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Ce BO-là ne lâche jamais rien

Ce BO-là ne lâche jamais rien
Par Pablo Ordas via Midi Olympique

Le 04/06/2021 à 09:30Mis à jour

PRO D2 - À l’image de l’incroyable victoire dans les dernières secondes à la Rabine, le Biarritz Olympique s’est fait remarquer, cette saison, par sa capacité à croire en lui jusqu’au bout.

“Le truc qu’on a à Biarritz, c’est qu’on n’est jamais mort.” La phrase, prononcée par Steffon Armitage quelques minutes après la qualification de son équipe pour la finale de Pro D2, en dit long sur l’état d’esprit qui anime les Biarrots cette saison. Elle a pris tout son sens dimanche dernier, après la victoire dans les dernières secondes, en terre bretonne. Mais en y pensant bien, elle aurait pu être lâchée par le capitaine Armitage bien plus tôt, pendant la phase régulière. En effet, les Basques, en matière de persévérance, n’en sont pas à leur coup d’essai.

En premier lieu, on pense à la victoire arrachée à Colomiers fin janvier (16-20) grâce à Brieuc Plessis-Couillaud après la sirène. Ensuite, on se souvient des nombreux matchs à domicile, où les Biarrots, dominateurs en première période et nettement moins bons ensuite (ou vice-versa), ont su faire preuve de caractère pour quand même l’emporter sur la fin. Lorsque nous interrogions les coachs rouge et blanc sur le contenu parfois médiocre des parties, ils nous répondaient alors qu’ils préféraient retenir cette fameuse détermination. “Je pense que nous avons cet état d’esprit depuis deux ans, affirme aujourd’hui Nicolas Nadau, l’entraîneur principal. Si on fait le bilan de nos rencontres, nous avons souvent arraché des victoires dans les dernières minutes. Je me souviens du premier match disputé contre Vannes l’année dernière, qui s’est terminé aux forceps (18-17).”

Dimanche, sur la pelouse de la Rabine, on a une nouvelle fois vu un BO qui, malgré douze points de retard à une demi-heure de la fin, ne s’est pas affolé pour revenir au score et l’emporter sur la sirène. “Nous nous étions préparés, pendant la semaine, à vivre un scénario où nous aurions le dernier ballon pour gagner” assure le talonneur Lucas Peyresblanques.

Un travail qui commence dès le recrutement

Pour Nicolas Nadau, l’entraîneur des trois-quarts rouge et blanc, ce caractère se travaille “dans l’exigence qu’il peut y avoir aux entraînements et en étant derrière les gars, en les bousculant, en les poussant au quotidien.” Mais l’état d’esprit qui forge un groupe commence en amont, dans le recrutement ciblé.

Matthew Clarkin, directeur du rugby, développe : “On peut partir du principe que si on te fait venir, c’est parce qu’on pense que tu es un bon joueur talentueux, mais on va plutôt chercher des joueurs avec un état d’esprit, des compétiteurs, des mecs qui ne lâchent rien et qui sont dans l’effort au quotidien. Je félicite et remercie les entraîneurs d’avoir entamé ce cycle avec moi. Parfois, ils ont accepté de faire des compromis dans les choix des joueurs. Ils ont récompensé ceux qui avaient fait les efforts attendus, plutôt que le mec qui a du talent et qui va faire gagner le match.”

Bien entendu, les joueurs alignés par le duo Nicolas Nadau-Shaun Sowerby ont aussi du talent. Mais c’est avant tout cette faim et une grosse émulation qui leur ont permis de renverser la tendance, le week-end passé. “Notre capitaine, c’est Steffon Armitage, rappelle Lucas Peyresblanques. Il a gagné de multiples titres, que ce soit en Top 14 ou en Coupe d’Europe. Nous avons d’autres joueurs internationaux à côté. Ils nous poussent et ils ont cette confiance en eux qui nous motive pour aborder ces instants clés. De plus, nous sommes une équipe qui a envie de vivre de grands moments. C’est de là que cet état d’esprit, de ne jamais rien lâcher, est né.”

Dimanche dernier, il a porté le BO pour renverser le RC Vannes et offrir aux rouge et blanc une place en finale. Permettra-t-il au club basque, demain après-midi, de battre son rival catalan et de remonter en Top 14 ?

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