Icon Sport

Cotte : "Notre système est plus huilé"

Cotte : "Notre système est plus huilé"

Le 24/02/2021 à 10:06Mis à jour Le 24/02/2021 à 13:48

PRO D2 - Après un début de saison chaotique, les joueurs de Nevers ont réussi à resserrer les liens entre eux. Sur le terrain, cela transparait par un collectif désormais plus confiant. Malgré une hécatombe de blessés dans leurs rangs, les Neversois restent concentrés sur leur objectif de phases finales. Echange avec le 3e ligne Théophile Cotte.

A froid, quel sentiment vous laisse votre résultat à Vannes (match nul 17-17) ?

Un bilan tout de même positif avec un nul chez le 2e du championnat. Malgré tout, nous avons eu 20 minutes d’absence en première période. Alors nous nous disons que si nous avions vraiment joué les 80 minutes, avec la même intensité que sur les 60 dernières minutes, nous aurions pu espérer gagner. Il y a donc un peu de frustration là-dessus même si le résultat reste correct comptablement. Et dans le contenu, la force de caractère que l’on a montré est positive.

Depuis plusieurs semaines, l’USON semble avoir un jeu plus complet. Êtes vous d’accord avec ce sentiment ?

Nous voyons des 3e lignes qui marquent des essais sur les ailes et des trois-quarts qui vont dans les mauls donc on est complet, oui. (Il sourit). Mais c’est vrai que l’on a pris de la confiance depuis la fin de la première partie de saison. Nous avons un peu plus de choses qui nous réussissent. Notre système est un peu plus huilé, on a plus d’automatismes. On a toujours eu cette envie de jouer mais là cela commence à ressembler à quelque chose sur le terrain. C’est plaisant à voir et c’est aussi plaisant pour nous.

Votre palette s’est enrichie. Avec moins le besoin de s’appuyer sur un seul point fort…

Oui, c’est vraiment la confiance en nous qui fait que nous arrivons à tous être connectés, à aller dans la même direction. Depuis le début de saison, on a beaucoup parlé des avants et de la conquête. Et là on étoffe avec les trois-quarts qui était aussi bons en début de saison mais qui arrivaient un petit peu moins à mettre leur système en place. Là, on voit que quand tout marche bien nous pouvons aller bousculer une équipe de haut de tableau chez elle.

Vous aviez trouvé votre rythme de croisière. L’hécatombe niveau blessés avant le match de Grenoble vous a-t-elle fait craindre que cela stoppe cette dynamique ?

Nous n’en avons pas parlé en tout cas. Même si inconsciemment, nous avons dû y penser. Sur notre dernier match, c’est vrai que nous avons eu quelques imprécisions sur la touche que nous n’avions pas précédemment par exemple. Nous avons de nouveaux joueurs qui doivent entrer dans le système. En termes de précision, nous perdons un peu mais l’on voit que même avec des éléments qui avaient peu joué et des joueurs qui arrivent, nous parvenons à rivaliser et avoir un jeu ambitieux. Donc c’est positif.

Est-ce que l’équipe a muri ? Car en début de saison, l’enchaînement défaite contre Grenoble et mauvaise entame contre Vannes n’aurait peut-être pas abouti à un rebond immédiat…

Oui. Déjà sur l’enchaînement des 5 victoires d’affilés, c’est sûr que nous avons muri. Après, nous restons une équipe à réaction. Donc peut-être que nous aurions tout de même réagi avec ce scenario plus tôt dans la saison. Là, ce qui est sûr c’est que la confiance engrangée nous permet à la mi-temps de se dire que si l’on tient un peu le ballon on peut mettre les Vannetais en danger.

Que faire pour que l’USON soit un peu moins dans la réaction dans le futur ?

Il faut une petite prise de conscience. Après, à l’extérieur globalement nous avons toujours des entames un peu molles. Là-dessus, il faut que nous arrivions à grandir car c’est assez récurent. Mais c’est vrai que nous avons tout de même muri à ce niveau-là. Et avons réussi à enchaîner des victoires à l’extérieur et à la maison. Il faut bien garder en tête que rien n’est acquis mais aussi être convaincus que l’on peut gagner de partout. Et avec l’état d’esprit que l’on a en ce moment, c’est valable avec n’importe quels joueurs alignés sur le terrain.

Que vous inspire la lutte pour une place en phases finales ?

(Il sourit à nouveau) Comme nous n’avions pas assez d’un adversaire nous avons relancé Grenoble il y a quinze jours. La qualification reste notre objectif de base donc nous gardons le cap là-dessus. Nous voyons que nous en sommes capables, même si nous avons beaucoup de blessés. Mais cela fait partie d’une saison. Nous gardons cet objectif en tête en espérant jouer les phases finales, et avec du public ce serait encore mieux.

Comment abordez-vous le choc de jeudi face à Colomiers ?

C’est un match à la maison contre un concurrent direct. Donc du même type que Grenoble il y a quinze jours. Cela sera sûrement une rencontre aussi serrée qui va se jouer sur des détails. Cette défaite est encore fraîche donc il faut bien que l’on garde en tête que c’est bien beau de faire un match nul chez le deuxième mais si c’est pour perdre derrière contre des concurrents directs à la maison, il n’y a rien de fait.

Vous évoquez des détails. Quels sont ceux qui peuvent faire la différence jeudi soir ?

On a vu contre Grenoble que l’on a fait un enchaînement de petites fautes. Nous sommes dans leur camp et nous nous retrouvons dans le nôtre à 5 mètres de l’en-but. Deux mauls, deux pénalités. Puis un carton, un essai. C’est un effet domino. Une petite erreur puis une petite erreur et encore une et nous nous retrouvons sous nos poteaux. Ce sont vraiment des petites erreurs qui peuvent arriver à tout le monde mais qu’il faut éviter. Des petits en-avants, des hors-jeu ou l’envie de faire la passe de trop. Parfois lorsque l’on est confiance, c’est le risque de tout vouloir tenter et cela se retourne contre nous. Il faudra donc éviter de trop en faire contre Colomiers… sans pour autant fermer le jeu car nous sommes une équipe joueuse.

Jusqu’ici, vous avez un seul succès contre un adversaire du top 8 (contre Biarritz, ndlr). Hasard ou statistique significative ?

Peut-être que c’est significatif, que nous sommes à la place que nous devons occuper. Après, nous avons vu que nous ne passons pas loin contre Grenoble. Et au match aller, nous avions la capacité de gagner. A Vannes aussi. Nous voyons que nous pouvons rivaliser. Ce qui est récurent, c’est que nous jouons 60-65 minutes. Il faut arriver à jouer 80 minutes. Mais oui, statistiquement nous ne sommes pas encore bons. Il va falloir inverser la tendance à partir de jeudi.

Qu’est-ce qui fait votre force à ce jour ?

Il y a le travail déjà. Devant, notre entraîneur est très rigoureux. Cela marche bien depuis le début de saison. Et la confiance ensuite, qui décuple ce travail. Et puis il y a le fait que malgré le Covid et la situation sanitaire, nous arrivons encore à créer des petits moments entre-nous uniquement, comme justement on ne peut rien faire ailleurs. Paradoxalement, le Covid nous a rapproché, nous a soudé.

Le groupe avait besoin de resserrer les rangs ?

Il y a toujours besoin de solidarité. C’est toujours plus difficile d’être soudés dans l’adversité. Donc avec des défaites, cela peut-être compliqué. Il y a eu le Covid, des baisses de salaires, tout un tas de choses à l’intersaison qui ont fait que chacun pouvait être impacté. Ensuite, on ne s’est pas vu pendant un moment et il y a eu plusieurs facteurs accumulés qui font que je pense que l’on avait besoin de se resserrer. Et mine de rien cela fait un moment que l’on joue ensemble mais il faut du temps pour se trouver des affinités et puis réussir à vivre tous ensemble. C’est ce que nous avions commencé à voir la saison dernière avant le Covid. Et là cela commence à reprendre forme. C’est agréable car cela se retrouve sur le terrain. C’est l’essence même du rugby, ce qui me fait aimer ce sport.

A titre personnel, quel regard vous portez sur votre saison ? Avec un temps de jeu important et même des essais marqués (4 ndlr).

Les essais, c’est nouveau ça ! Sinon, oui j’ai beaucoup de temps de jeu car il y a eu des blessures. Notamment celle de Julien (Kazubek, ndlr). A mon poste et dans mon profil, il y a un peu plus de place. Si j’ai du temps de jeu et que je fais des bons matchs, c’est en corrélation avec ce que je viens de dire. Je me sens de plus en plus épanoui avec ce groupe.

Contenus sponsorisés