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Da Ros : "J’ai renoncé à la retraite pour cette saison au BO"

Da Ros : "J’ai renoncé à la retraite pour cette saison au BO"

Le 10/09/2020 à 09:25Mis à jour Le 10/09/2020 à 10:25

PRO D2 - À bientôt 37 ans, François Da Ros a fait le choix de relever un dernier défi avant de ranger les crampons, en signant à Biarritz. L’ancien talonneur de Brive espère voir sa nouvelle formation jouer les premiers rôles dans ce championnat. Et lui ? Il compte bien apporter son expérience et amener de la joie de vivre dans le groupe.

Rugbyrama : Pourquoi avoir choisi de rejoindre le BO à l'intersaison ?

François Da Ros : Il y a deux raisons. La première, c’est que je revenais vivre dans la région pour l’après-carrière. La seconde, c’est qu’en décembre dernier, le Biarritz Olympique a souhaité me rencontrer. J’y suis allé sans l’intention de faire quoi que ce soit.

Et donc ?

Ils m’ont vendu un projet très, très intéressant. Voilà pourquoi j’ai renoncé à la retraite pour cette saison au BO. Ce dernier challenge intéressant, au niveau sportif, m’a vraiment attiré. Je comptais arrêter, je l’avais dit. Avec ma famille, nous rentrions dans le sud des Landes, c’était un projet de vie personnel. Mais l’opportunité du BO s’est présentée et ils m’ont bien vendu le projet.

Vous n’aviez donc vraiment pas envie de raccrocher les crampons…

Quand j’ai eu la proposition, dans ma tête, j’arrêtais. J’allais au BO pour voir où ils en étaient, mais sans aucune conviction. Au final, ils ont réussi à m’accrocher mentalement et à me redonner envie de continuer le rugby.

Que vous ont-ils dit ?

Ce qui m’a le plus plu, c’est le projet du groupe. Ils ont une équipe jeune avec de grosses individualités. Ils avaient envie d’un mec comme moi, plus ancien, qui resserre les types. Ils m’ont aussi vendu le gros projet qu’il y a sur Aguiléra et je voulais faire partie de cette aventure. Tout ça, c’était avant qu’ils se déplacent à Perpignan, en décembre 2019. Ça faisait au moins deux ou trois ans que je ne regardais plus trop de rencontres à la télé, mais j’ai vu celle-ci et j’ai découvert une équipe combative, jeune, folle, avec plein d’envie. Sur la suivante face à Grenoble, le BO avait fait un gros match. Au final, je me suis rendu compte qu’il fallait que j’en fasse partie.

L'intersaison fut longue, avec la Covid 19. Comment la gère-t-on à 36 ans ?

J’étais en arrêt de travail avec Brive, parce que je m’étais blessé à l’épaule avant le Covid. Nous avions quand même des crosstraining en Zoom ou plein de choses comme ça. Je les ai suivis pendant trois semaines et au bout d’un moment, j’étais en train de m’écoeurer du rugby, du sport et j’ai dit que j’arrêtais. J’ai alors coupé, j’ai profité de ma famille. Nous nous sommes baladés autour de chez nous, comme nous ne pouvions pas trop bouger et j’ai commencé à préparer le déménagement avec ma femme. En arrivant à Biarritz, j’ai fait mon suivi d’épaule, j’ai recommencé à courir pour la rééduquer avant d’attaquer.

Aujourd’hui, comment vous sentez-vous physiquement ?

Bien ! Je ne traîne pas trop la patte, malgré mes 36 ans. Je pense que ce repos m’a été bénéfique, même si j’aurais préféré finir d’une autre façon à Brive. Mentalement, ça m’a ressourcé, ça m’a permis de me recentrer sur les choses simples de la vie.

Quelles sont vos ambitions avec le BO ?

J’ai la même ambition que le club. Je veux participer à l’aventure du BO et pousser les jeunes. J’ai envie de leur montrer qu’ils ont une chance énorme d’être rugbyman professionnel. Même si des fois, c’est difficile, même si c’est un milieu où on ne te rate pas, c’est magique d’être sur le terrain. Je souhaite profiter à fond de cette dernière saison pour me régaler et aller le plus loin possible.

Ce sera donc votre dernière saison ?

J’ai signé une année, plus une autre en option. Je vais sur mes 37 ans à la fin du mois. On verra comment je me sens, si le club et moi avons envie de continuer. Pour l’instant, la question ne se pose pas. Je me régale et je profite de l’instant présent.

On suppose que vous ne venez pas uniquement pour apporter de l'expérience ? Que voulez-vous amener d’autre ?

Je ne sais pas… La joie de vivre, peut-être ? Je fais de mon mieux pour que le groupe soit soudé, pour qu’il y ait une euphorie dans le club. Ça m’importe beaucoup. Une histoire d’hommes, quoi.

Vous allez partager le poste avec deux jeunes talonneurs. Allez-vous essayer de les bouger, ou ce sont eux qui vous bougent ?

Je pense qu’ils me bougent plus que je ne les bouge. Ces deux gars sont super. Ils ont des ambitions, ils veulent avancer. Je leur souhaite le meilleur. Après, je ne suis pas venu en touriste, ni en retraité. Je vais les pousser au cul pour qu’ils avancent encore plus. C’est ma façon de fonctionner.

Quel regard portez-vous sur Romain Ruffenach et Lucas Peyresblanques ?

Ils ont deux profils assez différents. “Ruff” est beaucoup plus expérimenté. Il a joué à Montpellier, il connaît les secteurs de la mêlée et de la touche. Il n’y a rien à lui apprendre là-dessus. Lucas, c’est un athlète ! C’est le talonneur moderne. Il a peut-être un peu plus besoin, sur les bases que sont la mêlée et la touche, de prendre confiance et conscience de son potentiel. Les deux sont adorables. Ils vivent pour le groupe, ils ont envie de vivre une aventure. C’est ce qui compte le plus.

Avez-vous un rôle de Papa dans la vie de groupe ?

Un peu, mais le papa du club, c’est surtout Steffon Armitage. C’est le guide. Il a beaucoup plus d’expérience que moi. Je suis plus là pour l’épauler que jouer le rôle de Papa.

Vous êtes le plus vieux de l'effectif. Vos jeunes coéquipiers vous chambrent-ils ?

Oui, souvent et c’est normal. Mais moi aussi, je les chambre, je ne les rate pas.

C'est votre troisième saison en Pro D2. Quel regard portez-vous sur l’évolution de ce championnat ?

Depuis trois ou quatre saisons, le Pro D2 est beaucoup plus audiovisuel. Du coup, on voit vraiment les équipes évoluer. Les ambitions de chaque club, au niveau du jeu, sont en train de changer. C’est un peu moins “chacailleur”, mais le Pro D2 nous offre du rugby à la Française, un peu comme en Fédérale 1. Il reste plus de valeurs qu’en Top 14 où seule la performance prévaut. C’est ce qui me plaît aussi.

Vous avez connu deux montées avec Brive. Le BO a-t’il un effectif taillé pour accrocher une accession en Top 14 ?

Je pense que n’importe quelle équipe peut monter. Maintenant, c’est vrai que le recrutement au BO avec Speight, Saili et tous les autres permet de voir qu’on a un beau potentiel. Après, il n’y a pas que l’effectif qui permet de monter. On le sait tous, il faut que la mayonnaise prenne, mais ce serait génial.

Selon vous, quelle est la clé d'une montée ?

Pour moi, il faut un groupe soudé et travailleur. On doit s’aider les uns les autres. Ce n’est pas une individualité qui va faire tout le reste.

Vous avez connu deux montées, mais jamais de titre. C'est quelque chose qui vous manque ?

Évidemment. Un titre dans le monde professionnel, ça reste ancré. Je n’ai joué que des maintiens et des montées, mais c’est déjà pas mal. Je ne suis pas à plaindre. On verra à la fin de l’année, mais ce serait top, oui.

À quoi allez-vous vous attendre, dimanche, face à Montauban ?

Montauban, a connu un gros turn-over cette année, même s’ils ont gardé un noyau dur. Je m’attends à une équipe très rugueuse, avec un gros combat. Le match sera engagé. On sait où on va, on sait que ce sera très dur à Sapiac.

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