Icon Sport

La pépite de Pro D2 - Barnabé Couilloud (Biarritz) : "À Lyon, on comptait moins sur moi"

La pépite de Pro D2 - Barnabé Couilloud (Biarritz) : "À Lyon, on comptait moins sur moi"
Par Rugbyrama

Le 19/05/2021 à 17:42Mis à jour Le 19/05/2021 à 18:05

PRO D2 - Le BO prépare actuellement le match de barrage qui l’opposera samedi à Grenoble. Une rencontre que le club basque pourra disputer dans son antre d’Aguiléra, après avoir terminé la phase régulière sur la troisième marche du podium. Cette réussite, le jeune Barnabé Couilloud n’y est pas étranger. À 22 ans, il est le demi de mêlée biarrot le plus utilisé de la saison.

"J’ai pu voir mon frère jouer avec les pros assez tôt. C’était beau, j’avais envie de faire pareil." Hélas pour lui, Barnabé Couilloud n’empruntera pas le même chemin que son frangin, qui est resté Lyonnais. "Ça a été plus difficile, j’ai dû me battre un peu plus. On comptait moins sur moi que sur d’autres jeunes, j’étais un peu barré. À Lyon, le club et le staff professionnel ne m’ont jamais fait comprendre qu’ils comptaient sur moi. Peut-être qu’ils ont fait une erreur, je ne sais pas…"

" Les comparaisons avec Baptiste pouvaient faire un peu de mal"

Pensant alors être arrivé au bout de son parcours en espoirs, le jeune et fringuant demi de mêlée se "débrouille autrement". Et si le téléphone sonne peu, et que les opportunités ne sont pas légion, un club historique du rugby français frappe tout de même à la porte. "Je fais deux bons matchs contre Biarritz en championnat et, au cours de la saison, le directeur de leur centre de formation me contacte. On me dit que j’intégrerai le groupe pro et que je serai le troisième numéro 9 : c’était difficile de refuser." Le pur produit lyonnais s’envole alors pour le Pays basque, après une quinzaine d’années passées sous les couleurs du LOU.

Avant cette transition entre les catégories de jeunes et le monde professionnel, Barnabé avait suivi le même cursus rugbystique que son frangin, désormais international français. "Baptiste a commencé à jouer au rugby à l’âge de 5 ans, je le voyais s’éclater. Alors, quand j’ai eu 5 ans, j’ai eu envie de faire comme lui." Durant son apprentissage à Lyon, on lui colle rapidement le numéro 9 derrière le dos : "J’avais ce côté leader en moi. Et puis, je n’ai jamais été très grand. Ça m’étonnerait que je bouge désormais", se marre-t-il aujourd’hui.

"Babé" effectue ainsi ses classes en parallèle de son aîné, et développe un style de jeu plutôt similaire. Cela conduit forcément à quelques comparaisons, pouvant "parfois faire un peu de mal, pour l’un comme pour l’autre."

Pro D2 - Barnabé Couilloud (Biarritz Olympique)

Pro D2 - Barnabé Couilloud (Biarritz Olympique)Icon Sport

Depuis le départ du cadet en terres biarrotes, la relation fraternelle a encore un peu évolué : "On est encore plus fusionnels. Je regarde tous ses matchs, il regarde tous les miens, et ensuite on débrief. On dit ce qui n’a pas été, puis on pioche un peu dans les qualités du jeu de l’autre." Et dans l’antichambre du Top 14, la "recette Couilloud" semble bien fonctionner.

Après un premier exercice freiné par l’arrêt des compétitions, Barnabé continue sur sa lancée cette saison, en apparaissant sur 28 des 30 feuilles de matchs possibles. Ce qui fait de lui le demi de mêlée le plus utilisé par le BO. Et largement : plus de 1200 minutes en cumulé. Forcément bénéfique, pour un joueur de 22 ans. "Ça m’a permis de prendre confiance en moi et de gommer quelques défaillances que je pouvais avoir l’an dernier. J’ai franchi une étape. En revanche, après quasiment 50 matchs de Pro D2, on m’excuse un petit peu moins sur les erreurs de jeunesse (sourire)."

La montée en ligne de mire

Heureusement, le fougueux Biarrot parvient désormais à tempérer quelque peu ses envies de vitesse : "Je pense avoir progressé dans ma gestion des matchs cette saison. Je m’adapte plus à l’adversaire, aux joueurs qui m’entourent, ainsi qu’aux conditions climatiques."

Des qualités qui seraient les bienvenues lors du barrage qui opposera son équipe à Grenoble. "On est avant tout impatients, l’adrénaline ne va pas tarder à monter. On va disputer un match de phase finale, pas tout le monde n’a cette chance. Ça fait quasiment un an qu’on travaille pour vivre ce type de moment." Et en cas de probable apparition samedi, pas de pression, les "gros noms" du vestiaires basque (Armitage, Saili…) "sont là pour rassurer. Quand on évolue avec des mecs comme ça, on prend conscience de là ou l’on est. Je les vois à l’entraînement, je me dis que j’ai envie de faire pareil qu’eux. Ces gars ont vécu des trucs que je rêverai de vivre." En parlant de rêves, s’il ne sait pas encore où il évoluera la saison prochaine, Barnabé Couilloud a déjà une idée bien précise : "Jouer contre mon frère en Top 14, dans ma ville de Lyon, au stade de Gerland, ce serait le rêve." "Babé" pourra peut-être le réaliser avec Biarritz, dès la saison prochaine. Il faudra commencer par gagner samedi.

Par Dorian VIDAL

Contenus sponsorisés