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Joie de vivre, "super-pouvoir" et envie de polyvalence : à la découverte de Gouzou

Joie de vivre, "super-pouvoir" et envie de polyvalence : à la découverte de Gouzou

Le 13/04/2022 à 18:02Mis à jour Le 14/04/2022 à 12:43

PRO D2 - Le jeune joueur, arrivé dans les Landes il y a quatre ans, s’est fait, grâce à sa bonne humeur, une place au sein du collectif landais. Sur le terrain, enfin débarrassé de ses blessures, le puissant numéro huit enchaîne les matchs ces dernières semaines. Avant de rejoindre le Top 14 l’an prochain, il espère bien terminer son aventure avec les Jaune et Noir.

Au Stade montois, qui réalise une saison exceptionnelle, les clés de la réussite sont multiples. Il y a, pêle-mêle, les deux années galères vécues par les jaunes et noir qui ont contribué à forger un collectif, le bon recrutement effectué à l’intersaison, la complémentarité d’un staff plutôt jeune, mais qui prouve, semaine après semaine, la qualité de son travail, ou encore, et surtout, une équipe en parfaite osmose.

“Maxime est pour beaucoup dans le fait qu’on ait un groupe qui vit très bien ensemble”, pose Julien Tastet, le coach des avants du Stade montois. C’est un garçon qui a la joie de vivre avec beaucoup d’insouciance. Il est tout le temps en train de chambrer les mecs.” Roger Aguerre, qui l’a entraîné chez les Crabos du Biarritz olympique, ajoute : “Maxime est un gamin qui a de l’humour, qui est fin. Il est dans le chambrage, mais jamais dans la moquerie. Il contribue toujours à une superbe dynamique dans un groupe.”

Pro D2 - Maxime Gouzou et Léo Coly lors d'un match contre Oyonnax le 18/02/2022

Pro D2 - Maxime Gouzou et Léo Coly lors d'un match contre Oyonnax le 18/02/2022Icon Sport

Depuis le début de la saison, Mont-de-Marsan renvoie une image plutôt sympathique, celle d’un club qui performe dans la bonne ambiance, et chez les jaune et noir, Gouzou fait donc partie des animateurs du vestiaire. “Je suis un peu le mec qui met les musiques ou qui balance quelques conneries à l’enceinte avec Google Traduction, confirme-t-il. Vous savez, on a un très bon groupe, des mecs super drôles. Un mélange de jeunes et de vieux. Ça se passe très bien.”

Un gros porteur de ballon

Mais Maxime Gouzou est avant tout un joueur de rugby, un jeune homme de 23 ans, arrivé dans les Landes en 2018, sans la moindre minute chez les professionnels. Quatre ans plus tard, l’ancien biarrot compte 25 matchs chez les professionnels, dont 12 cette saison. Celle où il a le plus joué, malgré deux pépins (une fracture de l’orteil et une entorse de la cheville) qui l’ont tenu éloigné des terrains pendant plusieurs semaines. Peu utilisé en début de championnat (six rencontres sur la phase aller), il vient de participer à six des huit derniers matchs des jaune et noir. “J’ai fait un bon dernier bloc. C’était cool d’enchaîner. Aujourd’hui, je me sens très bien physiquement. Je n’ai plus aucun souci de santé”, explique-t-il. Pour franchir un cap, il doit désormais progresser dans sa constance et dans "sa capacité à enchaîner et à se déplacer encore plus”, annonce Tastet.

Car c’est avant tout lorsqu’il a le ballon en main que le troisième ligne est le plus dangereux. Joueur puissant (1m89, 105 kg), Gouzou est un gros porteur de balle, qui met souvent son équipe dans l’avancée. “Il a toujours eu ce “super-pouvoir”, avec cette capacité à gagner tous ses duels offensifs. Ça lui permet de faire jouer derrière lui”, apprécie Tastet, qui l’a d’abord connu en tant que coéquipier (entre 2018 et 2020), avant de devenir son entraîneur. “J’aimerais progresser sur le jeu après contact, pour faire jouer à côté de moi”, ajoute le jeune homme.

Vers une polyvalence 8/6 ?

Quand on lui demande quels sont ses autres axes de progression, le garçon, qui a commencé à l’US Bardos, explique : “Je souhaiterais m'améliorer sur le secteur de la touche. Sur les touches à cinq ou six, je suis souvent décroché. Ensuite, j’aimerais être un joueur polyvalent, qui peut jouer huit et six.” Il faut dire que depuis maintenant plusieurs saisons, Gouzou est exclusivement utilisé en huit, même si, plus jeune, il a joué dans la cage, en deuxième ligne. C’était chez les Crabos rouge et blanc. “Ça lui a appris les tâches obscures. D’ailleurs, son surnom, c’était Bakkies. Eric Darritchon, qui avait décidé de le faire jouer à ce poste, a fait le bon choix dans son parcours de formation, estime Roger Aguerre. Aujourd’hui, Maxime s’est étoffé du haut du corps. Dans ce profil de plaqueur-gratteur, il est efficace au grattage, bon dans les contests. Il adore jouer en huit, mais je le vois aussi en six.”

" Maxime s’est étoffé du haut du corps. Dans ce profil de plaqueur-gratteur, il est efficace au grattage, bon dans les contests"

Son entraîneur, Julien Tastet, qui a joué six, sept et huit pendant sa carrière, poursuit : “C’est quelqu’un qui est très fort défensivement, sur ses duels en un contre un. Techniquement, il est très propre en défense. Il gagne les impacts, donc oui, il peut évoluer en six. Après, il faut qu’il bosse physiquement pour avoir la capacité en Top 14 à se déplacer beaucoup plus, s’il veut jouer en troisième ligne aile.”

Il quittera le Stade montois à la fin de la saison

Sous contrat jusqu’au mois de juin, Maxime Gouzou ne sera plus montois à la rentrée prochaine, puisqu’il rejoindra, cet été, une écurie de Top 14. “C’est toujours difficile de quitter le club où tu passes du temps et auquel tu es accroché. Après quatre ans, je porte le Stade montois dans mon cœur. Mais je suis jeune, il faut que je prenne le train maintenant et que je tente ma chance”, commente-t-il sobrement. Roger Aguerre enchaîne : “Ce que je trouve bien dans son parcours, c’est qu’il a su se mettre en danger. Même s’il n’a pas été très loin, il s’est mis en danger en quittant le BO. Il a eu un parcours où il n’a jamais abandonné. Quand il a eu ces problèmes de KO (avec huit mois d’absence en 2020, NDLR), il n’a jamais baissé les bras. Son parcours est fait de travail et de patience. Aujourd’hui, c’est bien qu’il en soit récompensé.”

La bonne saison des jaune et noir n’est pas passée inaperçue, et plusieurs clubs du Top 14 ont jeté leur dévolu sur des jeunes montois prometteurs, à l’image de Léo Coly qui rejoindra le MHR. “Ça fait partie du lot, concède Julien Tastet. Après, il y a toujours un côté affectif. Même si on est un peu dur avec Maxime et qu’on ne le néglige pas, car il a des qualités, c’est quelqu’un d’hyper attachant. Il est tout le temps de bonne humeur. C’est toujours agréable de travailler au quotidien avec lui, même si, des fois, on se prend un peu la tête. C’est un petit pincement au cœur de le voir partir. Mais on est très content qu’il puisse aller s’épanouir et montrer ses qualités dans un gros club du Top 14.” Néanmoins, avant ça, Gouzou veut “bien finir avec” le Stade montois. “C’est le club où j’ai commencé ma carrière professionnelle, rappelle-t-il. C’est donc très important à mes yeux.”

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