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JO Rio 2016 - Sevens : conquête à 3, transformations, arbitres d'en-but... les règles du rugby à 7

Touches et mêlées à 3, transformations, arbitres d'en-but... les règles du rugby à 7 expliquées

Le 30/07/2016 à 10:37Mis à jour Le 30/07/2016 à 14:43

RUGBY A 7 - A J-6 de la cérémonie d'ouverture et J-7 du début du tournoi féminin des Jeux de Rio, on vous explique ce samedi avec les différences entre les règles du rugby à XV et celles du 7. Le seul arbitre tricolore présent aux JO, Alexandre Ruiz, nous aide à faire un petit panorama.

Si vous n'avez (par malheur) jamais (encore) observé une rencontre de rugby à 7, commencez à vous imaginer la situation. 2 équipes, 14 acteurs et un terrain aux mêmes dimensions qu'une pelouse d'un match de XV. Alors forcément, les organismes s'attendent à souffrir encore une fois au stade de Deodoro à partir du 6 (pour les filles) ou du 9 août (pour les garçons). Pas seulement pour les joueurs. "A XV, on court en moyenne 7 kilomètres en 80 minutes, contre 2,5 en 14 minutes à 7", illustre l'arbitre Alexandre Ruiz.

Le temps de jeu, bien sûr, est adapté pour répéter les efforts. Comme à l'habitude, les rencontres des JO se joueront donc en 2 mi-temps de 7 minutes, 2 périodes de 10 pour les finales ; et éventuellement 2 prolongations de 5 minutes, où le premier à marquer est désigné vainqueur. La mi-temps ne dépasse enfin pas la minute d'arrêt (2 en finale), et si les 5 remplaçants sont autorisés à rentrer, aucune sortie tactique ne peut pénétrer de nouveau sur la pelouse (sauf en cas de remplacement d'une blessure ouverte) dans la suite de la rencontre.

  • A 3, des phases statiques moins disputées

"L'énorme changement, c'est que ça se joue à 7 et que les remises en jeu sont limitées à 3 joueurs". Lorsque l'on a interrogé Alexandre Ruiz sur les petites différences entre le 7 et XV, voilà ce que l'arbitre tricolore a commencé par nous répondre. L'alignement en touche et l'unique première ligne en mêlée ne rassemblent que 3 joueurs de chaque sélection. "Les phases statiques servent souvent juste de rampe de lancement et prennent moins de temps, d'autant que l'esprit reconquête est moins présent, l'équipe qui n'a pas la balle est plus prête à défendre", clarifie le Bittérois.

Le Russe Yuri Gostyuzhev capte un ballon en touche

Le Russe Yuri Gostyuzhev capte un ballon en toucheIcon Sport

  • Un arbitrage plus strict, notamment au sol

Le rugby à 7 connaît nettement moins de temps de jeu arrêté. Si bien que l'arbitrage est beaucoup plus rigide dans ce secteur. "A 7, il faut toujours revenir sur la chronologie de l'action, appliquer la règle de manière plus stricte", renchérit Ruiz. "Au sol par exemple, il faut d'abord observer en détail le plaqueur, l'assistant plaqueur, le plaqué, puis les soutiens... Comme ces phases sont moins nombreuses, on doit bien les siffler. Environ 25% des rucks sont sanctionnés à 7". La discipline exige la précision.

  • Un nombre de juges plus important

Afin d'atteindre une précision arbitrale toujours plus grande justement, les juges du 7 sont aussi plus nombreux. L'arbitre central est ainsi entouré de 2 juges de touche, mais également de 2 juges d'en-but. "Si celui du milieu reste le seul maître à bord, une décision se prend toujours à 3 au rugby à 7", clarifie Ruiz. Mais le juge central a également le droit à 2 ralentis sur l'écran géant pour prendre sa décision finale.

Terry Bouhraoua marque un essai sous les yeux de l'arbitre

Terry Bouhraoua marque un essai sous les yeux de l'arbitreIcon Sport

  • Des cartons jaunes de 2 minutes

Le temps d'une sortie sur un carton à 7 est évidemment adapté au prorata de la sanction accordée pour un jaune à XV. Au lieu de dix minutes, un joueur recevant un carton jaune à 7 se retrouve forcé d'attendre 120 secondes, soit 2 minutes, sur le banc. Les gestes à l'origine d'une sanction méritant un carton, eux, restent les mêmes. "Les critères ne changent pas, mais on sanctionne plus vite", ajoute Alexandre Ruiz qui parle de tolérance 0. "Sur un acte d'anti-jeu ou dangereux par exemple, on peut sortir le jaune beaucoup plus vite". A 7, tout est décuplé.

  • Des transformations plus rapides

Histoire de ne pas perdre de temps de jeu, les transformations ont aussi été accélérées à 7. Si les tentatives sont elles réalisées en drop-goal, après un essai, le buteur dispose en effet seulement de 40 secondes pour tenter de passer son coup de pied. "Pour transformer et être revenu dans son camp", complète Ruiz. L'équipe qui a marqué remet le ballon en jeu. Et si la transformation est jouée après les 6'30 d'une mi-temps, c'est le moment où le ballon est frappé que le chrono est arrêté pour savoir si un nouveau coup d'envoi aura lieu.

Le Canadien Nathan Hirayama transforme un essai

Le Canadien Nathan Hirayama transforme un essaiIcon Sport

  • Des bras cassés à jouer au centre du terrain

Plusieurs fautes sont sanctionnées d'un "coup de pied franc" au milieu de la ligne médiane pour l'équipe adverse au rugby à 7. C'est le cas d'un coup d'envoi filant directement en touche, d'un coup d'envoi ne faisant pas les 10 mètres réglementaires, d'équipiers devant le ballon au coup d'envoi, ou encore d'un ballon mort... Des circonstances qui font que l'on voit souvent l'arbitre réaliser ce que l'on appelle communément le "bras cassé", au centre du terrain.

  • Une durée d'avantage largement raccourcie

Cela n'est pas inscrit dans les amendements apportées aux règles du rugby à XV pour définir celles du 7, mais la durée d'avantage est nettement raccourcie dans cette discipline bientôt olympique. "Si une équipe a l’avantage, qu'elle n'est pas sous pression et qu'elle fait le choix tactique de jouer, je baisse souvent le bras au bout de deux passes, parce que cela reviendrait au même pour eux de passer par une mêlée ou une mêlée spontanée au même endroit", justifie Ruiz.

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