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Bernard : "Je me sens ultra libéré"

Bernard : "Je me sens ultra libéré"

Le 10/12/2019 à 09:41Mis à jour Le 10/12/2019 à 11:10

PRO D2 - Jeudi dernier, Pierre Bernard fut l’auteur de 20 des 25 points marqués par Biarritz sur la pelouse d’Aimé Giral. Pour sa troisième titularisation en championnat, le demi d’ouverture de 30 ans a prouvé qu’il était (toujours) un des cadres de cette équipe rouge et blanche.

Le lendemain, nous l’avons sollicité pour savoir comment il avait vécu ce début de saison et pour qu’il nous parle du visage affiché par le BO, ces dernières semaines...

Rugbyrama : Qu’est-ce qui est ressorti de cette défaite à Perpignan, jeudi dernier ?

Pierre Bernard : Il y a une certaine fierté collective, parce que c’était un gros rendez-vous et on a su répondre présent. Après, il y a forcément de la frustration parce qu’il y a quelques erreurs qui sont dues au fait de la pression du match. Nous ne sommes pas loin et nous pouvions repartir avec mieux. D’ailleurs, ça n’aurait pas été volé de repartir avec mieux.

Vous prenez deux cartons jaunes. Est-ce votre indiscipline qui vous plombe ?

P. B. : Oui, mais pas que. Je pense que c’est l’un de mes premiers matchs depuis trois ans que je joue en Pro D2 où ça tape aussi fort. Il y avait un haut-niveau d’intensité et quand ça tape fort, ça fait forcément faire des erreurs de choix d’exécution. Du coup, Perpignan en a profité et ils sont vite revenus dans le match en début de deuxième mi-temps. Après, nous n’avons pas lâché et nous avons su nous remettre en selle pour les dix dernières minutes. Contre les cylindrées de ce type, à l’extérieur, après six heures de bus, c’est intéressant.

Diriez-vous que ce match est un peu à l’image de ces dernières semaines ? Vous alternez le bon et le moins bon. Vous faites une mauvaise entame, vous avez de l’orgueil pour revenir et prendre l’avantage au score en faisant de belles choses, avant d’échouer de peu.

P. B. : Est-ce que c’est notre entame qui n’est pas bonne ou est-ce que c’est celle de Perpignan qui est très bonne ? Tu sais qu’à Aimé Giral, ils vont attaquer pied au plancher. Oui, tu peux mieux répondre, mais ils ont le droit de bien jouer. Ce qui est intéressant, c’est de ne pas sombrer, de revenir petit à petit au score et de prendre l’avantage.

Vous mettez-vous, peut-être inconsciemment, au niveau des équipes que vous affrontez ?

P. B. : Je ne sais pas. Il y a beaucoup de choses qui ont changé à l’intersaison. Il y a eu des nouvelles méthodes de travail, un nouveau plan de jeu. Les mecs ne se connaissaient pas trop, les performances ont fait que ça a quand même pas mal tourné, il n’y a pas eu trop de continuité. Jeudi dernier, ce fut la première performance de la saison où tu sens qu’il y avait 23 types avec une réelle cohésion d’équipe. J’espère qu’il y aura de la continuité là-dessus.

Au niveau de votre prochain adversaire, il y aura en tout cas de la continuité puisque Grenoble est du même calibre que Perpignan…

P. B. : C’est intéressant de retenir le positif qu’il y a eu à Perpignan, à savoir, cet esprit d’équipe. Mais c’est aussi dangereux, il ne faut pas se reposer sur les lauriers, parce que l’on va jouer à domicile. Grenoble, ce sera du même acabit et ça va taper fort, aussi.

Pro D2 - Pierre Bernard (Biarritz)

Pro D2 - Pierre Bernard (Biarritz)Icon Sport

Votre équipe, jusqu’à présent, n’a peut-être pas montré son plus beau visage en termes de niveau de jeu. Si on compare à l’an dernier, vous êtes en revanche mieux classés puisque vous occupez la sixième place. Est-ce encourageant ?

P. B. : Nous avons réussi à gagner ces matchs-là qui n’étaient pas forcément faciles non plus. Après, du fait qu’il y ait beaucoup de nouvelles choses, il y a une équipe qui se cherche. Le rugby est un sport où un type, quand il est sur le terrain, doit donner son corps. Tu ne donnes pas ton corps à n’importe qui. Tu as besoin d’avoir confiance en ton pote qui est à côté pour te dire “je vais m’y filer pour toi, parce que je sais que tu vas te filer à fond pour moi.” Quand il y a beaucoup de choses qui changent, cette confiance de l’un envers l’autre, tu ne l’as pas forcément tout de suite. Contre Perpignan, j’ai eu l’impression qu’elle y était.

Jeudi, ce n’était que votre troisième titularisation de la saison. Comment l’avez-vous vécue ?

P. B. : J’ai pris beaucoup de plaisir, parce que j’adore jouer ces matchs-là, dans des enceintes comme ça. Je me sens ultra libéré parce que je suis en fin de contrat. Au lieu d’avoir la pression à cause de ça, je n’ai jamais été aussi libéré parce que j’ai envie de profiter de tous ces moments. C’est peut-être la maturité de la trentaine qui fait ça, mais je me sens bien. Je suis dans ma bulle.

Justement, qu’allez-vous faire en juin ?

P. B. : J’ai des pistes et j’ai eu une très forte réflexion personnelle. Je sais quasiment ce que je vais faire, mais rien n’est fermé. C’est peut-être aussi ça qui me libère énormément. Après, ça ne sert à rien d’en parler pour le moment.

Pierre Bernard Biarritz 2018

Pierre Bernard Biarritz 2018Getty Images

Vous n’avez joué que six matchs (trois titularisations) cette saison. Le début de championnat a-t-il été difficile pour vous ?

P. B. : J'étais frustré de pas pouvoir profiter du travail collectif qui est mis en place toute la semaine et de ne pas pouvoir apporter ma pierre à l'édifice. Il y a vraiment beaucoup de potentiel dans le groupe. Un dur travail est accompli. Personnellement, je sais aussi ce que j'ai dans mes bagages pour apporter à l'équipe. Nous avons eu une belle discussion avec les coachs à ce sujet, c'était très intéressant.

C’est la première fois de votre carrière que vous affichez un temps de jeu aussi faible à la mi-saison...

P. B. : Je bosse dans mon coin. Je suis à un âge où j’arrive avec certaines certitudes. Je ne suis aigri de rien et je suis prêt. Tous les matins, quand j’arrive à l’entraînement, je suis heureux. C’est bien le plus important.

Vous y attendiez vous ?

P. B. : Non, peut-être pas. Après, chacun fait ses choix. Peut-être qu’on ne se connaissait pas bien avec les coachs. Beaucoup d’efforts ont été faits dans les deux sens et je pense qu’actuellement, nous sommes sur une vague très positive.

Aviez-vous une certaine forme de pression avant cette rencontre à Perpignan, puisque vous n’avez eu que de rares occasions de montrer vos qualités en match cette année ?

P. B. : Non, plutôt de la détermination. Ce n’était pas de la mauvaise pression, plutôt de la bonne. Je suis arrivé au stade avec la chair de poule et j’avais envie d’en profiter.

On vous a vu beaucoup parler sur le terrain, affirmant ainsi votre leadership…

P. B. : J’ai toujours été comme ça. Je suis quelqu’un avec une forte personnalité. Des fois, ça peut plaire. Des fois, ça peut déplaire. Je fais des efforts, mais je ne changerai jamais mon fusil d’épaule, surtout à mon âge. J’ai toujours aimé diriger. J’ai des convictions et ça, je sais que je les garderai.

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