je préfère resté concentré sur le tournoi, le collectif nécessite parfois un petit sacrifice", commente le pilier. L'enjeu est trop grand, pas question de décompresser.

Revanche à prendre face aux Kényans

Lorsqu'ils pénètrent en bord de terrain pour réchauffer leurs corps avant le choc contre l'Argentine, une Marseillaise retentit déjà. Le cadre est posé. Malgré une entame plutôt à l'avantage des Pumas, les Bleus de Laugel ne lâchent rien, assurent dans les rucks et marquent par deux fois avant la pause, dans une rencontre physique et tendue. Impressionnante sérénité. Pour éviter les All Blacks en quarts de Cup, la première place du groupe D est assurée (26-14). Gardant en tête les petites erreurs défensives du jour, Stephen Parez illustre l'exigeant état d'esprit : "Il va falloir faire mieux pour titiller les plus grands et pourquoi pas gagner ce tournoi".

Rieko Ioane (Nouvelle-Zélande) - 14 mai 2016

Rieko Ioane (Nouvelle-Zélande) - 14 mai 2016AFP

Dimanche matin, à 11h57, une revanche les attend d'abord. Face au Kényans, vainqueurs en quarts dans les mêmes circonstances (après une phase de poules marquée par trois victoires) à Singapour. Le capitaine Colins Injera ne s'en préoccupe guère : "A ce niveau, vous devez être prêts à jouer n'importe qui si vous voulez remporter le tournoi".

Renvoyant, lui, ses joueurs rapidement au vestiaire pour filer au calme de l'hôtel, Jean-Claude Skrela n'est pas détendu par cette belle journée. "Si on veut gagner une médaille, ce ne sera pas seulement avec une bonne première phase", termine-t-il. "Et pour cela, il ne faut pas se laisser emporter par l'enthousiasme de l'environnement".

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