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Arlettaz : "Si nous ne faisons pas les efforts à Nevers, on se fera punir"

Arlettaz : "Si nous ne faisons pas les efforts à Nevers, on se fera punir"

Le 13/10/2020 à 18:49

PRO D2 - Malgré une série convaincante de quatre victoires consécutives, Patrick Arlettaz a prévenu ses troupes. À Nevers jeudi soir, l’Usap devra s’employer pour glaner un deuxième succès de la saison à l’extérieur.

Patrick, l’Usap va disputer son cinquième match en cinq semaines. Comment gérer cet enchaînement ? Faut-il gérer l’effectif ?

C’est agréable, c’est ce qu’on voulait et on ne va pas se plaindre. Nous voulons du rythme. Après, il y a forcément une gestion à faire, et en même temps, c’est difficile avec toutes les incertitudes actuelles. Pourquoi gérer le déplacement à Nevers alors qu’on ne sait pas si l’on va jouer Montauban ? Je pense à Christophe Urios notamment. Une belle sortie médiatique, une semaine difficile, des entraînements de jobards… et puis deux jours avant, on leur dit qu’ils ne joueront pas Clermont et qu’il faut recommencer tout ça la semaine suivante. C’est quand même la réalité de notre championnat et du rugby français à l’heure actuelle. Nous concernant, oui on enchaîne les matches, ce sera le cinquième d’affilé. Il y a une question à se poser autour de la gestion de l’effectif, mais on ne peut pas trop se projeter. La situation actuelle ne nous permet pas d’éviter le « match après match ».

Quelles sont vos ambitions pour ce déplacement ?

On va à Nevers pour batailler. Si l’Usap fait le même match que contre Grenoble, je pense que ça ne suffira pas. Il faudra ce que l’on a aperçu face à Grenoble, de la conquête, de l’engagement, de la conservation, être bons sur les rucks en défense. Mais il faudra davantage. Plus de pragmatisme près des lignes notamment. Nevers va nous poser d’autres problèmes. C’est une équipe en place, qui produit du jeu.

" On n’est pas totalement satisfaits de notre dernière prestation"

C’est un match à l’extérieur, il intervient après quatre victoires consécutives. Peut-il y avoir un risque de décompression ?

Je ne sais pas… Ce n’était pas terrible samedi dernier. On a gagné mais ne nous sommes pas sortis sous les ovations. On n’est pas totalement satisfaits de notre dernière prestation. Pas seulement moi, les joueurs eux-même n’étaient pas satisfaits. Bien sûr, on était content de ces quatre points et que le FCG n’en prenne aucun, d’avoir fait le job. Mais nous n’étions pas pleinement convaincus par cette prestation. Ça aurait mérité plus, ça aurait mérité mieux. Oui, c’est une série de quatre victoires, il faut en faire pour jouer le haut de tableau. C’est nécessaire. Mais de la décompression, c’est souvent après un match abouti, un match référence. Là, ce ne fut pas le cas. Si on pense aujourd’hui que nous sommes arrivés, on se trompe vraiment. On a l’essentiel pour gagner une rencontre, on l’a vu samedi, mais je crains que ce ne soit pas suffisant pour remporter des matchs très importants comme celui de Nevers.

Sur les deux derniers matchs, Perpignan a marqué cinq essais par du jeu au pied. Est-ce une nouvelle corde à votre palette offensive ?

On ne fait plus que ça maintenant (rires). Plus sérieusement, face à Grenoble le premier essai, pour moi ce n’est pas du jeu au pied. Ce n’est pas une chandelle, de l’occupation, etc… Cette combinaison, avec cette passe au pied en diagonale, on la faisait par le passé. Il y a trois ans en finale de Pro D2, le premier essai que l’on marque, c’est sur du jeu au pied par exemple. Mais c’est vrai que depuis le début de la saison, c’est une arme que l’on utilise un petit peu plus. Parfois un peu trop, comme face à Grenoble.

C’est-à-dire ?

Je ne parle pas de la passe de Volavola pour Pujol, qui est très bien faite et qui intervient après une belle construction. Mais sur cette action par exemple, il y a aussi le jeu au pied de George Tilsley qui rebondit dans les bras de Julien Farnoux. Un coup de bol on va dire. Celui-ci, par, il n’a pas lieu d’être. Il a juste à faire une passe à Julien, le décalage il est déjà fait. C’est ça que je n’aime pas trop. À l’inverse, le coup de pompe de quatre-vingts mètres de Melvyn Jaminet en seconde période il est très bien fait, il n’y a rien à dire. On essaie de greffer ça à notre jeu. On essaie de multiplier les armes et les cordes que l’on peut avoir. Ça va mettre un peu de temps pour savoir lesquels utiliser, et quand. C’est toujours pareil, quand on multiplie les choix, on a plus de chance de se tromper. Sur le jeu au pied, on se trompe encore trop souvent à mon goût quand même. Ça va venir. Peut-être pas à Nevers, car ce sera un autre match. Il va pleuvoir, ce sera fatalement autre chose.

Un match comme à Carcassonne par exemple ?

Oui je pense, avec beaucoup de jeu devant. On fait de la conservation une priorité, mais elle sera encore plus importante jeudi. De la conservation, de la lucidité dans les zones de marques et lors de nos occasions, puis de la défense et de la conquête. C’est sûr qu’avec la même conquête qu’à Carcassonne, nous n’allons pas gagner à Nevers. Je vous le dis de suite. Mais nous avons fait des progrès dans ce secteur. Et c’est quelque chose qui sera nécessaire jeudi à Nevers, nous le savons. Tous les matchs sont différents, et on sait pertinemment que cette prochaine rencontre ne va pas se dérouler comme face à Grenoble.

" Depuis trois ans, il y a beaucoup de formations qui peinent à Nevers. On en fait partie"

Est-ce que cela peut vous amener à utiliser six avants sur le banc, un choix tactique privilégié depuis plusieurs rencontres désormais ?

C’est possible oui. Je n’aimais pas du tout ça. En quatre ans, je n’avais pas beaucoup utilisé cette option. C’est bien, c’est une option finalement, avec Matteo Rodor qui peut couvrir les postes de 9 et 10 sur le banc. Je ne dis pas que l’on va faire ça à tous les matchs, mais c’est intéressant en effet. En hiver, avec des terrains gras, ce n’est pas plus mal. Et puis ça dépend de l’effectif que l’on a, nos forces vives disponibles. Contre Grenoble, on a vu ce que cela apporté. Les avants se donnent beaucoup. Et puis cela nous permet d’avoir des profils différents et riches. Faire rentrer Alan (Brazo) à la place de Damien (Chouly), faire rentrer un porteur de balle comme Shahn (Eru) quand Gino (Mamea Lemalu) est un peu fatigué, Tristan (Labouteley) qui a beaucoup d’activité, etc… On essaie d’être les plus complets possible, et cette option de six avants à Perpignan nous permet de multiplier cette caractéristique.

Pour résumer, le rugby d’hiver commence jeudi pour l’Usap…

Oui c’est ça. À Carcassonne c’était pas mal quand même, on a eu un avant-goût de ce que l’on appelle le rugby d’hiver. Et c’est ce que l’on nous promet jeudi à Nevers, d’après la météo.

L’Usap n’a pas de grands souvenirs à Nevers. Pourquoi ?

Il y a plusieurs raisons. Les saisons précédentes, ce fut un déplacement coincé au milieu d’un bloc, on avait fait tourner et on est passé à travers. Et puis il y a aussi la qualité de cette équipe. Depuis trois ans, il y a beaucoup de formations qui peinent à Nevers. On en fait partie. Sur les résultats, sur les blessures qu’on a connues là-bas. Il y a trois saisons, ce fut un très mauvais souvenir avec la blessure aux cervicales de Quentin Walcker, la fracture tibia-péroné de Christophe André, la commotion de Paul Marty, le carton rouge de Seilala Lam. Pour le coup, c’était très difficile, sur tout. De toute façon, si jeudi nous ne faisons pas les efforts, on se fera punir. Nevers est vraiment une belle équipe.

Un petit mot pour finir sur Davit Kubriashvili, qui vous a rejoint la semaine dernière. Comment se passe son intégration ?

Il parle très bien Français et c’est une très bonne chose. Il est très professionnel, chirurgical dans ce qu’il fait. C’est agréable. Il est impliqué. Il ne connaît pas tout encore sur notre jeu, notre effectif, mais c’est normal. Il faut qu’il enchaîne les matches et les performances. Il a fait une bonne entrée en jeu contre Grenoble, pour un mec qui était arrivé quelques jours avant. Je le trouve bon.

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