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Selponi : "J’espère aller au bout"

Selponi : "J’espère aller au bout"

Le 07/05/2021 à 09:17Mis à jour Le 07/05/2021 à 09:21

PRO D2 - Après trois semaines sans match à cause de la Covid, Grenoble a obtenu jeudi soir une victoire avec le bonus (34-11) contre Carcassonne qui lui permet de valider sa présence en phases finales. À l’image du FCG, le futur Aixois Enzo Selponi a su remonter la pente après une saison longtemps compliquée et ne compte pas en rester à cette qualification.

Rugbyrama : On s’attendait à un match difficile compte tenu des conditions d’entraînement que vous avez eues ces derniers temps et finalement vous décrochez une victoire avec le bonus offensif. On a envie de dire waouh…

Enzo Selponi : Waouh non, parce qu’on savait très bien ce qu’on voulait faire contre Carcassonne. Maintenant cela fait 11 mois que l’on joue ensemble, on connaît nos automatismes, notre plan de jeu, tout, même s’il y avait un rôle différent parce que c’était nous qui prenions plus ou moins en charge la stratégie, étant donné qu’il n’y avait pas Stéphane Glas et Sylvain Begon à cause du Covid. Les leaders de jeu, plan de touche et organisation de jeu, on a pris notre rôle très à cœur. On n’était pas stressés plus que ça. On a mis les ingrédients qu’il fallait. On a su très bien s’entraîner. On a fait une très bonne semaine et maintenant pour valider ce match-là, il faudra jouer Vannes lundi.

Le début de match vous a aussi bien aidé, Carcassonne a fait des cadeaux et vous, vous avez été efficaces en marquant quasiment à chaque incursion…

E.S. : Bien sûr, on a été très opportunistes. On a une très bonne défense collective depuis le début de saison. Ce qui a fait qu’on est arrivés sixièmes du classement. On arrive bien à faire reculer les équipes. Sur une maladresse du demi d’ouverture (Baptiste Mouchous, N.D.L.R.) qui se fait contrer, Steeve (Blanc-Mappaz) est à la poursuite (et marque le premier essai du FCG) ; (sur le deuxième) Clément (Ancely) joue bien le coup sur un coup de pied rasant, (en-avant de Martin Dulon), je lève pour Steeve qui marque. Quand on défend bien, malheureusement avec des conditions comme ça (fortes pluies), les équipes sont plus friables.

" Mettre les bouchées doubles pour les phases finales"

En fin de rencontre, on a senti que vous mettiez un point d’honneur à ne pas laisser Carcassonne marquer un essai de plus qui vous aurez privé du bonus…

E.S. : Oui, bien sûr. En ayant le point de bonus offensif, on savait très bien qu’on était qualifiés pour les phases finales. Il n’y avait pas besoin de surjouer. Il fallait être pragmatique, précis et c’est ce qu’on a su faire, la dernière mêlée notamment où on est obligés de sortir le ballon. On aurait bien pu tenter le folklore mais on n’est pas comme ça, on voulait la qualif et on est sortis en touche pour mettre fin à ce match.

Maintenant que la sixième place est assurée, que pouvez-vous espérer ?

E.S. : Déjà finissons le championnat comme il se doit. On doit recevoir Vannes, le deuxième du classement, c’est un gros morceau qui nous attend. Ensuite, on se déplace à Montauban (vendredi prochain). C’est justement sur des matchs comme ça qu’il faut que l’on s’applique, qu’on soit dominateurs et précis parce qu’on prépare le quart de finale à l’extérieur. Il va falloir encore mettre les bouchées doubles pour les phases finales.

Pro D2 - Enzo Selponi (Grenoble)

Pro D2 - Enzo Selponi (Grenoble)Icon Sport

" Je pense d’abord au groupe plutôt que de penser à moi"

Par rapport à vous étiez en décembre et où vous êtes aujourd’hui, est-ce que vous savourez d’autant plus ?

E.S. : Bien entendu. On part de loin. C’était très délicat en début de saison où on se disait presque de jouer le maintien. Je pense que Carcassonne aujourd’hui (c’est) pareil. En début de saison, ils jouaient le maintien, ils sont arrivés petit à petit à créer un cercle vertueux entre eux, à gagner à l’extérieur, à domicile. C’est ce qui nous a souri aussi. Encore une fois défensivement, on a été très dominateurs cette saison. Maintenant il faut être très fort et très précis pour mettre à mal les équipes que l’on va rencontrer en phases finales parce que j’espère aller au bout.

Le fait que Romain Trouilloud prenne désormais, avec succès, les tirs au but et donc de vous en décharger, êtes-vous plus libéré sur le terrain ?

E.S. : Oui c’est une pression en moins sur mes épaules mais c’est quelque chose que j’assume. Je suis buteur, je le sais. Je bute très bien sauf que lui aujourd’hui bute peut-être mieux que moi. Sur les entraînements, quand on fait des challenges, il me bat. C’est mérité, c’est normal. Je suis plus dans le sens que l’équipe fonctionne bien plutôt que j’augmente mes statistiques. Je ne suis pas du tout comme ça, je pense d’abord au groupe plutôt que de penser à moi-même.

On a l’impression que tout tourne dans le bon sens en ce moment pour le FCG, pour vous. Vous allez peut-être terminer votre aventure de deux ans en Isère de la plus belle des manières…

E.S. : Je le souhaite. Quand je signe dans un club, je fais les choses à fond. J’ai envie de rendre une copie propre. J’essaie de me donner à chaque fois à 100 %. Bien sûr il y a des matchs où je passe à travers. On n’est pas des robots. J’ai eu un début de saison compliqué parce que l’équipe ne tournait pas très bien, parce que je n’étais pas dans le bon “mood”. C’est vrai qu’aujourd’hui je me sens mieux, l’équipe tourne beaucoup mieux. Il y a des mecs autour de moi qui communiquent beaucoup plus. C’est un engrenage positif qui me sert et qui, j’espère, va me faire encore hausser mon niveau de jeu pour préparer les phases finales et mon après-Grenoble.

" J’ai pris des claques pendant un petit moment. Il faut savoir faire le dos rond"

Entre votre match difficile à Biarritz et votre retour réussi à Valence, il y a eu une longue période où vous n’avez pas joué. Vous attendiez qu’on vous relance rapidement ?

E.S. : Biarritz, c’est un peu ma bête noire. Cela fait plusieurs saisons que je les rencontre, je n’arrive jamais à jouer contre eux. Mais en phases finales, je les gagnerai et je ferai un gros match (sourires). Non, bien sûr, j’ai pris des claques pendant un petit moment. Il faut savoir faire le dos rond et puis “Coco” (Corentin Glénat) a très bien assumé son rôle de numéro 10. Aujourd’hui, je suis là parce que peut-être j’ai fait un bon match à Valence, aujourd’hui (jeudi) je fais un bon match mais “Coco” était là contre Colomiers, Perpignan, Oyonnax. Après, c’est à Stéph (Glas) de se gratter la tête et de savoir qui il va aligner mais au moins je préfère me dire que j’ai joué mes cartes pour rendre une copie propre.

Regardez-vous aussi avec un peu d’appréhension les matchs de Provence Rugby, votre futur club, qui lutte pour se sauver ?

E.S. : La tension est palpable chez eux, chez moi. Je vous avoue que je fais stresser ma femme quand je regarde les matchs. On se crêpe le chignon. Je suis à fond aussi derrière Aix-en-Provence. J’ai essayé de rendre une belle copie contre Valence pour les aider à avoir une autre cartouche pour le reste de leur saison. Ils ont fait le job à Rouen et, bien sûr, je suis le premier téléspectateur à les pousser derrière mon écran.

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