Other Agency

"Je suis reconnaissant envers le club", Masterson le nouveau trèfle au milieu du pré aurillacois

"Je suis reconnaissant envers le club", Masterson le nouveau trèfle au milieu du pré aurillacois
Par Rugbyrama

Le 23/09/2022 à 11:19Mis à jour

Pro D2 - Après neuf saisons disputées sous le maillot du Connacht, le toisième ligne irlandais de 29 ans a chosi la France et Aurillac pour la suite de sa carrière. Tombé amoureux du Cantal, Eoghan Masterson affiche des objectifs pérennes avec les Rouge et Bleu dans un championnat qu'il découvre avec émerveillement. Entretien.

À l'instar des grands noms du rugby qui disputent la fin de leur carrière au Japon, Eoghan (prononcez Owen) Masterson s'assure lui une retraite dorée du côté...d'Aurillac. Enfin, plutôt verte, du coup... À 29 ans, l'Irlandais a choisi Aurillac après neuf ans passés sous les couleurs du Connacht. Une fin forcée avec son club de cœur qui fut d'abord un déchirement, comme l'explique le troisième ligne, "La dernière saison ne s'est pas très bien passée pour moi. J'ai appris en février que je n'allais pas être conservé par le club. Au départ, j'étais triste de quitter l'Irlande et le Connacht, après 9 ans là-bas, j'aurais voulu ne jamais partir à l'époque."

Finalement plus qu'un rebond, c'est un second souffle qu'Eoghan a trouvé dans le Cantal. Un endroit qu'il découvre avec bonheur, "J'aime beaucoup l'environnement, j'habite dans la campagne aurillacoise, je suis entouré de champs et de vaches, l'herbe est verte, c'est un endroit apaisant. Ce qui m'arrive est génial, j'adore ce nouveau mode de vie. À la base, partir de chez moi était une mauvaise nouvelle, mais aujourd'hui, je ne peux pas être plus heureux. C'est pour ça que je suis reconnaissant envers le Stade.". Et n'en déplaise aux détracteurs ce qui, pour lui, change le plus entre le pays du trèfle et le département cantalien, c'est la météo, "Je trouve qu'il y a des similarités avec mon Irlande natale, je ne suis pas dépaysé, mais la plus grande différence, c'est le temps. Il fait beau ici chaque jour, c'est incroyable pour moi. Je suis arrivé depuis trois mois et il n'a plu que trois ou quatre jours, et puis il fait plus chaud ici." Incroyable mais vrai, même si le ressenti du troisième ligne pourrait bien ne plus être le même à la fin de l'hiver aurillacois.

Une chose est sûre, l'Irlandais ne sera pas frileux sur le terrain à en croire son CV. Eoghan Masterson, c'est 121 matchs avec le Connacht pour 85 titularisations, entre Pro 12, Pro 14, Challenge Cup et Champions Cup. Des grosses performances, très jeune, qui le mèneront jusqu'à l'équipe d' "Emerging Ireland" (équipe nationale bis). Toute une carrière placée sous le signe du trèfle et de l'Irlande donc. Alors, quand le Connacht décide de se séparer de lui, Eoghan se voit devenir pour la première fois de sa vie joueur libre, démoralisé et sans proposition intéressante. C'est alors qu'intervient un autre Irlandais passé par le club rouge et bleu, "Mon ami Paddy McAlister, qui a joué à Aurillac en 2014-2015, a envoyé mon dossier avec mes "hightlights" à ses contacts aurillacois. Les dirigeants m'ont alors donné l'opportunité de venir ici et je n'ai pas hésité une seule seconde.". Et ça colle entre le joueur et le club cantalien puisque le troisième ligne a été titulaire trois fois en trois matchs dans son début de saison avec le Stade Aurillacois et a montré des qualités indéniables.

"Aller au bout de mes trois ans avec le club et pourquoi pas plus après"

Pourtant, on connaît la différence de style entre Pro D2 et les autres championnats, surtout étrangers. Alors, il a fallu apprendre, un processus qui s'est fait doucement, mais sûrement, "D'abord il y a eu le staff qui m'apporte déjà beaucoup et me fait découvrir ce championnat qu'est la Pro D2.", une découverte d'abord, une adaptation ensuite, "Les mêlées, les touches et les ballons portées ont une place centrale dans le jeu de ce championnat. La continuité est aussi très importante, je n'avais jamais vu autant de passe après contact et du coup en défense, je dois apprendre à anticiper ce style de jeu.". Pourtant habitué au très haut niveau le troisième ligne se dit surpris par la deuxième division française, "Je suis impressionné par les standards de la PRO D2, par exemple les premières minutes du match contre Angoulême sont peut-être les plus dures que je n'ai jamais eu à jouer, car sur dix minutes, le ballon était en jeu 9 minutes et on a fait que défendre, mais je prends du plaisir.".

Eoghan Masterson - Stade Aurillacois

Eoghan Masterson - Stade AurillacoisOther Agency

Et on ne peut douter du plaisir qu'il prend en France quand, Eoghan Masterson, évoque ses objectifs et son avenir. L'Irlandais semble être totalement tombé amoureux du pays et du Cantal, en témoigne son apprentissage de la langue déjà bien avancé en à peine trois mois, "La langue est pour moi une des bases pour bien jouer au rugby, rien que pour la communication avec les autres joueurs et puis je voudrais jouer au rugby en France jusqu'à la fin de ma carrière.". Et pour l'instant, son cœur et sa tête sont à 100% avec le Stade Aurillacois, même quand on lui parle de Top 14, "Je ne suis focus que sur Aurillac. D'expérience, je sais que vouloir voir trop loin dans ton futur n'est pas une bonne chose. Je veux m'entraîner correctement et bien jouer pour Aurillac, aller au bout de mes trois ans avec le club et pourquoi pas plus après, c'est mon souhait."

Une belle histoire entre Aurillacois et Irlandais comme on a déjà eu l'habitude d'en voir, souvenirs de Jeremy Davidson ou autre Connor Gaston encore dans la tête des supporters cantalous. Espérons pour eux qu'Eoghan Masterson suivra les traces de ses prédécesseurs.

Par Pierre Magne.

Contenus sponsorisés