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Boisset : "Descente, ce n’est pas un mot que j’ai dans la bouche"

Boisset : "Descente, ce n’est pas un mot que j’ai dans la bouche"

Le 14/05/2021 à 10:58Mis à jour

PRO D2 - Comme il y a deux ans, Aurillac (53 points) joue son maintien sur la dernière journée, ce vendredi (18h30), avec les cartes en main par rapport à Valence-Romans (49 points), relégable. Pour son dernier match en carrière, le demi de mêlée Paul Boisset n’envisage pas autre chose que de laisser "son" club dans le giron professionnel.

Comment avez-vous réagi quand Thomas Salles passe la pénalité de la gagne à Colomiers (16-17) vendredi dernier ?

Il y avait vraiment un gros ouf de soulagement parce qu’on connaissait l’importance de ce match à Colomiers avant d’aller le jouer. Même si le match n’a pas été très beau, on est restés dans les clous du début à la fin. Si on n’a fait que 50 % du boulot, cela vient récompenser le travail d’un groupe depuis le début de la saison. C’est notre deuxième victoire à l’extérieur (après Montauban le 25 septembre, N.D.L.R), elle est belle pour plein de raisons.

Ce vendredi, vous allez livrer un duel à distance avec Valence-Romans mais c’est vous qui avez l’avantage…

On a un championnat cette année qui est très particulier, où tout peut se passer. On l’a vu : Valence est allé gagner à Biarritz. Tout le monde l’a emporté au moins une fois à l’extérieur. Sans public, sans ce 16e homme, tous les coups sont permis ; et le week-end dernier cela s’est vérifié encore une fois. Il n’y a plus de petits, de gros ; les gros ont relâché un peu parce qu’ils sont sûrs d’être qualifiés, il y a ceux qui l’ont fait parce qu’ils n’ont plus rien à jouer. C’est en fin de saison que tous les coups sont réalisables. Nous, on a joué crânement notre chance à Colomiers. […] C’est vrai que ça nous fait du bien vis-à-vis de Valence, qui avait fait le boulot face à Nevers. Il ne s’agit pas qu’on relâche le rythme. Vendredi, on a une finale à distance, où on reçoit Provence et où Valence se déplace à Oyonnax qui a encore la quatrième place à assurer.

"Cela peut être un avantage d’avoir déjà connu cette situation"

Quel est le mot d’ordre avant la réception d’Aix-en-Provence ?

Le même qu’avant chaque match à domicile, que la semaine dernière à Colomiers et qu’il y a trois semaines à Biarritz : il faut bien faire le boulot, le finir. Il faut qu’on se respecte nous, notre équipe, notre plan de jeu. Il ne faut pas qu’il y ait de relâchement. On est loin d’être maintenus. Même si on a un matelas, rien n’est encore fait et tout peut encore se produire.

Se retrouver à jouer votre survie en Pro D2 sur une dernière journée, vous l’avez déjà vécu il y a deux ans à Nevers. Cette expérience va-t-elle vous servir pour bien aborder la rencontre ?

Oui, très certainement. Je pense que par rapport à ça, on a de l’avance malheureusement. On a déjà ce petit peu d’expérience d’il y a deux ans. On avait énormément de blessés, on était partis avec une équipe où il y avait beaucoup de jeunes. Cela avait permis d’emmagasiner de l’expérience. Après, un match de rugby reste un match de rugby, il va falloir gérer les temps faibles et les temps forts qu’on pourra avoir au fur et à mesure de la rencontre. Cela peut être un avantage d’avoir déjà connu cette situation.

Vous avez quatre points d’avance sur Valence, même si le cas d’égalité avec les Drômois vous est défavorable, et vous jouez face à des Aixois qui se sont sauvés la journée précédente…

Oui, ils ont fait ce qu’ils avaient à faire. Après, nous, on veut bien finir. On va faire en sorte de faire le meilleur match possible sans attendre le résultat du match Oyonnax-Valence.

"Jouer pour un point, en calculant, dans le rugby c’est trop compliqué"

Très certainement il vous faudra "simplement" un point pour vous maintenir…

On aborde ce match pour le gagner. Quand je joue, je ne le fais pas pour un point. C’est quand on commence à calculer qu’on fait les pires matchs et qu’on a le scénario inverse de celui qu’on a prévu. Jouer pour un point, en calculant, dans le rugby c’est trop compliqué. On va jouer pour aller chercher ce maintien sans devoir compter sur qui que ce soit.

À titre personnel, comment abordez-vous cette semaine, la dernière de votre carrière, et l’approche de ce match ?

Très sincèrement, sur la semaine d’entraînement, ça ne me change pas. J’ai un peu plus de sollicitations, j’ai mes coéquipiers qui me demandent évidemment ce que ça fait. Pour l’instant (l’interview a été réalisée mardi après-midi, N.D.L.R.), dans l’approche du match, ça ne change rien. On aurait été maintenus, mon discours aurait été très certainement différent. Aujourd’hui on ne l’est pas et je veux partir sur une bonne note, donc la préparation du match est la même et ne change pas pour moi. Vendredi soir, il y aura certainement plus d’émotions mais pour l’instant je fais abstraction de tout ça et je reste concentré sur le match.

PRO D2 - Boisset (Aurillac)

PRO D2 - Boisset (Aurillac)Icon Sport

Pour vous, c’est impensable de quitter le club sur une descente ?

Totalement. Pour moi, ce n’est pas un mot que j’ai dans la bouche. Je n’ai jamais fait de déni même quand on était en position de relégable mais j’ai confiance dans le groupe, dans ce qu’on est capables de faire. Je veux laisser le club là où on me l’a transmis quand j’ai commencé à jouer, dans le giron professionnel.

"On part en ayant essayé de faire la meilleure transmission possible"

Une page va se tourner à Aurillac avec la fin de l’aventure pour Jack McPhee, Jean-Philippe Cassan, sans doute aussi Maxime Petitjean et vous notamment. Comment voyez-vous la suite pour le club ?

Après ces départs, un nouveau groupe va se construire. Cela fait trois, quatre ans qu’il y a eu pas mal de rotations parmi les joueurs et dans le staff. […] Ce sera à ce nouveau groupe d’écrire son histoire et de profiter des derniers anciens qui vont rester pour bénéficier de cette transmission. Après, nous on part en ayant essayé de faire la meilleure transmission possible pour les jeunes et pour ceux qui vont arriver après.

En discutez-vous avec d’autres joueurs emblématiques de l’équipe qui eux vont poursuivre l’aventure ?

C’est sûr que pour les plus anciens qui vont rester, cela va faire quelque chose de particulier. Que ce soit Latuka Maïtuku, Albert Valentin ou Pierre Roussel notamment, avec qui on a tout connu avec ce club, forcément ça risque de faire un trou. Je pense que ça va leur faire bizarre mais on n’en parle pas plus que ça.

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