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Pourquoi Grenoble a raté sa phase aller

Pourquoi Grenoble a raté sa phase aller
Par Rugbyrama

Le 24/12/2020 à 11:52Mis à jour Le 24/12/2020 à 11:53

PRO D2 - Donné comme favori à la montée avant le début de la saison, le FCG se retrouve seulement douzième à quasiment mi-championnat, avec quatre points d’avance sur la zone de relégation, après avoir terminé 2020 sur quatre défaites.

Après Carcassonne, Colomiers et Biarritz, Grenoble a enchaîné une quatrième défaite consécutive à Soyaux-Angoulême (3-9), mardi soir, en match reporté de la 9e journée. À une journée de la fin de la phase aller, les Isérois sont douzièmes avec quatre points d’avance (et un match en moins contre Provence Rugby début février) sur les Angoumoisins, premiers relégables. Loin, très loin de leurs ambitions initiales. Pour le trois-quarts centre Adrien Seguret, interrogé au micro de Rugby + après ce nouveau revers, "aujourd’hui on est à notre place. […] Maintenant on va plus regarder en bas". En plus des résultats, le contenu a de quoi inquiéter, le FCG ayant touché le fond en Charente. Plusieurs explications peuvent être avancées à ces grosses difficultés.

Des départs importants à l’intersaison

Grenoble a réduit son effectif cet été. Il a aussi perdu des cadres comme Étienne Fourcade (Clermont) au talonnage et Mickaël Capelli (Montpellier) en deuxième ligne. Son emblématique troisième ligne Fabien Alexandre n’a pas été prolongé, comme le pilier droit Kubriashvili, qui fait aujourd’hui les beaux jours de l’Usap, et le demi de mêlée Lilian Saseras (Vannes). Le gaucher Van Rensburg n’est plus là non plus. Sans oublier les départs des ailiers B. Guillemin (Castres), Hulleu (UBB) et Rhule, qui semble revivre à La Rochelle.

Un premier bloc manqué traîné comme un boulet

Après leur victoire inaugurale contre Nevers, les Grenoblois ont chuté lourdement dès leur première sortie à Aurillac et pris un gros coup sur la tête. "Depuis ce match, où on s’est fait balayer d’un revers de la main, on a perdu des certitudes sur notre jeu", confiait mi-octobre Clément Ancely. Après cette défaite, ils ont arraché le match nul à la dernière minute face à Montauban, puis se sont inclinés à Béziers, alors au plus mal. Un premier bloc qu’ils ont terminé avec seulement six points et qu’ils traînent depuis comme un boulet. Incapables de s’imposer à l’extérieur et ayant fini par céder à domicile face au BO, après avoir frôlé la correctionnelle plusieurs fois, leur situation s’est dégradée avec cette fin d’année 2020 ratée. "On est en plein doute", reconnaissait Adrien Seguret mardi soir.

Pro D2 - Clément Ancely (Grenoble)

Pro D2 - Clément Ancely (Grenoble)Icon Sport

Une conquête instable

En mêlée, le FCG manque de régularité. Les départs de Van Rensburg et Kubriashvili se font sentir, comme l’absence longue durée du gaucher Dylan Jacquot (genou). Derrière les piliers titulaires : Rey à gauche et la bonne pioche Kaikatsishvili (ex-Nevers) à droite, personne n’arrive pas à prendre le relais. Au talonnage, les jeunes Rossi et Sarragallet ont dû assurer avec la blessure de Bouchet (épaule) tôt dans la saison. Avec son retour en janvier et l’arrivée récente d’Orioli, la concurrence sera forte en 2021. En deuxième ligne, le puissant Fifita, blessé au genou, a fait défaut de longues semaines et Demotte, relancé en novembre-décembre, a toujours du mal à s’imposer. La belle surprise vient du jeune Portugais José Madeira.

En touche aussi le FCG est sur courant alternatif, malgré un Clément Ancely qui rayonne dans ce secteur. "La conquête est toujours approximative. On n’a pas fait un match cette année où on a eu une conquête propre, où on a fait du 80-90 % que ce soit en touche ou en mêlée", déplorait le capitaine grenoblois après Biarritz.

Un chef d’orchestre en difficulté

Si le numéro huit Deon Fourie est toujours aussi précieux dans le jeu au sol, une autre individualité peine depuis la reprise du championnat. À sa décharge, Enzo Selponi évolue derrière un pack pas forcément souverain, il a en plus été blessé en début de saison et la Covid, qui a perturbé les Isérois, n’a pas arrangé les choses. Mais l’ouvreur n’est pas à son meilleur niveau - celui de son premier exercice à Grenoble la saison dernière - en attestent notamment une mauvaise compréhension parfois avec ses coéquipiers dans le jeu, des initiatives individuelles pas toujours pertinentes, des penaltouches non trouvées et un manque d’efficacité dans les tirs au but.

Enzo Selponi - Grenoble

Enzo Selponi - GrenobleIcon Sport

Blessé longuement lors de cette première phase, le trois-quarts centre Alaska Taufa doit, lui, retrouver sa capacité à franchir les rideaux défensifs adverses et gommer ses fautes de main, trop nombreuses contre le SA XV. À l’arrière, Bousquet et Capuozzo, pas épargnés non plus par les blessures, doivent aussi montrer plus en 2021.

Une attaque en berne

Le FCG ne possède que la 14e attaque sur 16 de Pro D2 avec 226 points marqués en 13 matchs. Sur ses quatre dernières sorties, Grenoble n’a inscrit qu’un essai, par Orioli face au BO. À Soyaux, les Isérois n’ont pas su profiter de leur supériorité numérique en première période ni concrétiser leur domination sans partage dans les dernières minutes. "On n’est pas à nos niveaux, pas consistants, analysait Adrien Seguret. […] On n’arrive pas à conserver la balle, on fait trop d’erreurs, on prend trop de pénalités. On est bridés. Je ne sais pas ce qu’il faut faire. Il faut continuer à y croire et essayer de trouver des solutions par le jeu mais… Encore une fois, on a la balle de match, c’est cruel, on fait en-avant dans l’en-but. C’est très dur." Les Grenoblois doivent profiter de la trêve pour essayer de se ressourcer alors qu’un déplacement périlleux les attend à Oyonnax pour la reprise du championnat le 7 janvier, puis, huit jours plus tard, déjà, des retrouvailles capitales avec Soyaux.

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