Midi Olympique

Bru : "Ce club est tellement beau que ça ne me paraissait pas juste de le quitter"

Bru : "Ce club est tellement beau que ça ne me paraissait pas juste de le quitter"

Le 14/07/2021 à 11:21Mis à jour

PRO D2 - Philippe Tayeb et Yannick Bru avaient donné rendez-vous à la presse ce matin, pour parler de la reprise de la saison, fixée à lundi prochain. Après avoir dévoilé les contours de l’effectif, le manager bayonnais nous a accordé quelques minutes pour évoquer son choix de rester sur la Côte basque malgré la relégation et l’arrivée de Jeff Dubois dans le staff.

Yannick, pourquoi avez-vous fait le choix de rester à l’Aviron ?

Après la digestion de la désillusion, je pense que le projet qui a été porté depuis trois ans doit être plus fort que cette gamelle. Je pense aussi que partir aurait été la facilité. J’en avais la possibilité, mais ça aurait été trahir tous les gens qui sont autour du club et qui l’aiment. J’ai appris, depuis trois ans, qu’ils sont nombreux. Beaucoup ont montré leur attachement à ce projet et je n’ai pas été insensible à tout ça. Ce club est tellement beau, que ça ne me paraissait pas juste de le quitter dans ces conditions-là.

Philippe Tayeb a annoncé, le mois dernier, la remontée immédiate comme objectif. N’est-ce pas difficile de l’annoncer, quand on connaît la difficulté du Pro D2 et sa formule ?

Personnellement, vous pouvez tout relire et je ne l’ai jamais annoncé. Je connais trop le sport de haut niveau et les aléas liés à la performance. Moi, je vais m’attacher à ce que l’Aviron bayonnais assume son statut d’écurie costaud de Pro D2. Qu’il l’assume aussi dans le jeu qu’on va produire, dans l’état d’esprit qu’on va afficher. Notre jeu de la saison passée nous laisse des regrets. Notre état d’esprit a souvent été très bon. Mais on doit s’affirmer bien davantage sur le plan offensif, sur celui de nos changements de rythme et de notre vivacité. On a des axes de travail. Ce qui m’importe, c’est de progresser dans ces secteurs-là, de retrouver du plaisir avec notre public sur le terrain. Nous sortons d’une saison sans lui et on sait qu’ici, à Bayonne, c’est un crève-cœur. Il faut qu’on retrouve ce plaisir d’être ensemble, de gagner ensemble, mais aussi de bien jouer. On a souvent été au combat la saison dernière, on s’est accroché aux branches, on a parfois déjoué les pronostics. Mais j’ai l’ambition qu’on prenne plus de plaisir collectivement et que l’Aviron Bayonnais, la saison prochaine, montre une palette un peu plus large que celle affichée l’an dernier.

C’est la raison pour laquelle Jeff Dubois vous rejoindra en tant que consultant sur les lignes arrières ?

Déjà, je voudrais dire tout le respect que j’ai pour la compétence de Rémy Ladauge. Il est arrivé d’Angoulême pour un projet de Pro D2. Il s’est hissé au niveau du Top 14. Je n’oublie pas qu’on a gagné dix matchs l’année dernière, qu’il a fait progresser les joueurs à disposition et beaucoup de jeunes du club de manière incroyable. Je suis bien placé pour savoir qu’un entraîneur de l’attaque est souvent très bon quand il a cinq facteurs X à disposition. Nous, nous ne les avions pas la saison dernière. C’est une réalité. J’ai donc un grand respect pour le professionnel qu’est Rémy et ce qu’il nous a amené. Maintenant, Jeff arrive avec un vécu un peu plus large. Il a été champion de France avec le Stade français, il a entraîné le XV de France pendant deux ans et demi. En plus, c’est un ami. Je sais qu’il va nous amener beaucoup de bonne humeur, de convivialité, mais aussi de la fluidité dans notre jeu, avec des joueurs qui ont un ou deux ans de plus. Il sera responsable de notre animation offensive, nous allons redistribuer un peu les cartes dans le staff. Son apport sera aligné à l’état d’esprit qui entourera l’équipe et au travail de tous les autres. Une équipe de rugby, c’est avant tout une cordée et la responsabilité de chacun doit être importante.

Top 14 - Aviron bayonnais - Yannick Bru

Top 14 - Aviron bayonnais - Yannick BruIcon Sport

Vous avez entraîné ensemble le XV de France, vous y avez créé des automatismes. On suppose que ce facteur a aussi été important…

Oui, c’est une évidence. Maintenant, rien n’a été prémédité, sinon il nous aurait rejoints il y a trois ans quand j’ai pris ce projet ici. Nous étions chacun de notre côté, avec cette nécessité de repenser un petit peu le jeu de l’Aviron. Le fait que Jeff soit disponible a déclenché quelque chose ces quatre dernières semaines. J’espère et je pense que c’est un bon choix.

Vous avez évoqué une réorganisation des missions dans le staff. Pouvez-vous développer ?

On a un séminaire cette semaine. Dans un staff, chacun a une étiquette, mais aussi une compétence très large. L’important étant que face au joueur, chacun reste dans son domaine de prérogatives pour que les choses soient claires. On va travailler cette semaine avec le staff pour redélimiter les domaines d’intervention dans l'intérêt du collectif.

Comment jugez-vous l’effectif ?

Il est équilibré, fidèle au projet qui est porté ici depuis trois ans, avec la présence de beaucoup de jeunes. Nous n’avons rien renié. L’effectif est armé pour rivaliser partout la saison prochaine et pour que le club continue d’appartenir à l’élite du rugby français. On va rester dans une logique de travail et d’effectif de haut niveau. C’était important pour qu’on continue nos missions ici. [...] Beaucoup de gens me parlent de budget, qui correspond aux engagements du club sur la saison à venir et toutes les dépenses qu’il va effectuer. Et puis il y a la masse salariale du club. Ce qui est important, pour figurer à haut niveau, c’est la masse salariale. Cette année, nous aurons un budget de 14,5 millions avec une masse salariale de 4,6 millions. C’est très compétitif pour rester en phase avec les objectifs de performance sur la saison prochaine. Ça correspond à ce que l’ensemble du staff et moi-même avions demandé.

Ismaël Martin, Tom Darlet et Latu Latunipulu évolueront à Bourg-en-Bresse l’an prochain. Sous quelle forme ?

Ce sont des prêts. Ismäel, dans la logique de préparer l’avenir au poste de talonneur. Tom Darlet, c’est un enfant du club. Vous avez vu la densité de l’effectif en troisième ligne, où la plupart des joueurs sont restés. C’est quelqu’un qui a besoin de jouer tous les week-ends et de prendre des responsabilités. Il suit un peu la même trajectoire qu’Arnaud Duputs et il a besoin de jouer en Pro D2, donc on l’a prêté. Concernant Latu, nos deux ailiers Joe Ravouvou et Teiva Jacquelin sont restés. Latu n’est pas JIFF. Aujourd’hui, dans le cadre réglementaire du rugby professionnel en France, un joueur non JIFF doit être titulaire. Sinon, ça devient un poids, surtout quand il est spécialisé à un poste comme c’est le cas pour Latu. Nous avons un attachement affectif très élevé vis-à-vis de lui, mais les règles du jeu font que, n’étant pas un titulaire en puissance du club, on est obligé de le prêter.

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