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Il y aura un avant et un après pour Oyonnax et Grenoble

Il y aura un avant et un après pour Oyonnax et Grenoble

Le 08/01/2021 à 10:43Mis à jour Le 08/01/2021 à 16:11

PRO D2 - Alors que les Oyonnaxiens ont concédé une troisième défaite à domicile, jeudi soir, les Grenoblois sont allés décrocher leur premier succès de la saison à l’extérieur. De ce résultat découlera une analyse qui va clairement conditionner la suite de la saison des deux équipes.

Deux salles, deux ambiances. Voilà qui résume l’atmosphère qu’il régnait dans les coursives de Charles-Mathon, quelques minutes après le coup de sifflet final, jeudi soir. Alors que les Grenoblois trainaient sur la pelouse, hurlant "tous à la Bodega", les Oyonnaxiens s’empressaient de regagner le vestiaire pour tenter de comprendre l’impensable. Car Grenoble s’est imposé 35 à 27, ce alors qu’Oyonnax menait 24 à 3 à la pause ! Retour sur cette soirée à travers le récit des deux entraineurs.

Joe El Abd (Oyonnax) : "Tout le monde a besoin de se remettre en question"

Forcément marqué par la défaite et le visage fermé, Joe El Abd accusait le coup au moment de réagir à ce revers. "Avant le match, on avait parlé du fait d’être fier. Et ce soir on est tout sauf fier, glisse-t-il tout d’abord. On a subi dès le coup d’envoi de la seconde période et on ne s’est pas révolté (il insiste). On n’a pas vu un joueur parler. Je vais essayer de changer quelque chose." Mais est-il déjà possible d’apporter une première explication à cette contre-performance ? "Je n’en ai pas encore. On a corrigé des choses à la mi-temps, disant qu’ils allaient revenir fort, et c’est ce qu’ils ont fait. Il y a peut-être eu un manque de confiance et on s’est effondré."

Puis le discours de Joe El Abd évolue et prend plus de hauteur sur la situation que traverse son groupe, restant sur trois défaites. "Il faut arrêter de penser que l’on est une grosse équipe quand tu fais une période comme ça. Il faut tous se remettre en question, moi le premier. Peut-être que l’on est trop facile avec tout le monde, peut-être que l’on se voit trop beau. Les racines d’Oyonnax sont le travail et le combat, et je n’ai pas vu cela en seconde période, confie-t-il le visage fermé. On est dans le dur. Les joueurs ont besoin de se révolter et de se remettre en question. Mais pas que les joueurs, tout le monde, et cela commence demain matin (vendredi, ndlr)."

Pour autant, l’entraineur ne s’estime pas trahi. "C’est un mot dur. On reste tous ensemble. On n’a pas fait de bonnes choses, ce n’étaient pas des Oyomen sur le terrain mais je ne vais pas abandonner mes joueurs. On va se remettre en question pour avancer. Maintenant, on est une petite équipe qui doit se battre pour tout."

Stéphane Glas (Grenoble) : "J’espère que cela va débloquer des choses"

Bière à la main, Stéphane Glas était à l’inverse plutôt détendu au moment de réagir à cette soirée incroyable. "J’ai plusieurs sentiments positifs et trois mots résument la soirée : soulagement, fierté, bonheur." D’autant que l’entraineur a dû trouver les mots, avec son staff, pour remobiliser les troupes à la mi-temps. "Je comprends que l’on puisse penser que notre première période n’est pas bonne car on est mené 24 à 3. Mais à la mi-temps, je leur ai dit : vous faites le boulot, vous donnez les points à l’adversaire mais à un moment, il faut vous récompenser aussi. Je ne leur ai pas parlé de victoire, mais au moins : récompensez-vous par rapport à la dépense d’énergie. Et le scénario change tout de suite en seconde période, puis la confiance change de camp. J’ai senti que l’équipe était là et que les mecs ne lâchaient pas." Alors, y a-t-il eu un déclic ? "J’espère que cela va débloquer des choses chez eux. C’est le moment. Il va falloir libérer des choses. J’espère que ce match va faire partie de l’histoire de la saison pour pouvoir enchainer. Mais pour cela, il faut pouvoir battre Soyaux-Angoulême la semaine prochaine", rappelle une fois de plus le coach.

Surtout, Stéphane Glas révèle n’avoir que très peu apprécié les remarques faisant état d’une équipe remaniée dans l’Ain. "Quelques personnes m’ont dit : tu ne mets pas l’équipe type ? J’ai répondu : c’est quoi une équipe type ? Quand tu perds, il n’y a pas d’équipe type. Tu essaies de trouver des solutions. J’ai raconté cette anecdote aux joueurs avant le match et je leur ai dit que l’équipe type, aujourd’hui, c’était eux. Et je suis content car tout le monde a joué sa partition." Cependant, loin de là l’idée de penser que tous les maux sont vaincus. "Je ne vais pas dire que l’on a trouvé la bonne formule, que tout va bien et que l’on va enchainer les victoires. Vu la première partie de saison que l’on a faite, il faut rester humble et penser au fait que l’on a été catastrophique il y a quinze jours à Angoulême. Il faut déjà effacer cette ardoise." Il enchaine. "Je ne veux pas me projeter en disant que la saison démarre et que l’on va retrouver le FCG de la saison dernière. Non. On est trop en difficulté au classement. On a été trop mauvais depuis le début de saison ! Tout ne redémarre pas en gagnant à Oyonnax. On a une série de dix matchs, et il en reste neuf."

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