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Etcheto : "Je ne veux pas qu’on salisse ces quatre années passées"

Etcheto : "Je ne veux pas qu’on salisse ces quatre années passées"

Le 26/05/2019 à 19:06Mis à jour Le 26/05/2019 à 19:11

PRO D2 - Non conservé par l’Aviron bayonnais la saison prochaine, Vincent Etcheto a vécu une finale de Pro D2 particulière. Désormais libre de parole, il a tout lâché après le match et distillé quelques messages. Et ça déménage !

Rugbyrama : Le scenario est une nouvelle fois incroyable et heureux pour Bayonne…

Vincent Etcheto : Ce n’est pas le même contenu qu’à Oyonnax (34-38, ndlr) mais le dénouement est extraordinaire. Je suis heureux même si je dois avouer qu’avant le match, j’étais plutôt mitigé. Cela fait six mois que je sais que je ne serai plus là la saison prochaine et c’était dur pour moi de trouver la motivation.

Comment avez-vous fait la part des choses ?

V. E. : Il faut être pro et je le suis. Mais savoir qu’on travaille plutôt bien et qu’à l’arrivée, on est viré, car c’est le mot, ce n’est pas évident. J’ai fait ma place dans le staff mais je n’y ai pas navigué de façon très heureuse. Par contre, ma place avec les joueurs, elle était là. Car même si tout est nouveau et bien depuis un an, il ne faut pas oublier que 90% de l’équipe est là depuis quatre ans. Les jeunes qui jouent aujourd’hui ont été lancés par moi ou par Pierre Berbizier l’an dernier. Je ne veux pas qu’on salisse ces quatre années passées. L’Aviron est une continuité, j’en suis fier et je tenais à le dire. J’ai une pensée aujourd’hui pour Francis Salagoïty, Christian Devèze, Nicolas Morlaes, Pierre Lassus et tous ces gens qui ont travaillé avec nous. L’Aviron n’était pas un navire en perdition, il était à flot. Il fallait juste ramer un peu plus fort.

Dans quel état d’esprit êtes-vous après cette finale ?

V. E. : Une finale, c’est toujours beau à gagner et cela me tenait à cœur. Maintenant que le match est passé, il ne me tarde qu’une seule chose, c’est de boire des bières avec les joueurs, de prendre une belle cuite car cela fait un moment, me retrouver dans les rues de Bayonne demain matin à manger une omelette après une nuit blanche…de vivre tout simplement ces moments-là qui me manquent et qui ont été trop rares cette saison. Le rugby, c’est aussi ça, une fête, des gens heureux qui vous embrassent ! C’est beau.

" Ceux qui ont secoué le navire sont aujourd’hui aux commandes, ils doivent s’en rappeler et rester costauds"

Avez-vous passé un message à vos joueurs à la fin du match ?

V. E. : Je leur ai souhaité bonne chance pour la suite. Je leur ai aussi répété d’anticiper l’échec, de prévoir le pire pour ne pas détruire le club en interne. Le groupe est resté solidaire malgré les branlées prises il y a trois ans. Les dirigeants, eux, sont partis. Ceux qui ont secoué le navire sont aujourd’hui aux commandes, ils doivent s’en rappeler et rester costauds.

On sent chez vous de la colère…

V. E. : Je n’ai pas les boules ! J’aime ce club et c’est dur de se dire qu’on travaille plutôt bien, car je ne vais pas faire le faux modeste, je travaille plutôt bien, pour ça. On a beaucoup parlé de rigueur, de se lever à six heures du matin…Moi, quand la réunion est à 8 heures du matin, je suis là à 7h59 mais je suis prêt. Je sais ce que j’ai fait, je ne veux pas m’étendre sur mon cas personnel mais je ne veux pas qu’on salisse ce qui a été fait pendant quatre ans. On a travaillé dans un contexte où les dirigeants se taclaient par derrière les deux pieds en avant. Du Di Méco dans le texte ! Je rappelle donc à ceux qui sont aux commandes aujourd’hui qu’ils n’aient pas la mémoire courte, qu’ils se rappellent où ils étaient, que l’Aviron existait avant eux et qu’il existera après eux.

L’Aviron peut-il exister en Top 14 l’an prochain ?

V. E. : Yannick Bru me dit toujours que je suis tout le temps optimiste, je le suis en effet et j’espère que ça se passera bien. Maintenant, je vois aussi que Perpignan, qui survolait la Pro D2 il y a deux ans, n’a gagné que deux matchs cette année. Grenoble, cinq… Nous, on en avait gagné six et fait trois matchs nul l’année où nous descendons (2016-2017) et Dieu sait que j’en ai pris plein la gueule cette année-là. Bayonne devra donc être très costaud, mais ce n’est plus mon problème.

Quel sera votre "problème" dans un avenir proche ?

V. E. : Ma femme, ma fille et le golf ! Plus sérieusement, j’ai plein de projets en tête et j’ai envie de continuer dans le rugby car je ne veux pas devenir aigri. J’ai laissé un projet de jeu à Bayonne et je crois que Yannick l’a adoubé et va le laisser. Je veux continuer le rugby mais je ne me travestirai pas non plus. Si je ne plais pas, je ne forcerais pas le destin. Je vais peut-être repartir en amateur. Si les All Blacks m’appellent, j’hésiterais peut-être mais pour l’instant, ce n’est pas le cas. Je peux entraîner au haut niveau mais si le haut niveau ne veut pas de moi, j’irai ailleurs. Et puis, peut-être que le BO m’appellera, qui sait ! (rires).

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