Icon Sport

Un dernier coup de Bourg ?

Un dernier coup de Bourg ?

Le 29/04/2019 à 17:40Mis à jour Le 01/05/2019 à 11:19

PRO D2 - Si vous étiez concentrés sur votre équipe de cœur ou sur le haut du tableau, peut-être n’avez-vous pas encore trop observé la saison du promu bressan. Pas de panique, on vous éclaire sur cette équipe à l’identité forte. Et au projet atypique.

Promu promis à faire l’ascenseur directement de la Pro D2 vers la Fédérale 1, l’US Bressane fait de la résistance. Et possède encore un infime espoir de maintien. Que les Burgiens joueront à fond, fidèles à leur philosophie. Et pour faire vivre leur projet de club.

La boîte à JIFF* et projet régional

En montant de Fédérale 1, le club burgien a fait le choix de ratisser des joueurs au niveau régional tout d’abord. Et a constitué un effectif de 38 JIFF sur 42 en début de saison (41 sur 47 désormais avec les jokers médicaux). Cela lui permet de dépasser la moyenne de 20 joueurs JIFF alignés à chaque feuille de match. Si l’USB ne gagne pas de points grâce à cela, elle permet l’éclosion et l’épanouissement de jeunes talents.

L’ailier Charlat débarquait de Fédérale 2, le pilier Berthaud ou l’arrière Félix n’avaient que des feuilles en espoir, ces jeunes talents grattent du temps de jeu grâce à cette politique. "On nous prend un peu pour des fous, constatait en début de saison le capitaine Hugo Dupont. Que l’on réussisse ou pas, c’est déjà super sympa de faire les choses différemment, d’avoir un projet singulier. Je ne dis pas que cela est mieux, je dis que c’est singulier. Et rien que pour cela c’est déjà une réussite. Si l’on obtient le maintien, ce serait encore plus beau".

Pro D2 - Gauthier Bruté de Rémur (Bourg-en-Bresse)

Pro D2 - Gauthier Bruté de Rémur (Bourg-en-Bresse)Icon Sport

De l’évitement plutôt que la collision

Si l’US Bressane ne développe pas le rugby chatoyant du Stade toulousain et se plait aussi à être "pénible" par moment, son projet donne aussi et surtout sa chance à des profils de joueurs différents. Le 3e ligne William Wavrin (1,93m, 108 kg) n’est pas une armoire physique du n°8 habituel mais possède une jolie palette technique et des qualités de vitesse. D’ailleurs, son passage à Bourg lui permet de réaliser le jump la saison prochaine vers une équipe de haut-de-tableau de Pro D2, Mont-de-Marsan.

Dans la philosophie burgienne, les "petits" ou gabarits légers sont invités. Avec des Guilon, Charlat, Santallier ou Dupont, Bourg aligne sûrement la ligne de trois-quarts la plus "fluette" de la division. "Nous sommes des joueurs imprévisibles, qui tentons des choses, sourit Titouan Guilon du haut de ses 1,68 m. Nous nous amusons, écartons les ballons et puis même si nous sommes petits, nous sommes bons sur les duels aériens". S’ils rendent des kilos, les Burgiens savent aussi gagner des duels.

Des difficultés à l’extérieur

C’est LE gros point noir de la saison. L’US Bressane a décroché 11 succès à domicile mais elle n’a gratté hors de ses bases qu’une victoire à Massy et deux bonus défensifs (à Aurillac et Provence). "Cela montre les limites de notre jeu, énonce l’entraîneur Yoann Boulanger. Il faut être beaucoup plus complets et efficaces sur le plan défensif mais aussi sur les opportunités de marquer. Avoir un jeu beaucoup plus maitrisé". En préparant la saison tardivement pour cause d’accession, les Burgiens ont d’abord dû se concentrer sur leurs matchs à domicile. Mais de ce côté-là, il n’y aura pas eu de montée en puissance constante sur la saison. Bourg est – au final – la moins bonne équipe en déplacement. Et cela pourrait coûter cher au moment du bilan.

Pro D2 - Yoann Boulanger (entraîneur de Bourg-en-Bresse) (Crédit photo : Julien Veyre)

Pro D2 - Yoann Boulanger (entraîneur de Bourg-en-Bresse) (Crédit photo : Julien Veyre)Rugbyrama

La magie de Verchère

A contrario, les Bressans semblent indéboulonnables quand ils jouent devant leur public du stade Verchère. Certes, ils ont cédé à deux reprises - à l’issue d’un non-match contre Carcassonne et face à une belle équipe de Bayonne – et concédé un nul contre Vannes pour l’ouverture du championnat, mais surtout les Burgiens ont marqué les esprits en collectionnant les scalps des cadors du championnat. Avec des victoires marquantes devant Brive, Oyonnax, Mont-de-Marsan, Nevers ou Biarritz.

"On sent beaucoup plus de confiance, constate le coach Yoann Boulanger. C’est peut-être à lié à notre vécu à domicile car nous avons su trouver les ressources pour battre quasiment toutes les grosses équipes de la poule. Cela a amené une certaine sérénité à Verchère. On a plus de repères par rapport à ce que l’on a vécu".

"Ces victoires, on ne pourra pas nous les enlever", apprécie le capitaine Hugo Dupont. S’ils s’imposent devant Béziers dimanche, les Burgiens auront même un nombre de défaites à la maison identique que des équipes telles qu’Oyonnax ou Vannes ! Et en cas de relégation, l’USB le sera avec un bilan du même tonneau que l’équipe descendue avec le plus de points dans l’histoire de ce championnat (Albi avec 57 points 2016-2017, Bourg en compte 55 avant son dernier match). Assez incroyable! Et vraiment dommage devant un public de plus en plus présent (6600 spectateurs de moyenne sur les trois derniers matchs).

Pro D2 - Lucas Lyons (Bourg-en-Bresse)

Pro D2 - Lucas Lyons (Bourg-en-Bresse)Icon Sport

La volonté de ne rien lâcher

"On ne lâche rien". Ce refrain d’une chanson de résistance résonne au cœur du vestiaire burgien et figure en bonne place dans les discours des joueurs. Même si l’espoir est maigre, les Burgiens veulent le faire vivre jusqu’aux dernières secondes du championnat. Ils ont besoin d’une victoire bonifiée devant Béziers pendant qu’Aurillac doit voyager à vide à Nevers. Alors les Violets vont encore se dépouiller pour remplir leur part du contrat. "Il faut tout simplement tout donner, jouer cette carte à fond, martèle avec conviction le coach Yoann Boulanger. Et croire en la petite chance qu’il nous reste". S’ils se battent jusqu’au bout, c’est aussi pour montrer que leur projet est viable.

"Ce serait une énorme déception de ne pas avoir déjoué les pronostics", assène Hugo Dupont. "Nous espérions jouer le maintien jusqu’au bout, c’est ce qui arrive, complète le centre Benjamin Doy. Nous, nous savons que notre projet est bon mais pour qu’il parle à tout le monde, il faudrait le valider par un maintien".

D’ailleurs, cette équipe burgienne affiche un capital sympathie qui dépasse les frontières de la Bresse ou du Revermont. "Je n’ai jamais vu une équipe avant-dernière d’un championnat avoir autant de soutiens derrière-elle" s’enthousiasme Hugo Dupont. Cela vaut bien le coup de s’arracher une dernière fois. Pour un dernier coup de Bourg !

* Joueurs Issus de la Formation Française

Contenus sponsorisés