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Estebanez : "Dites aux gens que vous êtes chanceux de jouer à Bourg"

Estebanez : "Dites aux gens que vous êtes chanceux de jouer à Bourg"
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 12/05/2022 à 23:38Mis à jour Le 12/05/2022 à 23:39

PRO D2 - Alors qu’ils semblaient tenir leur maintien entre leurs mains à la 60e, le manager bressan Fabrice Estebanez a vu ses hommes s’écrouler dans le dernier quart d’heure, compostant leur billet retour pour la Nationale. De quoi nourrir un fort sentiment d’amertume...

À un quart d’heure du coup de sifflet final, Bourg tenait son maintien. Qu’a-t-il manqué pour y parvenir, au final ?

Il a manqué… Un peu de maîtrise. Un peu d’énergie, aussi, car j’ai senti les garçons fatigués sur la fin. On a un effectif avec beaucoup de blessés, des garçons qui ont beaucoup enchaîné. On savait que ce serait difficile de faire cette finale ici et quoi qu’il soit arrivé, je suis fier de ce groupe qui n’a rien lâché, qui a tout donné. Je suis triste pour eux, pour le public qui est quand même extraordinaire. Je l’ai d’ailleurs dit aux joueurs : dites aux gens que vous êtes chanceux de jouer à Bourg. Ceux qui vont partir, vous n’allez pas connaître ça ailleurs.

Comment avez-vous senti vos joueurs en première période ?

Je les ai sentis…. Je n’ai pas l’impression qu’ils y croyaient, en fait. On a eu du mal à se lâcher, on a été peu efficaces. On a trois pénaltouches manquées, dont deux en première mi-temps. On doit quand même faire mieux sur ces situations. Et puis, Grenoble a fait son match, avec les individualités qu’ils ont. La réalité, c’est qu’ils sont au-dessus de nous.

Comment expliquez-vous cette débandade dans les dernières minutes, alors que l’essai de Jullien vous avait fait passer devant au score ? De la panique ?

J’ai senti plus de panique que de sérénité, c’est sûr. En fait, j’ai eu l’impression de revenir en janvier. Ils se sont dit « p..., c’est possible » mais au final, ils ont eu peur d’y arriver. Mais ça, c’est quelque chose de profondément ancré. C’est ce travail mental qu’il faut arriver à réaliser à Bourg. Ça fait quatre mois que je me bats à ce sujet, et on va continuer l’an prochain.

Nourrissez-vous des regrets sur l’ensemble de la saison ?

Des regrets… Je n’ai pas l’habitude de vivre avec des regrets, ce sont les non-ambitieux qui ont des regrets. Pas moi.

Vos joueurs ont au moins eu le mérite de réussir une belle entame de deuxième mi-temps. Que leur avez-vous dit à la pause ?

Je leur dis juste de jouer. Jouez, sinon on perdra. Le problème, c’est que je ne sais pas ce qu’on attendait, en fait. Qu’ils s’écartent et qu’on y aille en marchant ? On ne faisait rien, on ne jouait pas un ballon, on n’était même pas efficace au pied. En fait, je n’ai pas senti cette hargne de la victoire. Il y avait ce truc qui planait, qui faisait qu’on était sur la retenue. Je ne sais pas pourquoi.

À la fin du match, malgré la défaite et la descente, on a vu vos joueurs communier avec vos nombreux supporters qui ont allumé des fumigènes… Ce soutien inconditionnel ne participe-t-il finalement pas à ce contexte que vous déplorez ?

(il sourit) C’est bien pour ça que je dis à mes joueurs qu’ils sont chanceux de jouer à Bourg. À Brive ou à Grenoble, quand tu perds, on chante pas souvent allez « noir et blanc » ou « allez les rouge et bleu ». Donc ils sont chanceux, parce que c’est quand même formidable. Mais ce soutien, il faut parvenir à en tirer de l’énergie, du positif. Ça doit donner envie de gagner. Peut-être qu’à l’avenir, il faudra qu’ils nous jettent quelques tomates.

Resterez-vous à la tête de l’équipe la saison prochaine en Nationale ?

Je suis parti sur un projet. Je suis toujours là, mais il faudra qu’on ait des ambitions.

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