Midi Olympique

Carcassonne, l’outsider ambitieux de cette phase finale

Carcassonne, l’outsider ambitieux de cette phase finale

Le 19/05/2022 à 10:52Mis à jour Le 19/05/2022 à 15:02

PRO D2 - Opposé à Nevers, ce soir en barrage, le plus petit budget de la division aimerait bien faire déjouer les pronostics. Ambitieux, mais pas prétentieux, les Audois, qui sont parvenus à se qualifier pour la phase finale de Pro D2 pour la première fois de leur histoire, rêvent d’un titre.

Un rendez-vous historique ! Ce soir, l’US Carcassonne s'apprête à vivre le premier match de phase finale de son histoire en Pro D2. Cinquièmes du classement à l’issue des trente journées de ce véritable marathon qu’est le Pro D2 (dix-sept victoires, un nul, douze défaites), les Audois se sont donné le droit de défier Nevers (20h45), en barrage pour les demi-finales. "En Pro D2, la saison est longue, alors lorsque tu es dans les six, c’est que tu le mérites. Ce n’est pas un hasard", souligne Christian Labit.

Pro D2 - Christian Labit (Carcassonne).

Pro D2 - Christian Labit (Carcassonne).Icon Sport

Les jaune et noir, qui n’avaient besoin que d’un point pour se qualifier lors de la dernière journée, en ont finalement glané quatre lors du voyage à Béziers (14-16), sept jours à peine après leur probante victoire face à l’Aviron bayonnais (33-28). "On a enchaîné deux gros matchs, rappelle l’ancien troisième ligne. Il a fallu batailler pour battre ce genre d’équipe. Cette semaine, on a privilégié la récupération avec des entraînements plus courts et stratégiques, moins intenses. Le groupe ? Il me donne la sensation d’avoir récupéré. C’est sûr qu’on ne sera pas à 150 % comme on peut l’être en novembre, mais j’ai le sentiment que les garçons seront bien."

Carcassonne, plus petit budget de la division

Car pour Carcassonne, comme pour les six autres équipes encore en lice dans cette seconde division, c’est un nouveau championnat qui commence ce jeudi. Celui des phases finales. Une première, donc, pour Carcassonne, plus petit budget de la division (4,5 millions d’euros). "Le côté historique, c’est ça. On fait front et on montre que, des fois, l’argent ne suffit pas pour réussir. On peut trouver des solutions en faisant confiance aux hommes, apprécie Labit. C’est aussi la reconnaissance pour ce club qui bataille depuis dix ans à ce niveau."

Arrivé à la tête de l’USC en 2007, alors que le club était en Fédérale 2, Christian Labit a fait monter “Carca” en Fédérale 1, puis Pro D2 lors de la saison 2009-2010. Au cours de ses deux mandats (2007-2013 et depuis 2017), son équipe a souvent fini aux portes de la qualification (6e, en 2012, 7e en 2013, 8e en 2021). "Aujourd'hui, c’est la réussite après tant d'efforts et tant d’années où on n’était toujours pas très loin, sans jamais y arriver", savoure-t-il.

" On veut être champion de France"

Désormais et comme toutes les équipes qualifiées pour les phases finales, les Audois aimeraient aller chercher le bouclier. "Ce n’est pas de la prétention, mais juste de l’ambition, précise-t-il. Comme j’ai dit aux garçons, le but, c’est d’être champion de France. Je veux être ambitieux pour les hommes. Je veux qu’ils réussissent, qu’ils marquent une histoire dans leur vie personnelle, collective, sportive. Je veux qu’ils aillent le plus loin possible. Quand on met un maillot, depuis tout petit, c’est pour gagner le maximum de titres. Alors attention, on n’y arrivera peut-être pas, mais ce qui est sûr, c’est que si on ne veut pas y arriver, il ne faut pas y aller. Si on perd contre plus fort, tant pis, ce n’est pas grave, mais au moins, ayons le maximum d’ambition. Quand les garçons auront fini leur carrière, ils regarderont dans le rétroviseur et ils auront le sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait et d’avoir eu l’ambition d’être champion."

Pour autant, l’ancien joueur du Stade toulousain (1997-2005) sait que la tâche ne sera pas facile et que Carcassonne sera l’outsider de ces phases finales. "Quand on a le plus petit budget, la priorité, forcément, c’est de sauver le club, rappelle-t-il. Ensuite, tout est du bonus pour essayer d’aller chercher quelque chose qui ne s’est jamais fait. Pour nous, forcément, être qualifié, c’est déjà une belle étape de franchie, mais ce n’est pas une fin en soi."

Christian Labit sait, aussi, que si elle veut aller chercher le titre, son équipe devra se déplacer à deux reprises, avant de disputer une finale à Montpellier. "Ça va être difficile, mais ce n’est pas grave, glisse-t-il. Le but, ce n’est pas de montrer qu’on est une belle équipe de Pro D2. Le but, c’est de montrer qu’on est meilleur que les autres et d’arriver le plus loin possible. Et si on arrive le plus loin possible, l’autre étape, on la prendra, car on aura une autre ambition qui sera encore plus forte. On ne va pas décliner les opportunités qui se présenteront, loin de là. Pour les joueurs, ce qu’ils vivent, c’est extraordinaire. Je n’ai pas envie que cette saison s’arrête là. J’ai envie qu’elle aille le plus loin possible. La réussite, les titres, c’est ce qui m’anime. Je ne peux pas dire aux mecs "on y va en rigolant, on s’en fout si on perd, ce n’est pas bien grave". Non. Moi, je veux qu’on gagne ! Et on va se préparer pour être champion de France. Après, arrivera ce qui arrivera."

Face à Nevers, deux matchs serrés

Ambitieux, les Audois auront néanmoins une première montagne à renverser, ce soir, face à Nevers. Un endroit où "beaucoup d’éléments seront contre" eux. Au stade du Pré-Fleuri, le technicien s’attend à ce que l’USON mise sur une de ses forces, les ballons portés, derrière un public "qui sera euphorique". "On va faire le dos rond pendant un moment et prouver qu’on est capable de les contourner, de trouver des solutions", annonce-t-il.

Pendant la phase régulière, Carcassonne avait battu Nevers à l’aller (26-25) et s’était incliné deux de points au retour (19-17). "On l’a prouvé sur les deux matchs pendant la phase régulière, il y a des solutions. Il faut les trouver et ne pas se laisser griser par l’événement. Nevers a un peu plus l’habitude de jouer ce genre de match que nous. On va bien se préparer et puis, il faut toujours une première fois. Sur le terrain, il y aura deux équipes. J’espère que celle qui va l’emporter ne sera pas forcément celle qu’on attend. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra compter sur nous. Je suis pratiquement sûr qu’on va répondre présent", conclut le manager jaune et noir.

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