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Bisman : "L'intersaison agitée ne doit pas nous servir d'excuses"

Bisman : "L'intersaison agitée ne doit pas nous servir d'excuses"
Par Rugbyrama

Le 18/09/2020 à 09:23Mis à jour Le 18/09/2020 à 11:50

PRO D2 - De retour dans son club formateur depuis la saison dernière, Thibaut Bisman aborde la situation actuelle de l'ASBH. Si sportivement, le club Héraultais cède déjà du terrain, le demi de mêlée se montre confiant sur la réaction à venir en écartant la moindre circonstance atténuante. Explications.

Thibaut, quelle est votre perception globale après cette deuxième défaite consécutive, face à Soyaux-Angoulême (24-28), au Stade Raoul-Barrière samedi dernier ?

Thibaut Bisman : Il est évident que mon premier ressenti fut la déception, car à la maison nous avions à coeur de nous racheter auprès de notre public et nos familles suite à la défaite à Mont-de-Marsan lors de la première journée. On râle un peu, car on s'aperçoit qu'au pied du mur à 14 contre 15, on parvient à se créer des situations que nous n'avions pas su mettre en place dans le premier acte. Maintenant c'est clair, il va falloir se mettre en quête de points partout afin d'effacer ce revers à domicile.

Qu'est qui n'a pas fonctionné durant ce duel face aux Charentais ?

T.B : On a peut-être pas pris le match par le bon bout, le constat également que nous avons été très indisciplinés, ce qui nous coûte le match. L'essai de Soyaux-Angoulême, c'est sur un contre, un fait de jeu, il n'y rien de construit c'est comme çà. Mais il y avait un buteur de la trempe de Dorian Jones en face, la moindre erreur était punie irrémédiablement. Après je n'aurai pas la prétention de dire ce qu'il nous manque ou pas dans le contenu, réglons déjà quelques détails et on verra bien par la suite.

Tout de même assez paradoxal d'être plus pertinent en infériorité numérique ?

T.B : On revenait déjà dans la partie avant l'expulsion définitive (carton rouge de Jarrod Poï à la 60 ème). On parvenait à installer un meilleur rythme, on gagnait un peu plus la ligne d'avantage. C'est ce qui m'a plu quand même, car à 12-26 à ce moment de la partie, malgré des difficultés dans le jeu au sol, on aurait pu définitivement douter. La solidarité était là, on est resté sur un jeu assez simple, plus direct et collectivement on a posé plus de soucis aux visiteurs pour échouer de peu au tableau d'affichage.

Tristan Tedder et Robert Ebersohn, en têtes de gondoles, sont venus renforcer l'équipe durant le mercato, des garçons qui peuvent hisser le club sur le court terme ?

T.B : Oui c'est vrai mais il n'y a pas que Tristan et Robert, n'oublions pas Clément Bitz, John Madigan et bien d'autres. Après c'est clair qu'ils connaissent le haut niveau et ils l'ont vécu à l'étage supérieur, donc nul doute qu'ils nous apporteront une valeur ajoutée très rapidement. Tristan Tedder a démontré à chaque rencontre qu'il avait un joli avenir. Sur les prises d'initiatives, il apporte des solutions et on compte sur ces renforts pour améliorer notre jeu.

Parlons de la concurrence à votre poste, où vous faites figure de joueur le plus expérimenté auprès de Tomy Munilla et Jean-Victor Goillot ?

T.B : Cela se passe très bien, c'est deux gamins très respectueux, très bosseurs. Honnêtement c'est agréable d'être avec eux au quotidien, même si on est tous des compétiteurs pour la place de titulaire. Après j'essaye des les aider le mieux possible, en toute humilité, sur ce que je maîtrise, ensuite il y a d'autres points où ils sont bien meilleurs que moi. Ils apportent leur insouciance, et en conservant cet état d'esprit ils parviendront sans doutes à leurs objectifs.

Personnellement, vous étiez revenu à votre meilleur niveau juste avant l'arrêt de la compétition imposée par la situation sanitaire ?

T.B : Je n'ai aucun regret et je ne regarde pas derrière moi. On verra bien durant cette reprise du championnat si je garde cette même intensité qu'à cette époque. En tout cas je me le souhaite. Ma première victoire, c'est d'avoir retrouvé toute la mobilité de mon coude après une vilaine blessure à Oyonnax. Maintenant je me sens en forme, prêt à aider mes coéquipiers, le championnat est un marathon et nous aurons besoin de toutes les forces vives au club.

Votre regard sur le championnat qui se densifie d'années en années, quel rôle peut jouer l'ASBH ?

T.B : Aujourd'hui je n'ai pas envie d'évoquer les objectifs que ce soit le maintien, le ventre mou ou une qualification pour les phases finales. Nous sommes uniquement à la deuxième journée du championnat. Je peux juste dire que Béziers doit retrouver son caractère qu'on a exposé les saisons précédentes. Soyons réguliers sur toute une rencontre et non par intermittence comme face à Soyaux-Angoulême. Après on peut compter sur Béziers pour ne rien lâcher, vivre une belle saison et prendre du plaisir. Je ne sais pas où cela nous mènera mais ça serait véritablement présomptueux d'annoncer quoi que ce soit actuellement.

Pro D2 - Thibaut Bisman (Béziers) contre Perpignan

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Côté nouveauté, Éloi Massot a hérité du brassard de capitaine. Un choix du vestiaire ?

T.B : C'est un choix des entraîneurs, je pense qu'Éloi est légitime de part son tempérament, il travaille dur. Il est exemplaire sur la connaissance du système de jeu, les annonces et certains détails précieux. ll avait toute sa place pour être le capitaine, pour ma part je suis très heureux pour lui, ça fait une paire de saisons qu'on évolue ensemble. Cela convient à tout le monde et je suis sûr que tout le vestiaire l'admet. Éloi est respecté, c'est un joueur qui abat un boulot phénoménal dans l'ombre, un capitaine n'est pas forcément celui qui est le plus en lumière à mes yeux.

Revenons sur le contexte actuel, le Stade Raoul-Barrière sonnait creux samedi soir ?

T.B : Entre cette crise sanitaire et l'été que nous avons vécu où beaucoup de gens furent vexés, effectivement il n'y avait pas foule, c'est vrai. Ce qui s'est passé à l'intersaison, je n'ai plus trop envie qu'on en parle. Je ne veux pas nous trouver d'éventuelles excuses. Il y a les amoureux du club et nous les joueurs. J'ai envie de dire qu'on sera là pour défendre nos couleurs. Il y a parfois des rêves improbables. De mon côté, je n'en veux à personne. Je demande juste d'être loyal envers le groupe, c'est ainsi que le club va perdurer. C'est grâce à leur soutien qu'on parviendra à nouveau à faire vibrer ce stade. On connaît notre part de boulot à effectuer sur le terrain, on souhaite le retour des supporters pour nous aider et se viander encore plus si je peux m'exprimer ainsi.

Philippe Escalle disparu soudainement, un homme qui aura marqué l'histoire de l'ASBH en tant que capitaine ?

T.B : Je pense que c'est un grand deuil pour le rugby français. Quand j'ai l'image de Philippe en tête, il me revient des souvenirs d'un homme féroce, d'un joueur déterminé et plein d'abnégation. Je suis triste pour sa famille, donc je m'adresse à eux et à ses proches et je leur souhaite beaucoup de courage. La famille du rugby, elle est grande, et s'il faut les soutenir, nous serons présents. On pensera à Philippe à chaque fois que nous aurons un état d'esprit conquérant, comme il le faisait sur les terrains avec application.

La suite du programme s'annonce épique, un déplacement à Biarritz et la réception de Grenoble ?

T.B : Le calendrier ne nous épargne pas dans ce premier bloc. Biarritz est un prétendant à la qualification, ils ne peuvent pas se cacher. La couleur est annoncée sur ce qu'on a pu observer. C'est pareil pour Grenoble qu'on ne présente plus. Mais j'ai envie de dire que dans le rugby, il peut s'en passer des choses. Béziers a connu des moments plus délicats, mais c'est dans l'adversité qu'on pourra s'unir. Je repense à l'essai sur ballon porté samedi dernier, où presque toute l'équipe a poussé pour aller à l'essai. C'était un joli message et on verra bien si nous sommes prêts à voyager dans nos têtes pour récupérer les points perdus.

Rémy RUGIERO.

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