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Dumange (Nevers) : "On a déjà le gâteau… Alors pourquoi pas la cerise maintenant !"

Dumange (Nevers) : "On a déjà le gâteau… Alors pourquoi pas la cerise maintenant !"
Par Rugbyrama

Le 25/05/2022 à 10:09Mis à jour Le 25/05/2022 à 11:15

PRO D2 - Depuis son arrivé à la tête du club neversois, Régis Dumange n’a cessé de le bâtir sur de solides fondations. Une équipe de qualité, un stade accueillant et des structures d’entraînement et de formation pour assurer le futur de l’USON, sont à mettre au crédit du Président et de ses partenaires, avec en point d’orgue, une première demi-finale de Pro D2 ce dimanche.

Nevers va vivre la plus belle semaine de son histoire avec ce match contre Mont-de-Marsan. Comment vivez-vous cette incroyable fin de saison ?

Paradoxalement je suis beaucoup plus décontracté que la semaine dernière ! Il en est de même pour nos joueurs, que j’ai senti plus relâchés à l’entraînement, avec des sourires, alors que la semaine passée, on sentait une forme de tension. On sent qu’on a passé un cap, la quatrième place était un but, avec cette demi-finale on a la récompense de notre travail. Nous sommes bien, nous sommes heureux et on va se présenter en étant libéré dans les Landes ce week-end, après avoir vécu un grand moment avec notre public jeudi dernier. On peut dire que la mission est déjà accomplie, qu’on a le gâteau et qu’on a la possibilité de mettre une belle cerise dessus maintenant.

L’occasion aussi de mesurer tout le chemin parcouru depuis votre arrivé à la tête du club bourguignon ?

On commence à récolter les fruits de notre travail, oui c’est vrai. Voilà maintenant douze ans qu’on avance, qu’on progresse, alors que nous avions démarré à partir d’une feuille blanche, ou presque. Ce club avait une histoire dans le monde amateur, et on a réussi à créer cet engouement autour du stade, faire de Nevers une ville de rugby, dans un département où il n’y a que cinq clubs. Nous avons gagné la reconnaissance du monde professionnel en parvenant à s’installer durablement et pas seulement en étant de passage. Je crois au système de la pyramide, il faut une base solide pour qu’ensuite il puisse y avoir une bonne assise. Et pour construire ces fondations il faut du temps, de la patience. On a encore besoin de construire, car il faut le dire, on n’est pas encore prêt. On doit travailler sur notre académie, sur notre centre de formation, continuer de tisser des relations avec des clubs emblématiques. Mais je suis content de ce qu’on a mis en œuvre et mes joueurs m’ont fait un beau cadeau avec cette progression linéaire.

" J’ai appris plus de choses dans le rugby qu’en 48 ans d’entreprise."

L’omnipotence n’est naturellement pas dans vos gènes. Chaque homme à sa place, c’est une bonne définition de votre travail ?

J’ai cette volonté du partage des responsabilités et je l’assume pleinement. Chacun son job, et toute ma vie, j’ai mis les bonnes personnes aux bonnes places, en leur donnant ma confiance. C’est-à-dire que l’équipe, c’est Xavier (Péméja), ce n’est pas moi. Moi je m’occupe de tous les à-côtés, et j’ai des discussions hyper-constructives avec Xavier et toujours dans la recherche de la compétence et de la performance. Je cherche toujours à rendre meilleures les choses et apporter de l’expérience pour grandir. J’ai appris plus de choses dans le rugby que dans mes 48 ans d’entreprise. Le rugby m’a apporté de l’amitié, du partage, des pleurs et des rires aussi, pour mieux écouter les hommes et les faire grandir. Il faut savoir écouter, réfléchir puis seulement ensuite agir, et j’essaye d’inculquer cela à mes joueurs.

Dans le secteur sportif, vous avez installé Xavier Péméja comme bâtisseur, avec une grande confiance et du temps pour faire grandir le club ?

Xavier, c’était clairement le bon choix et j’avais besoin de son expérience du haut niveau. Il apporte une écoute, et il a su fédérer autour de lui un staff fantastique, dans lequel il existe une grande communion. Xavier, je lui ai appris à savoir demander des choses auxquelles on peut répondre « oui ». Parce que si on dit « non » une fois, on peut en prendre ensuite l’habitude… Avoir des rêves, c’est une chose, mais des rêves que l’on peut atteindre, qui ne soient pas un grand bluff ou un mensonge. Quand on discute ensemble, on se dit qu’aujourd’hui on est peut-être capable d’atteindre une finale, mais serions-nous en mesure d’être performant à l’étage au-dessus ? Sur ce sujet-là aussi on s’est compris avec Xavier, alors pour le moment on continue de travailler ensemble, main dans la main et de faire grandir ce club.

Pro D2 - Regis Dumange (Nevers) et le manager de l'USON Xavier Péméja

Pro D2 - Regis Dumange (Nevers) et le manager de l'USON Xavier PéméjaRugbyrama

Avec donc des fruits spectaculaires cette saison pour récompenser ce travail de longue haleine. C’est aussi l’éloge du travail entrepris au club ?

Le sport est fait pour unir les gens autour d’une même passion. C’est de la joie, du plaisir, du partage et surtout pas la guerre. La guerre, c’est sur le terrain, car nous aimons un sport de combat, mais une fois le match terminé, il y a un vainqueur et un perdant. Le vainqueur, on le respecte et le perdant, car il en faut un, et bien il repart au travail. C’est ce qu’on a fait ces dernières saisons, et avec des hommes on fait en sorte d’améliorer les choses, avec toujours cette envie de continuer de grandir.

" Je pense qu’il n’y a pas un si grand écart que cela entre Mont-de Marsan et nous. Rien n’est jamais joué d’avance !"

Et donc ce match tant attendu de demi-finale ce dimanche à Mont-de-Marsan, face à l’ogre du championnat. Comment abordez-vous cette rencontre ?

C’est une équipe qui n’a pas de point faible, qui est forte dans tous les secteurs et contre qui il ne faut pas se rater, car elle sait exploiter la moindre faille. Mais nous aussi nous avons des qualités et des arguments à faire valoir ! Je regardais ce matin encore les statistiques. Nous avons le deuxième bilan à domicile derrière les Montois et finalement autant de bonus qu’eux. La différence s’est faite sur les matchs à l’extérieur où nous sommes passé très près de ramener la victoire sur cinq rencontres. Au bout du compte je ne pense pas qu’il y a un si grand écart entre eux et nous, à part l’expérience de cette équipe à ce niveau-là de la compétition. On a aussi gagné ce droit de jouer avec ces grands clubs depuis notre montée en Pro D2 et si Mont-de-Marsan a été champion sur 30 matchs, maintenant c’est une nouvelle compétition qui commence aussi pour eux. Dans le rugby, rien n’est jamais joué d’avance !

Avec un groupe dont l’ossature reste stable depuis plusieurs saisons, c’est l’année où jamais pour tenter de monter en Top 14 ?

Joker (rires) ! Pour le moment c’est une saison aboutie, sans pleur et après ces deux années de Covid, ça fait du bien de tous pouvoir se retrouver et de partager avec le public cette passion qui est la nôtre. Le reste, on verra sur le terrain.

Quoiqu’il se passe dimanche, on sent le club sur de bons rails et prêt à grandir plus encore dans l’avenir. C’est aussi une fierté d’ancrer durablement le rugby de haut-niveau à Nevers ?

Justement on veut encore agrandir notre stade, le porter à plus de 10.000 places pour partager plus encore avec le public, lui offrir le meilleur accueil. Aujourd’hui, le Pré-Fleuri appartient indirectement à ma société (Textilot). Mon fils Sébastien, prend l’affaire en main en ce moment et dans la corbeille du mariage il y a l’USON. C’est la démonstration parfaite de la volonté d’assurer une continuité, de pérenniser les choses même s’il venait à m’arriver quelque chose. C’est en tous cas notre volonté commune et Sébastien a toutes les qualités et les compétences pour assurer la continuité des choses, et comme les hommes ne sont que de passage, il y aura aussi un jour un après Péméja, et là aussi il y a déjà des choses mise en place… Tout le monde et moi le premier, peut être serein pour le futur de notre club.

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