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Qualifié pour la première fois de son histoire, Carcassonne arrive en outsider idéal

Qualifié pour la première fois de son histoire, Carcassonne arrive en outsider idéal

Le 13/05/2022 à 09:03Mis à jour Le 13/05/2022 à 09:40

PRO D2 - En allant s'offrir le derby à Béziers (14-16) lors de l'ultime journée de ProD2, Carcassonne s'invite au festin en sa qualifiant pour la première fois de son histoire en phases finales. Ils iront défier Nevers sur leurs terres pour le match de barrage.

Les vestiaires tremblaient dans les couloirs du Stade Raoul-Barrière. Ceux du côté visiteurs, avec la chanson habituelle accompagnant les succès prestigieux, qui vous amènent vers des lendemains heureux avec une issue délicieusement savoureuse. L'US Carcassonne file en barrages après une saison de haute volée, où les résultats obtenus laissaient croire à une forme de maturité. Pensionnaire depuis de nombreuses saisons dans l'antichambre de l'élite, les Audois ont réuni toutes les conditions pour rafler cette mise. Samuel Marques, l'un des grands artisans de cette concrétisation l'avoue sans détours : "Franchement, nous sommes dans le Top 6 depuis Février. J'estime que notre qualification est méritée, nous jouons la plupart du temps sans pression. Le groupe a du vécu, le rugby n'est pas que sur le terrain et l'aventure humaine est très forte ici." Des mots forts, synonymes de comportements adéquats pour aller chercher un graal inattendu.

Le demi de mêlée poursuit : "Ce soir n'était pas notre meilleure prestation de la saison. Béziers avait du répondant mais on s'en sort finalement avec nos qualités et un caractère qui s'est affirmé." Auteurs de résultats encourageants au début de l'exercice, les Canaris ont puisé dans le domaine de l'expérience et d'une profondeur inédite pour s'installer parmi les grands. Pas chose aisée selon le président de l'USC, Frédéric Calamel, ému de voir son club arriver à un tel dénouement : "Je repense aux avancées obtenues, il y a vingt ans, nous étions en Fédérale 3. On envisageait le quotidien différemment. Au final, nous préparons un barrage de phases finales. On vient de réussir une exploit avec nos moyens plutôt limités. J'y vois comme un joli clin d'œil pour le rugby et je félicite toutes les composantes prenantes."

L'USC, l'atypique par excellence

Et pourtant, malgré une dernière envolée rugbystique réussie et enthousiasmante face à Bayonne dans leur antre d'Albert-Domec la semaine dernière, le doute persistait et le travail devait être accomplie jusqu'au bout face à des Biterrois voulant honorer aussi leurs départs et retraités. Mission accomplie, avec brio et épaisseur. Combatifs sur le petit périmètre, incisifs sur les percussions, malgré quelques tremblements perceptibles et compréhensibles sur quelques situations, les Canaris ont dompté le contexte et les enjeux. Le président poursuit : "Ce n'est pas un objectif d'aller en Top 14. Cela serait une aberration mais le groupe s'est offert cette opportunité de poursuivre. Notre club cultive des valeurs nous ne sommes pas les plus forts. Avec Christian Labit comme socle du projet, on tente de pérenniser l'USC chaque jour un peu plus."

De quoi célébrer ce moment et s'en aller défier Nevers au Stade du Pré-Fleuri sans aucune appréhension. Sans prétendre à une forme d'accomplissement, les Audois se déplaceront avec un appétit certain. Samuel Marques en salive d'avance : "On va le jouer pour gagner, peu importe l'endroit. La pression, on ne l'aura pas. Le rugby peut déclencher des choses incroyables. On va aussi fêter çà, ce championnat est un marathon. On a tout donné jusqu'à la dernière minute et on est relativement fatigués. Mais il reste trois matchs pour aller au bout, allez savoir !" Carcassonne a inscrit dans le marbre son nom dans les cylindrées capables de se sublimer. L'histoire si singulière des Canaris peut encore réserver d'autres considérations inespérées.

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