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Tastet (Mont-de-Marsan) : "Vingt ans après, nous avons envie de réécrire l’histoire"

Tastet (Mont-de-Marsan) : "Vingt ans après, nous avons envie de réécrire l’histoire"

Le 24/05/2022 à 14:09Mis à jour Le 25/05/2022 à 17:15

PRO D2 - Avec le Stade montois, Julien Tastet (35 ans), a connu de nombreuses phases finales en Pro D2 et deux montées en Top 14 (2009, 2012). Devenu entraîneur des jaune et noir en 2020 après quatorze saisons en tant que joueur, il va vivre, dimanche, sa première demi-finale sur le banc.

Que représente cette demi-finale pour le Stade montois ?

C’est une récompense par rapport à la saison que nous venons de faire. Elle montre qu’on a été dans les deux équipes les plus régulières. Ça valide un peu l’implication, le travail et tout ce qu’on met en place depuis le 1er juillet. Ça va aussi être une belle fête pour le club, la ville, le territoire. Il n’y a plus eu de phase finale à Mont-de-Marsan depuis 2018. Tout le monde est impatient de vivre ce moment-là.

Quel bilan avez-vous tiré de la phase régulière, où vous avez terminé premiers avec 106 points ?

Il est hyper positif. Nous avons eu certains creux, notamment au mois de janvier. Tout le monde pensait qu’on allait lâcher, mais derrière, on fait un bloc magnifique avec un 5/5. Je pense qu’on a été régulier tout au long de l’année. Nous avons su nous adapter aux conditions. Ce qui est bien, c’est que nous avons vraiment impliqué tout le groupe, tout au long de l’année, jusqu’au bout. Le garder sous pression et impliqué a été une de nos grandes forces. Il en est ressorti une grosse cohésion. Ces 30 journées sont très positives.

" On a un groupe très homogène avec une profondeur de banc. Nos résultats l’ont montré. "

Vous avez de la casse au niveau de joueurs clés de votre effectif comme Du Plessis, Naituvi. Êtes-vous inquiet ?

On clame, depuis le début de la saison, qu’on s’est renforcé durant l’été, qu’on a un groupe très homogène avec une profondeur de banc. Nos résultats l’ont montré. Dans un premier temps, tout le monde s’inquiétait après la blessure de Willie Du Plessis, mais il a été très bien suppléé par Yoann Laousse-Azpiazu. On a aussi gagné sans Wame Naitvui. Au niveau de l’effectif, tout le monde va rentrer si ce n’est Baptiste Hézard, Simon Renda et José Luis Gonzalez. On a tout le groupe qui est, soit à 100 %, soit en phase de le redevenir.

Quel a été le programme depuis le 12 mai, date de votre dernier match ?

On a laissé aux joueurs un long week-end de trois jours. Nous avons fait une journée cohésion dans une ferme landaise le 16 mai, puis nous avons axé les deux jours suivants sur le rugby. L’après-midi du mercredi 18, nous avons fait une activité bateau et d’aviron à Saint-Jean-de-Luz. Depuis vendredi, nous sommes tournés vers la demi-finale.

Elle aura lieu face à Nevers. Comment vous projetez-vous ?

Il y a, avant tout, beaucoup d’excitation. Nevers est une équipe qu’on respecte, elle nous a posé beaucoup de problèmes lorsque nous sommes allés là-bas. Nous avions été largement dominés. Elle s’appuie sur un rugby huilé et ses grosses forces, qui sont ses ballons portés et sa touche offensive. C’est à nous d’être performants dans ces secteurs-là. Nevers maîtrise son système de jeu, elle aime tenir les ballons, multiplier les temps de jeu. C’est une formation qui balaie beaucoup le terrain sur la largeur. Elle mérite sa place, on la craint, mais on a envie de la rencontrer pour faire un gros match et valider ce qu’on a fait tout au long de l’année.

Pro D2 - Le Stade montois est en demi-finale du championnat

Pro D2 - Le Stade montois est en demi-finale du championnatIcon Sport

Qu’avez-vous pensé de leur performance face à Carcassonne ?

Xavier Péméja l’a dit, ils ont un gros caractère. Ils l’ont montré pendant le match. Il y a eu des moments où ça aurait pu basculer en faveur de Carcassonne, notamment quand il y a cet enchaînement avec la pénalité et le drop ratés. Sur la mêlée qui suit, ils ont le caractère pour reprendre le dessus et inverser un peu le cours du match avant de prendre l’ascendant. C’est une équipe qui ne faiblit jamais. On sent qu’il y a de la maîtrise dans ce qu’elle veut faire. Contre Carcassonne, elle avait peut-être un peu plus de pression, car c’était son premier match de phase finale à la maison. Ils en auront sûrement moins dimanche, donc ils prendront peut-être encore plus de risques et d’initiatives. C’est peut-être là où ils seront aussi dangereux.

Vous avez connu des phases finales en tant que joueur. En quoi est-ce différent de les vivre en tant qu’entraîneur ?

Disons que, quand tu es joueur, tu sais que tu vas être un acteur pendant 80 minutes. Toute cette excitation, cette adrénaline ou cet engouement que tu as autour et que tu emmagasines tout au long de la semaine, tu peux vite l’évacuer dès le début du match et te poser zéro question. Quand tu es coach, tout ça, tu le vis avec un peu plus de recul, même si tu es pleinement impliqué. À partir du moment où le match est lancé, tu as un peu moins d’influence et tu n’évacues pas ce stress, cette tension.

Avez-vous un rôle dans la transmission auprès des plus jeunes cette semaine ?

Dans la semaine, je vais peut-être m’entretenir, informellement, avec certains jeunes qu’on a, pour voir comment ils appréhendent ce rendez-vous, quel est leur ressenti et pour leur dire que, pendant ces moments-là, il ne faut surtout pas être spectateur. C’est, des fois, le mal qu’on a, pendant les débuts de match, puisqu’on regarde ce qu’il y a autour. Dimanche, il faudra être acteur dès le début du match et ne jamais baisser la tête. Ce sont des rencontres où il y a souvent des temps forts et faibles qui deviennent exagérés par la présence du public. Il faut en faire abstraction. Le match dure vraiment 80 minutes. C’est à la fin qu’on fera les comptes.

À quoi vous attendez-vous, dimanche ?

Dès le début de la semaine dernière, il n’y a, rapidement, plus eu de place à la vente. C’est quelque chose d’assez rare. J’ai l’impression de revivre un peu ce qu’on avait vécu en 2012 quand on avait fait la demi-finale face à Dax. Ce jour-là, le stade était comble. Je pense que ce sera le cas dimanche. On n’est pas arrivé là au dernier moment, par hasard. On a vraiment senti l’engouement monter, tout au long de l’année, de par nos résultats et le jeu qu’on proposait. Il y a encore plus d’engouement pour cette demi-finale, car les gens s’y sont préparés depuis quelque temps. Ça va vraiment être une belle fête pour toutes les Landes et un bon moment à vivre.

Le Top 14 est maintenant à deux matchs. Est-ce dans un coin de votre tête ?

Non, du tout. Patrick Milhet l’a souvent répété, notre objectif maintenant qu’on y est, c’est d’aller chercher un titre. Le Top 14 n’est que la résultante de tout ça. Nous avons vraiment envie d’écrire une page du club. Le dernier titre de Pro D2 remonte à 2002. Vingt ans après, nous avons envie de réécrire l’histoire.

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