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Les Catalans en mission pour ramener l’Usap en Top 14

Les Catalans en mission pour ramener l’Usap en Top 14

Le 05/06/2021 à 09:00Mis à jour Le 05/06/2021 à 09:40

PRO D2 - Deux ans après leur descente, au terme d’une saison cauchemardesque en Top 14, les Sang et Or n’ont rien lâché et sont repartis de l’avant. Investis d’une mission, poussés par leurs supporters, ils ne sont plus qu’à quatre-vingts minutes de ramener Perpignan dans l’élite du rugby français.

"On ne répondra pas… Non, je rigole (rires) !". Fidèle à lui-même, décomplexé malgré les vingt-quatre heures qui le séparent du match le plus important de la saison, Patrick Arlettaz a débuté sa conférence de presse en se mettant les journalistes dans la poche, rappelant à ses homologues basques, qui boycottent encore et toujours la presse locale, même à l’approche d’un grand rendez-vous, que le rugby n’est qu’un sport, qu’un jeu et qu’il ne mérite pas de se prendre tout le temps au sérieux.

Passé cette plaisanterie de très bon goût et très bien sentie, on a pu mesurer, au fil des questions, les sentiments profonds que pouvaient ressentir le manager catalan et ses hommes à l’approche de cette finale. "On ressent forcément de la pression. C’est une finale, on n’en joue pas 36 000 dans une carrière. On essaie tout de même de rester concentrés sur l’objectif", recentre immédiatement le capitaine Mathieu Acebes, visage fermé. Champion de Pro D2 en 2018, le club sang et or doit encore franchir une dernière marche, la plus dure, pour réitérer cette performance et s’offrir à nouveau le droit de défendre ses couleurs au plus haut niveau, l’an prochain. Une mission qui anime tout un vestiaire.

Patrick Arlettaz : "On est tous conscients de l’événement. On connaît nos responsabilités."

Le jeudi 3 septembre 2020, Perpignan et Biarritz s’affrontaient à Aguilera en ouverture de la saison. Ces deux équipes mèneront également l’ultime bataille, aujourd’hui au GGL Stadium de Montpellier. Avec, à la clé, un titre et un aller simple pour le Top 14. Une finale qui concentre énormément d’enjeux et dont il faudra supporter la pression, cet après-midi. "On fait ce sport pour jouer des finales et pour gagner des titres. Il y a un mélange de beaucoup de choses. De l’excitation, de la concentration. Il faut trouver le juste-milieu entre les deux pour se livrer à 200%", concède Damien Chouly.

À 35 ans, le troisième ligne international connaîtra la onzième finale de sa carrière, la première de Pro D2. "On a largement eu le temps d’échanger. Mais il y a toujours des choses à dire, des choses à peaufiner, des petits détails, jusqu’au moment de sortir sur le terrain et jusqu’au coup d’envoi. On n’est jamais assez prêts, mais il faut l’être. On a construit toute notre saison là-dessus. Je pense que l’on sera prêt pour cette finale", poursuit l’international français, véritable force tranquille du groupe perpignanais.

Du calme, de la sérénité, les Catalans en auront besoin, tant le poids du passé est tout aussi lourd. La rivalité face aux Biarrots ? Patrick Arlettaz préfère la balayer, malgré les 35 oppositions entre ces deux équipes depuis 2003 (18-17 pour l’Usap au nombre de victoires). "Il y a toujours une référence au passé. On sait ce que représente l’Usap et ce que représente Biarritz et donc ce que représente ce match. On n’est pas surpris, mais on a un match à gagner, et Blanco ne jouera pas. On n’a pas fait de vidéo sur Blanco. On se concentre plus sur Stark, Dyer, Armitage, Saili… Il y en a assez pour ne pas s’occuper de Traille et de Blanco", ironise l’instigateur du jeu catalan.

Trois saisons qui défilent…

Pour cause, les Sang et Or ont bien d’autres sources de pression à gérer, à commencer par ce que pourrait représenter une victoire, ce samedi. Tous les efforts et les sacrifices consentis depuis plusieurs saisons, toutes les blessures de la saison 2018-2019 en Top 14… Toutes ces difficultés et ces obstacles avalés grâce à une seule chose : la force collective d’un groupe resté uni. "On est resté loin de tout ça, nous sommes concentrés sur notre équipe et celle que l’on va jouer. On ne pense pas au poids des années du passé. J’avais aussi cette mission la saison dernière. Je me dis qu’il reste quatre-vingts minutes pour terminer le travail. Ça sera très difficile, car Biarritz le veut tout autant que nous. On reste mesuré et on a hâte que le coup d’envoi soit sifflé", rassure Mathieu Acebes.

"On est tous conscients de l’événement. Notre préparation reste la même, notre routine reste la même. C’est sur le terrain que ça change, les regards, tout est un peu plus intense, mais on essaie de le prendre le plus sereinement possible même si on a besoin, sur des matchs exceptionnels comme ça, de trouver une émotion exceptionnelle pour être à la hauteur des attentes de tout notre public. On connaît nos responsabilités, on connaît les qualités de Biarritz, qui sont énormes, on sait à quel point ce match sera difficile", poursuit Arlettaz.

Un public qui pousse

À l’inverse de 2018, l’Usap ne pourra pas compter sur un stade acquis tout entier à sa cause. Les images du stade Ernest-Wallon peint en sang et or resteront, pour l’heure, indétrônées. Mais malgré la pandémie, les supporters usapistes ont réussi à transmettre leur passion. Ce vendredi matin, ils étaient encore plusieurs dizaines à s’être déplacés au stade Aimé-Giral pour soutenir leurs protégés, au départ du bus. Ce samedi à Montpellier, beaucoup d’entre eux auront fait le déplacement, sans même avoir trouvé une place pour assister au match en tribunes. "C’est un grand bonheur de revoir des supporters. Bien entendu, ça nous fait plaisir. On peut ressentir l’énergie et l’émotion des gens", lâche brièvement le capitaine.

"Depuis la semaine dernière, où ils nous ont chaleureusement accueillis au stade, on a reçu pas mal de messages et on a reçu beaucoup de soutien. Jusqu’à ce vendredi matin au départ du bus. Ça nous fait chaud au coeur, on ne peut que déplorer qu’ils ne puissent pas assister à cette finale dans les tribunes. On est bien au courant de tout le soutien que nous donnent les supporters. C’est une motivation, car ils veulent la même chose que nous. On va leur apporter ça, et on pousse dans la même direction. Quand on met ce maillot de l’Usap, on représente un club, une ville, une région. Tous les joueurs en sont conscients. Ça nous a guidé toute la saison", livre quant à lui Damien Chouly, vainqueur du Bouclier de Brennus en 2009 avec Perpignan.

"C’est beaucoup d’encouragements, beaucoup d’envie mais, beaucoup d’espoirs surtout. On sent bien qu’ils nous délèguent tous leurs espoirs, que l’équipe a fait le boulot sur les deux ans, que les supporters ont beaucoup d’attentes finalement, et qu’ils nous aiment beaucoup. Il y avait beaucoup d’amour ce matin (vendredi), dans les gestes et dans les attitudes. Comme s’ils nous chargeaient d’une mission". Et plus qu’une mission, une véritable quête qui fait battre le cœur de vingt-trois garçons au maillot bleu azur, leurs coéquipiers, leur staff… Et quelques dizaines de milliers de Catalans.

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