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Bayonne : Une saison en dents de scie, pour une fin en apothéose

Bayonne : Une saison en dents de scie, pour une fin en apothéose
Par Rugbyrama

Le 07/06/2022 à 16:12Mis à jour Le 07/06/2022 à 16:44

PRO D2 - L'affront est lavé. Après un barrage d'accession cauchemardesque il y a presque un an jour pour jour, l'Aviron bayonnais retrouvera le Top 14 la saison prochaine. Les Basques ont écrasé les Landais en Finale de Pro D2 (20-49). Une finale loin d'être à l'image de la saison de Bayonnne, qui fut ponctuée de hauts et de bas.

Malheureux d’une finale d’accession au scénario inimaginable l’an passé, l’Aviron bayonnais avait à cœur de se racheter cette saison. L’objectif affiché dès le début de saison était clair : retrouver l’élite un an après l’avoir quitté. Comme un devoir, le staff et la majorité des cadres sont restés pour laver l’affront d’un derby tristement historique pour les Bleu et Blanc. Armé d’un effectif d’un « niveau Top 14 », les observateurs voyaient Bayonne rouler sur la Pro D2, tel un rouleau compresseur bien huilé.

Mais rien ne fut simple pour les hommes de Yannick Bru cette saison, qui ont connus beaucoup de hauts mais aussi des bas. Un boulon mal serré semble avoir enrayé la machine bayonnaise, qui a manqué de régularité : "Elle a été bonne parce qu’on en arrive là. Mais elle a été en dents de scie. On n’a pas toujours été à hauteur des espérances. Ça a fait un peu parler, les critiques ont pu nous toucher. Mais c’est le sport.", relève Baptiste Héguy, flanqueur formé au club.

  • Premier accro : nul à domicile face à Nevers

Pour leur premier match, les Bayonnais accueillent l’autre relégué de Top 14, Agen. Dans un stade Jean-Dauger qui n’a pas perdu son public, resté fidèle, les Basques s’imposent poussivement face aux Lot-et-Garonnais (37-17). Ils décrochent cependant le bonus offensif leur permettant de prendre, d’entrée, les rênes du championnat. Bayonne enchaîne ensuite deux victoires à l’extérieur face à Aurillac et Vannes. Pragmatique, l’Aviron gagne ses matchs sans briller. La quatrième journée marque le premier coup d’arrêt pour les coéquipiers de Mariano Galarza, qui concèdent le nul à domicile face à Nevers.

  • Première désillusion

Sans être transcendants, les Basques réagissent avec deux petites victoires contre Grenoble et Béziers. La première défaite de la saison intervient le 14 octobre pour le compte de la septième journée. En déplacement à Colomiers, ils maîtrisent la rencontre et mènent de treize points à trois minutes de la fin du match. Mais les Bayonnais vont subir une invraisemblable remontée en encaissant deux essais coup sur coup en toute fin de match. Coup dur vite effacé par deux victoires bonifiées Contre Provence rugby et Narbonne leur permettant de passer deuxième du championnat.

  • Décevants face aux gros

Commencent alors les choses sérieuses avec la réception du leader montois et le déplacement à Oyonnax, autre cador du championnat. Les premiers « tests » de la saison s’avèrent être des échecs. La lourde défaite à domicile face aux Landais puis dans l’Ain va mettre un coup sur la tête aux bayonnais qui, in fine, ne dominent pas de la tête et des épaules le championnat.

  • Match référence

Piqués au vif, les joueurs réagissent et entament une série de six matchs sans défaite (5 victoires, un nul). C’est donc avec un plein de confiance que les Basques reçoivent des Grenoblois en difficulté lors de la 18e journée. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Treizième du championnat, Les Isérois dominent la première période et mènent jusqu’à 29 à 13. En seconde période, les Bayonnais réagissent et reprennent les devants. Mais à la 80e minute, Romain Barthélémy, crucifie ses anciens coéquipiers en donnant l’avantage aux siens. La journée suivante, les Ciel et Blanc se doivent de réagir à Nevers. Chose promise, chose due, en inscrivant plus de 40 points sur la pelouse du Pré Fleuri, jusqu’à là inviolé cette saison. Un premier match référence qui permettra aussi à l’ouvreur Thomas Dolhagaray de se révéler.

Thomas Dolhagaray face à Nevers le 28 janvier 2022

Thomas Dolhagaray face à Nevers le 28 janvier 2022Icon Sport

  • Résultats en dents de scie

On pense alors que cette équipe est lancée et prête à enfin dominer le championnat. Loin de là. Après une victoire facile contre Narbonne, le terme "dent de scie" colle parfaitement aux résultats des joueurs de Yannick Bru. Les Bayonnais sont capables de matchs très aboutis comme les victoires contre Oyonnax, Colomiers ou encore Montauban. Mais cette équipe à aussi des trous d’aires comme à Béziers, à Aix-en-Provence et à moindre mesure contre Mont-de-Marsan.

  • Une demi-finale inespérée.

Deuxièmes à cinq journées, les Bayonnais sont talonnés par Oyonnax qui vise une demi-finale directe. Le sans-faute est alors de rigueur pour assurer leur place en demi-finale. Mais les Carcassonnais ne voient pas cela de la même façon. En course pour le top 6, les Audois dominent Bayonne lors de l’avant-dernière journée. Quand l’Aviron commence à mettre une croix sur une demi-finale directe, contre toute attente, Oyonnax flanche à domicile contre Provence rugby. Le destin revient donc entre les mains des Bayonnais qui ne tremblent pas à contre Rouen.

  • Une demie à l’image de la saison.

Comme en 2019, les Bayonne retrouvent Oyonnax en demi-finale de Pro D2. Profitant de l’avantage du terrain, Bayonne a remporté la seconde demi-finale de Pro D2 face à Oyonnax 32-20. Dans ce duel de prétendant annoncé à la montée, l’Aviron s’est montré plus frais pour rester maître à domicile. Mais à l’image de la saison, un trou d’air de vingt minutes en deuxième période a bien failli couter chère aux coéquipiers de Remy Baget. L’entrée du banc bayonnais aura été salvatrice.

  • Une finale en apothéose

C’était une finale de rêve en Pro D2, avec un duel entre les deux premières équipes de la saison régulière. Battu lors des deux matchs de la saison régulière, l’Aviron Bayonnais retrouve le Stade Montois lors d’une finale qui parait logique au vu de la saison régulière. Et dans ce match où on ne retient que le nom du vainqueur, le leader de la saison régulière est passé à côté de son sujet. Dominés dans tous les compartiments du jeu, les Montois ont coulé au pire des moments. Les Bayonnais eux, ont sorti leur meilleur match de la saison. Inconstants toute la saison, les hommes de Yannick Bru ont su se transcender au meilleur des moments.

Iker Lagrenade

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