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Spitzer : "J'entraînais la mêlée en laissant le moteur de ma Kangoo tourner avec les phares"

Spitzer : "J'entraînais la mêlée en laissant le moteur de ma Kangoo tourner avec les phares"
Par Arnaud Beurdeley via Midi Olympique

Le 13/05/2019 à 11:52Mis à jour Le 13/05/2019 à 11:54

PRO D2 - Personnage clé de la réussite du rugby vannetais depuis plus de dix ans, le manager Jean-Noël Spitzer a savouré (un peu) la performance de ses joueurs dimanche face à Mont-de-Marsan. Mais en compétiteur, il avait déjà la tête à Brive. Et même à la saison prochaine...

Rugbyrama : Vous attendiez-vous à une telle performance de la part de votre équipe ?

Jean-Noël Spitzer : Non, pas du tout, c'est une performance qui m'a surpris. Je n'avais pas du tout imaginé un tel scénario en prenant l'avantage au score, en menant largement à la mi-temps. Nous avons eu la possession, la domination du jeu global et nos essais ont été construit, contrairement à la semaine précédente où nos essais étaient la conséquence de faits de jeu. Je suis vraiment heureux de la performance des joueurs, un peu moins en conquête, mais ça n'a pas pesé dans le résultat. Globalement, c'est une performance aboutie.

Vous aviez été déçu de votre match une semaine plus tôt contre cette même équipe de Mont-de-Marsan. Qu'est ce qui a changé ?

J.N.S. : C'est vrai que la semaine dernière nous n'avions pas produit grand chose. Nous n'avions pas eu la possession, nos lancement n'avaient pas été très bons et avions subi les impacts défensifs des Montois. Aujourd'hui (dimanche), nous avons eu la possession et avons su maintenir l'avancée avec des connexions proches des porteurs de balle et de la continuité grâce à du jeu debout. Nous avions mis en place une petite variation tactique sur notre jeu offensif, ce qui nous a réussi car ça nous a permis d'inscrire le premier essai de la rencontre.

Votre troisième ligne Kamikamica vous a constamment permis de jouer dans l'avancée...

J.N.S. : (il coupe) C'est un futur top joueur. C'est quelqu'un qui a énormément progressé depuis son arrivée. Il s'est densifié physiquement, est désormais capable de répéter les actions. Il joue pour l'équipe alors qu'en début de saison il n'était pas toujours au service du collectif. C'est un joueur qui va être bon en Top 14 si Brive monte. Je pense même que c'est un joueur qui peut prétendre aller plus haut. Je ne sais pas quelle sera la sélection qu'il choisira (ndrl : il peut prétendre à l'équipe de France). Mais je lui ai dit qu'il avait les moyens de finir en équipe de France.

Est-ce frustrant de savoir que vous allez perdre un tel joueur ou valorisant de l'avoir amené à ce niveau ?

J.N.S. : Les deux ! Vous savez, on perd aussi Anthony Bouthier. Ce n'est pas anodin. On perd deux top-joueurs, JIFF de surcroît. On sait l'impact que cela peut avoir sur un club comme le notre, dont le standing est le milieu de tableau. A nous de combler ce vide par le recrutement, par la formation. Et il faudra qu'on bosse.

Avec une telle performance, pensez-vous créer de l'inquiétude chez les Brivistes, vos adversaires en demi-finale ?

J.N.S. : Je me souviens qu'on a pris 62 points à Brive cette saison. J'imagine qu'ils s'en souviennent aussi. Le pire, c'est que nous n'avions pas lâché le match. C'est juste qu'ils avaient été meilleurs que nous. Le moindre ballon perdu avait été bonifiés par les Brivistes. C'est un écueil important pour nous, nos chances sont minimes, mais ne sont pas réduites à zéro. On va y aller dans l'espoir de maximiser nos petites chances.

Pensez-vous avoir laissé beaucoup d'énergie dans cette rencontre ?

J.N.S. : Non car si Mont-de-Marsan est une équipe très dense, qui marque durement sur les impacts, c'est nous qui avons eu beaucoup la possession. Lors de la dernière journée de la phase régulière, nous avions eu des séquences de défense très longues dans nos 22 mètres. Aujourd'hui, il y en a eu très peu. On a donc laissé moins d'énergie que le week-end précédent.

Une semaine de récupération en moins par rapport à Brive, est-ce un handicap ?

J.N.S. : Oui, mais Brive a mérité sa semaine de récupération supplémentaire. Ils ont terminé premier de la phase régulière. Mais vous dire que j'échangerai notre place avec la leur, c'est non. Je suis content d'aller à Brive...

Brive vous a battu deux fois cette saison. Cela peut-il compter ?

J.N.S. : Non, au contraire, ça nous retire de la pression. Peut-être que cela fera jamais deux sans trois, mais peut-être que nous ferons mentir le proverbe...

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03:48

Votre performance est-elle une avancée supplémentaire dans le cadre du développement du rugby en Bretagne ?

J.N.S. : La réponse, nous l'aurons l'année prochaine. L'avancée la plus significative serait que nous ayons plus licenciés. Peut-être plus de partenaires économiques pour le club. Peut-être serons-nous en tout cas regardés un peu différemment.

Ne pensez-vous pas avoir marqué les esprits ?

J.N.S. : On verra ça l'année prochaine... (sourire).

Vous êtes quelqu'un de discret. Racontez-nous quand même un peu l'émotion ressentie à la fin du match ?

J.N.S. : C'est vraiment chouette. Je rappelle souvent qu'il y a 20 ans, nous étions en honneur. Ici, c'est une petite ville, il n'y a pas de mécène. Je me souviens que lors de mes premières années de Fédérale 1, j'entraînais la mêlée en laissant le moteur de ma Kangoo tourner avec les phares de la voiture car je n'avais pas d'espace éclairé pour travailler ce secteur de jeu. C'était il y a dix ans, ce n'est pas si loin.

Vous avez changé de voiture ?

J.N.S. : Oui, mais elle n'est pas vraiment mieux ! J'ai surtout changé de batterie.

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