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Clarkin : "Je sens un groupe plus serein"

Clarkin : "Je sens un groupe plus serein"

Le 23/10/2019 à 16:13Mis à jour Le 23/10/2019 à 16:36

PRO D2 - Après huit matchs de championnat, Biarritz pointe à la cinquième place de Pro D2. On a profité de cette semaine de trêve pour en parler avec Matthew Clarkin, le directeur sportif du BO, qui nous a également livré son ressenti sur le nouveau staff, les axes de progression de son équipe, ou l’arrivée de Steffon Armitage…

Rugbyrama : Quel bilan faites-vous de ces deux premiers blocs, alors que nous sommes presque au tiers du championnat ?

Matthew Clarkin : Un bilan plus que positif. Comptablement, au niveau des objectifs sur le classement, nous sommes bien dedans, donc j’en suis très content. Sur l’état d’esprit du groupe et la progression, c’est pareil. Nous sommes sur le bon chemin. J’en suis ravi.

Quelles satisfactions voyez-vous dans votre jeu ?

M.C : La volonté de jouer, déjà. Nous avons une réelle envie de mettre de la vitesse, de faire vivre le ballon, d’exploiter les munitions en contre-attaque, de donner un tempo à notre jeu. Il y a toujours des progrès à faire, mais au niveau de l’investissement et de l’application, c’est très intéressant. Je pense qu’il y a une certaine confiance, maintenant, dans notre capacité à jouer, à rivaliser, à gagner les matchs. Ça s’est vu contre Béziers.

Nous avons eu des difficultés en première mi-temps, qui étaient peut-être liées au fait que nous avions un joueur de vingt ans qui annonçait les touches et un autre du même âge qui les lançait. Par le passé, nous aurions paniqué ou douté. Face à Béziers, ils ont su trouver la recette collectivement pour inverser la situation. Le fait qu’ils l’aient trouvée en jouant m’a beaucoup plu. Je sens un groupe plus serein.

À quel ratio tourne l’équipe, à vos yeux ?

M.C : Honnêtement, je pense que nous sommes entre 60 et 70 % de nos capacités. La marge de progression est large, mais elle ne viendra pas comme ça ! Ça ne demandera pas plus de travail, parce qu’on ne peut pas. Il faut juste que chacun s’applique au maximum et au fil des semaines, on voit qu’une compréhension entre les joueurs et le staff se renforce. C’est ce qui me plaît le plus.

Êtes-vous d’accord que Biarritz est, par moment, une équipe à réaction ?

M.C : Oui, tout à fait. C’est une chose sur laquelle nous travaillons énormément pour éviter de se trouver moins souvent dans la position de l’équipe qui doit réagir par rapport à ce que nous propose la formation d’en face. Nous avons un groupe avec assez de qualité pour prendre les matchs en main et imposer, dès le début, notre tempo, notre jeu, afin de prendre le score et gérer la partie comme on le souhaite.

Roger Ripoll (Biarritz) dans le staff de Matthew Clarkin

Roger Ripoll (Biarritz) dans le staff de Matthew ClarkinIcon Sport

Votre conquête a affiché de nets progrès cette année. Comment les expliquez-vous ?

M.C : J’ai voulu couper les secteurs et je suis allé chercher Shaun Sowerby, qui a de véritables compétences en touche. En tant qu’ancien spécialiste dans ce domaine, il a une vraie analyse. Ce n’est pas du hasard ni une recette magique. On travaille mieux et je pense que les joueurs sont plus impliqués dans la mise en place de tout ce qu’on fait. Puis cette année, nous avons balancé à fond Roger Ripoll dans le secteur de la mêlée, là où on sait qu’il est très compétent.

Je sens, maintenant, qu’il y a une identité et des repères collectifs dans ce domaine. Individuellement et collectivement, je sens les joueurs plus sereins et en mêlée, il y a beaucoup plus de confiance dans notre capacité à rivaliser ou à dominer l’adversaire. Nous avons recruté des garçons pour être plus dans la vitesse que dans l’affrontement physique, donc si nous voulons jouer même pendant les longs mois d’hiver, il faudra absolument que la conquête soit propre.

Vous semblez satisfait du nouveau staff.

M.C : J’en suis ravi. La transition n'était pas évidente. J’ai pris l’option de complètement le remanier à l’intersaison et ce n’est pas parce que les personnes déjà en place n’étaient pas compétentes. Après les deux années compliquées que l’équipe a vécues, le changement était nécessaire pour repartir sur quelque chose de complètement différent. Même si l’arrivée de nouveaux entraîneurs était prévue, il y avait la contrainte de trouver les personnes qui correspondent à la volonté du club, à la façon dont on veut jouer, à l’état d’esprit…

Il y avait aussi l’aspect budgétaire à prendre en compte puisque nous n’avons pas baissé uniquement la masse salariale des joueurs, mais celle du staff aussi. Nous avons également réorganisé tous les secteurs. Quand tu fais ça, tu as toujours un risque.

Barnabe Couilloud (Biarritz) contre Valence-Romans

Barnabe Couilloud (Biarritz) contre Valence-RomansIcon Sport

Donc ?

M.C : J’ai eu énormément de chance de tomber sur deux entraîneurs disponibles avec qui ça a matché tout de suite. Mais le plus important est que ces deux personnes, qui ne se connaissaient pas avant, ont trouvé une complémentarité. Ça s’est fait très vite et c’est peut-être lié au fait que je les ai mis en colocation dans une petite maison située dans la campagne basque, sans Internet, sans famille, ni rien pendant six semaines (rires).

Leur cohabitation a accéléré la relation qu’ils peuvent avoir aujourd’hui. Nicolas Nadau et Shaun Sowbery se sont complètement fondus dans l’organisation du club où il y a un vrai projet transversal. Ils sont à fond dans le projet, ils font jouer les jeunes. Nous alignons une moyenne de six joueurs du centre de formation par feuille de match.

Attendez-vous des retours pour la reprise ?

M.C : L’arrivée de notre joker médical, Evan Olmstead, est prévue d’ici quinze jours. Nous allons sûrement récupérer Jarrod Poi, Kalivati Tawake et Jean-Baptiste Singer. François Vergnaud, après un début de saison très convaincant, s’était fracturé le scaphoïde. Il devrait revenir d’ici deux semaines. Nous allons récupérer James Hart et Dave O’Callaghan, sortis sur protocole commotion dès la semaine prochaine. Romain Lonca suit sa progression. Nous ne comptons pas trop sur lui cette année, parce que sa situation est compliquée, mais pour l’instant, ça se passe terriblement bien. Nous avons eu confirmation, ces derniers temps, que si tout va bien, il sera opérationnel en fin de saison ou au début de la suivante.

Steffon Armitage (Toulon) face à Biarritz

Steffon Armitage (Toulon) face à BiarritzIcon Sport

Quid de Steffon Armitage ? Comment s’est déroulée son arrivée ?

M.C : Il est apte. Il a failli faire sa première feuille de match plus vite que prévu. J’ai commencé à regarder, sur le marché, s’il y avait des joueurs à prêter dans les clubs puis on m’a proposé Steffon Armitage, qui n’avait pas d’équipe et qui était un peu revanchard. Il a fini à Pau dans un contexte qui n’était pas tout à fait favorable. Il ne voulait pas s’arrêter sur ça. Il était disponible et en forme parce qu’il préparait un triathlon.

Je cherchais si possible un JIFF, confirmé - parce que nous avons beaucoup de jeunes troisièmes lignes, mais ils manquent un peu d’expérience - et éventuellement polyvalent. Steffon remplit tous ces critères. Nous sommes en train d’essayer de changer la culture du club, nous voulons retrouver un environnement de performance. Steffon a joué dans des équipes qui savaient gagner des gros matchs et des titres. Ce n’est pas anodin, donc nous sommes très contents d’avoir pu trouver un accord assez rapidement.

Vous attaquerez le prochain bloc par deux déplacements. Le match gagné à Valence, il y a dix jours, peut-il être le déclic tant attendu ?

M.C : On l’espère ! À chaque fois, on dit la même chose. L’année dernière, on a gagné des matchs à l’extérieur mais on se trouait derrière, à domicile, à cause d’un relâchement ou par manque de maîtrise de la situation. Maintenant, nous avons pu gagner à l’extérieur, confirmer à la maison et là, on se déplace deux fois d’affilée. Il faut qu’on prépare ce match à Carcassonne sérieusement, avec la confiance qu’on a pu acquérir. Après, ça ne sera pas évident, parce que “Carca” tourne très bien en ce moment.

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