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JO Rio 2016 - Avec Alexandre Ruiz, la France du rugby aura aussi un représentant au sifflet

Avec Ruiz, la France aura aussi un représentant au sifflet à Rio

Le 02/08/2016 à 09:18Mis à jour Le 03/08/2016 à 10:27

RIO 2016 - Rentré sur le circuit mondial en 2012 au sifflet, Alexandre Ruiz fait partie des douze juges sélectionnés pour arbitrer les Jeux olympiques de Rio. Le Biterrois de 29 ans s'est préparé en adéquation avec les fortes attentes autour de l'événement planétaire, autant physiquement que techniquement, dans une discipline du Sevens plus exigeante que le XV.

Lui n'a eu qu'une petite semaine de vacances. Après la demi-finale longuement commentée entre le Racing et Clermont mi-juin, Alexandre Ruiz a pris la direction du Canada pour arbitrer un test-match contre l'Italie (en s'éloignant au passage des polémiques du Top 14), avant de basculer en mode Sevens.

Retenu au sein du groupe des douze juges des Jeux olympiques, l'arbitre de 29 ans a donc dû peaufiner sa préparation ces dernières semaines. Comme pour les joueurs, le rugby à 7 est physiquement plus exigeant pour les arbitres que le XV. "Mais pour moi, c'est un peu une catastrophe", reconnaît-t-il. "J'ai du mal à courir pour courir, tout seul chez moi". Mais pas question de tricher, le Biterrois a pris l'habitude d'être surveillé par un GPS. World Rugby ne rigole pas.

Alexandre Ruiz fait appel à la vidéo lors de Clermont - Racing en décembre 2015

Alexandre Ruiz fait appel à la vidéo lors de Clermont - Racing en décembre 2015Icon Sport

Une excellente saison à 7, jusqu'à sa sélection

Nommé plus jeune arbitre du Top 14 en 2013, Alexandre Ruiz est désormais un habitué du circuit mondial de 7. Ancien demi de mêlée de Portiragnes (dans son enfance), Béziers (jusqu'en Cadets), et Agde (jusqu'en Fédérale 3), l'Héraultais devenu arbitre en parallèle à la faveur d'un doigt cassé sur un tournoi en Minimes a découvert la discipline sur la proposition de son patron, Didier Mené, lors d'un tournoi européen en 2011. "Peut-être parce que j’avais le profil", commente sobrement celui qui a vite gravi les échelons de l'arbitrage, depuis la Fédérale 3 en 2008. "J'y ai pris goût, et World Rugby m’a retenu pour le circuit mondial un an plus tard, comme j'ai répondu aux critères".

Loin de s'imaginer alors l'avenir olympique du rugby, l'homme au sifflet s'est pourtant pris au jeu, après l'arbitrage de la Coupe du monde 2013 à Moscou et les désormais 100 matchs dirigés sur le Circuit mondial. De 18 juges internationaux au départ, Ruiz s'est logiquement retrouvé parmi les 15 sur la ligne de départ à Dubaï en décembre dernier, avec l'ambition de rejoindre les 12 nommés pour Rio.

Alexandre Ruiz a jonglé entre le 7 et le XV cette saison

Alexandre Ruiz a jonglé entre le 7 et le XV cette saisonIcon Sport

Au terme d'une saison réellement partagée entre 7 et XV (avec sept étapes du circuit arbitrées), il a appris la bonne nouvelle à Hong-Kong, la Mecque du sept : "J'ai compris l'opportunité que j'avais un peu avant, à Vancouver où tout s'était vraiment bien passé, et comme je n'ai pas fait d’erreur ensuite, c'était bon !" Plus strict, laissant moins de place à l'interprétation, l'arbitrage du Sevens lui convient bien.

Une relation franche avec les Bleus du 7

A la fierté discrète de découvrir les immenses Jeux olympiques, Ruiz concède "aimer diriger" sans perdre de vue "l'esprit du jeu" dans l'arbitrage, et ne craint pas la pression de Rio. Le Biterrois a également su s'habituer à l'esprit du 7 et sa caravane ambulante, à l'image des hôtels de chaque tournoi, où équipes et juges se croisent au quotidien.

"On peut très bien connaître les gens mais garder une neutralité primordiale sur le terrain", estime-t-il. "Les Anglo-Saxons ont parfaitement cette bonne mentalité ancrée". Lui dispose par exemple d'une excellente relation avec les Bleus dont il lui arrive de chambrer certains membres, mais auprès desquels il intervient occasionnellement pour clarifier certains points ou répondre aux questions.

Alexandre Ruiz lors de Toulon - Clermont en août 2015

Alexandre Ruiz lors de Toulon - Clermont en août 2015Icon Sport

A 7 comme à 15, l'arbitrage demande par ailleurs une adaptation constante. "On discute, il y a beaucoup de débats internes", complète-t-il. "Sur le jeu au sol par exemple, le comportement individuel évolue vite. Alors pour étudier le jeu, on doit envoyer cinq clips vidéos après chaque tournoi".

Celui des JO sera bien plus scruté que les autres. Pour s'y préparer techniquement, l'Héraultais a rejoint le rassemblement des arbitres internationaux retenus en Argentine mercredi 27 juillet dernier, en attendant de gagner le Brésil le 3 août. "Et l'état d'esprit du groupe devrait y être encore plus fort", attendait-il voilà un mois. "Dans ces stages, nous aussi on bosse pour le collectif !" Entouré à l'heure de découvrir les JO, Alexandre Ruiz n'en sera pas moins le seul français au sifflet.

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