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JO Rio 2016 - Sevens : le village olympique, cet inquiétant inconnu que les Bleu(e)s vont découvrir

Le village olympique, cet inquiétant inconnu que les Bleu(e)s vont découvrir

Le 29/07/2016 à 14:34

RUGBY A 7 - Chez les garçons comme chez les filles retenus pour représenter la France, personne n'a jamais connu les JO. Alors devant l'inconnu de l'inquiétant et excitant village, staffs, joueurs et joueuses ont acquis un maximum d'informations pour aborder au mieux la découverte de l'Olympisme. Avec deux options différentes.

Une nouvelle famille. Pour marquer le coup, France 7 et France 7 Féminines ont définitivement lancé leur préparation à l'Insep, la maison des sports olympiques, début juin. Mais en plein bois de Vincennes où le 7 prend occasionnellement ses quartiers, le rugby doit toujours faire sa place, sur le terrain entourant la piste d'athlétisme.

Même si des échanges ont déjà lieu avec d'autres disciplines comme la lutte depuis un moment déjà, il y a encore du boulot. "Un matin, on m’a dit que les athlètes en pleine séance à côté de nous avaient peur des ballons", raconte en rigolant David Courteix, entraîneur des filles. "J’ai d'abord cru que c’était une plaisanterie, puis quand j'ai compris, j'ai pris un peu la mouche, et on a été sur le synthétique un peu plus loin !"

Tout pour rater ses Jeux au village

Outre ce rare échange agité, les Bleus et les Bleues du 7 ont trouvé un réel intérêt à intégrer en juin l'Insep, en plus du symbole. "On croise des athlètes de renommée comme Teddy Riner ou Jimmy Vicaut, ça donne envie de partager cette passion de l’olympisme", estime la Lilloise Shannon Izar. A Rio, eux vont justement découvrir un monde nouveau.

Et un lieu inconnu, synonyme de tous les possibles, le fameux village, où ils croiseront les Usain Bolt et autres Michaël Phelps. "Entraîneurs, managers, préparateurs, kinés, joueurs, on est tous dans le même bateau, personne n’a fait les JO", reprend Jonathan Laugel. "Les seules expériences qu’on peut entendre sont celles d’intervenants externes donc honnêtement, on a bu leurs paroles à chaque fois". En fait, le staff des garçons a pu organiser deux rencontres avec d'anciens sportifs expérimentés, du cyclisme ou du tennis de table, pour connaître leur vécu du contexte olympique.

Les Tricolores ont ainsi entendu de bonnes et mauvaises expériences. Le sentiment du groupe est résumé par Julien Candelon : "Jusqu'au début de la prépa, ces choses nouvelles amenaient de l'excitation et après ces discussions, une autre vision est apparue, la mise en garde". Pour ne pas se retrouver avalés par le village aux 15 000 athlètes et aux restaurants collectifs des cinq continents.

Face aux tentations, le lutteur Christophe Guénot conseille par exemple de se couper du monde, alors que le pistard Florian Rousseau recommande d'en profiter pour respirer. Les joueurs et joueuses de rugby devront, eux, trouver ensemble leur juste milieu, pour être acteurs et pas spectateurs. Sans oublier qu'au village, "il y a tout ce qu’il faut pour foirer ses Jeux", retient l'entraîneur Frédéric Pomarel. Danger.

Arrivée tôt pour les garçons, tard pour les filles

"Je ne sais pas trop à quoi m’attendre", reconnaît Stephen Parez, qui a pu lui notamment en parler avec le boxeur Tony Yoka lors d'un week-end olympique en octobre. "J'ai vu des photos, on m’en a beaucoup parlé et je pense qu’on a la chance d’être une équipe. Si on arrive à rester entre nous, soudés et concentrés, le village fera un peu moins peur".

Ils continuent pour cela de prendre un maximum d'informations. Pour entendre l'avis de sportifs de disciplines collectifs, Jonathan Laugel a également rencontré l'ancien handballeur Olivier Girault lors d'une conférence de l'organisation sport et démocratie, fin juin. Pour les filles, David Courteix a lui entre autres récupéré le numéro de l'entraîneur du hand français Claude Onesta dans la même idée.

"On s’est renseigné auprès de tout un tas de gens", décrit le technicien. "Mais notre groupe aime se préparer dans le calme et on sera rapidement jetés dans l’arène puisqu'on arrive tard à Rio (le 1er août) pour un début de compétition, le 6, au lendemain de la cérémonie à laquelle on ne prendra du coup pas part".

Forts du ressenti et des petits tuyaux de plusieurs anciens olympistes, les garçons - arrivés ce jeudi 28 pour un début de compétition le 9 août - prendront eux le temps de "sonder le village les premiers jours", pose Frédéric Pomarel. "Ils ont été avertis par leurs pairs". Mais n'oublient pas pour autant l'expérience fantastique qui les attend. Même si l'histoire est la même pour toutes les sélections du rugby à 7, il faudra d'abord se maîtriser pour ne pas avoir de regret. Une partie intégrante de la découverte des Jeux. "Faire la fête avant n'est même pas imaginable", conclut Jonathan Laugel. "Mais après, ce sera champagne tous les soirs !"

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