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Bastide : "Le train ne passe qu’une fois, alors on ne veut pas avoir de regrets !"

Bastide : "Le train ne passe qu’une fois, alors on ne veut pas avoir de regrets !"

Le 18/05/2022 à 11:23Mis à jour

PRO D2 - Il a tout connu avec son club de Nevers. De la Fédérale 1 à ce barrage à domicile face à Carcassonne, Hugues Bastide a grandi progressivement, à l’image de l’USON, pour en arriver à ce moment unique, et tellement rêvé. Mais le troisième ligne ne veut pas s’arrêter en si bon chemin…

C’est enfin le grand moment de la phase finale, que votre équipe aborde en bonne position avec ce barrage à domicile face à Carcassonne...

On aura la chance de ne pas se déplacer et de jouer devant notre public, c’est vrai, mais c’est avant tout un match de phases-finales et tout peut arriver partout et n’importe quand ! Il suffit de se souvenir du parcours de Biarritz la saison passée pour voir que tout est possible et que l’avantage du terrain est relatif. Il faut avant tout bien se préparer, car c’est une équipe particulièrement costaud qui va venir au Pré-Fleuri. Ces deux dernières saisons, les stades étaient vides, alors on va pouvoir retrouver cette ferveur, cette ambiance pour laquelle on aime tellement jouer au rugby.

Nevers a réalisé un parcours impressionnant tout au long de la phase régulière dans son antre du Pré-Fleuri, mais maintenant c’est une nouvelle compétition qui commence ?

Excepté le match contre Bayonne, où nous avons pris une démonstration de rugby, on a été dominateur chez nous. On est sûr de nos forces, mais maintenant, ce sont des matchs particuliers qui vont se jouer et on sait que chaque équipe se donne à fond. Notre chance d’accueillir cette rencontre, c’est de pouvoir compter sur l’ambiance, sur ce public acquis à notre cause. C’est un moment historique, car c’est la première fois que Nevers accueille un match de ce niveau, et nous avons vraiment envie d’aller voir un peu plus loin encore… On sait qu’on aura des moments faibles dans la rencontre, et notre public sait comment nous aider à passer ce cap et changer le cours d’un match.

"Carcassonne est une équipe capable de tout et dont on se méfie énormément"

D’autant plus que Carcassonne a déjà réussi sa saison avec cette qualification. C’est une équipe qui n’a rien à perdre, vous mettant la pression inévitablement ?

C’est une équipe qui jouait le maintien en début de saison, mais qui a rapidement montré ses qualités et l’étendue de son potentiel. C’est une équipe qui est capable de tout, qui est très costaud, même quand il lui est arrivé parfois de jouer à 14 contre 15. Une équipe qui a de l’expérience, qui donne l’impression vu de l’extérieur de bien vivre ensemble. Une équipe qui en effet n’a rien à perdre et a envie de profiter de ces moments uniques. C’est clairement une équipe dont on se méfie énormément.

Une rencontre où vous serez poussé par votre public. C’est tout de même formidable de voir comme le rugby est devenu une religion à Nevers ?

Nevers est un club qui a une âme, une histoire centenaire et on oublie parfois qu’il existait bien avant notre accession en Pro D2. Notre objectif cette saison, c’était le Top 6, mais quand on a vu nos résultats, on a eu envie de tout faire pour obtenir un barrage à domicile, afin de vivre et de partager cette expérience avec ce formidable public. C’est peut-être une chance unique, et on ne sait jamais quand le train va repasser et de quoi sera fait l’avenir, alors on se devait de tout faire pour obtenir ce match à la maison. C’est une véritable récompense pour les joueurs, ce public, cette ville et cette région, qui vibrent tous pour ce club.

Vous avez connu le début du parcours Neversois pour en arriver à ce barrage à domicile. De la Fédérale 1 à aujourd’hui, vous n’êtes plus le même homme ?

J’ai bien sûr le souvenir encore intense de cette course à la montée en Pro D2, mais aussi plus loin, il y a 8 ou 9 ans et un match contre Lille, où la ferveur était déjà bien présente autour de notre club. Avec Stéphane Bonvalot, qui est encore un peu plus ancien que moi, on a tout connu avec l’USON, la gloire de la montée, mais aussi les terribles déceptions et frustrations des saisons et des matchs où on est passé à côté. Ces joies comme ces blessures nous ont aidé l’un comme l’autre à grandir avec ce club. Tout cela va nous servir pour jouer ces phases finales, car ce sont des matchs où tout est différent.

"Avec Carcassonne et Colomiers, nous sommes les trois petits, qui ont envie de se faire une place !"

Le club a beaucoup évolué également sous l’égide de son Président Régis Dumange. Nevers est-il devenu un modèle à suivre pour pouvoir s’installer durablement au plus haut niveau ?

Notre président et ses partenaires ont fait un très gros travail. Des partenaires privés et publics qui ont donné des moyens pour faire grandir ce club et le structurer. Nous avons clairement le sentiment, nous les joueurs, de représenter toute une ville, tout un département, toute une région, pour implanter et ancrer le rugby durablement sur ce territoire. Comme je l’ai dit, ce club a plus d’un siècle d’histoire, et Monsieur Dumange a su lui donner un élan supplémentaire, avec de solides bases pour pouvoir le maintenir au plus haut niveau à l’avenir.

Votre entraîneur Xavier Péméja a toujours cru en la capacité de ce groupe pour un jour atteindre le Top 14. C’est la bonne année selon-vous ?

Joker (rires) ! Pour le moment, on est en barrage et on va avant tout penser à Carcassonne et prendre les choses étape par étape. On va jouer notre plus gros match de l’année ce week-end et on va faire comme depuis deux ou trois mois, c’est-à-dire jouer les matchs les uns après les autres, comme quand on voulait faire en sorte de se rapprocher de la 4e place. A ce moment-là, il nous fallait d’abord des points à la maison, puis une victoire à l’extérieur. On a construit les choses les unes après les autres pour en arriver maintenant à cette nouvelle étape.

Avec les trois ogres Mont-de-Marsan, Bayonne et Oyonnax, ce n’est finalement pas si mal d’être dans une position d’outsider ?

Ces trois équipes ont été impressionnantes et ont dominé toute la saison de la tête et des épaules. Avec Colomiers et Carcassonne, nous sommes finalement les trois petits, qui vont essayer de se faire une place, avec l’envie de tenter de faire déjouer ces équipes bien en place, de les chatouiller et de créer pourquoi pas la surprise. Comme nous, ces équipes débutent aussi une nouvelle phase, mais on sait que c’est encore autre paire de manches, même si tous les compteurs sont remis à zéro à cette période de la saison.

Mais pour le moment c’est vous qui êtes favori au moment de recevoir Carcassonne. Comment abordez-vous cette rencontre ?

Déjà, je pense que le fait de ne pas avoir eu de coupure entre la dernière journée et les phases-finales est une bonne chose. Nous avons abordé cette semaine de préparation de manière classique dans son organisation, mais dans les attitudes, la façon de nous entraîner, on sent toutes les particularités propres à l’arrivée des matchs couperets. On ne change pas totalement tout en trois jours naturellement, mais dans les comportements des uns et des autres, il y a beaucoup de détermination et l’envie de prendre un maximum de plaisir et de s’envoyer sans arrière-pensée pour n’avoir aucun regret.

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