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Zegueur, un Oyoman qui tape à la porte du XV de France

Zegueur, un Oyoman qui tape à la porte du XV de France

Le 19/11/2020 à 09:02Mis à jour Le 19/11/2020 à 09:03

Pro D2 - Pur produit de la formation oyonnaxienne et double champion du monde avec les U20 français, Sacha Zegueur fait partie des joueurs amenés à découvrir le XV de France dans les prochaines semaines. Retour sur le parcours de ce 3e ligne, qui rêve de Bleu et de Top 14.

En l’espace de quelques jours, voire de quelques heures, Sacha Zegueur est passé par toutes les émotions ! Invité pendant une semaine à Marcoussis pour participer aux entrainements d’un XV de France qui préparait alors un duel face aux Fidji, le natif d’Oyonnax a ensuite eu la joie de faire partie d’un groupe de 31 censé participer au déplacement en Ecosse cette semaine. La Covid-19 étant passée par là et le match face aux Fidji ayant été annulé, cette liste est devenue caduque et la belle histoire surement repoussée de quelques jours. "Même si la joie n’a duré que 24 heures, c’était une vraie fierté. On est très content pour lui. On espère qu’il pourra intégrer les 31 un peu plus tard", commente son entraineur Joe El Abd, qui pourra du coup compter sur son phénomène de 21 ans, ce samedi, pour le déplacement à Colomiers, tandis que Sacha Zegueur devra pour l’instant regarder le duel des Bleus en Ecosse à la télévision, à défaut de pouvoir le vivre sur la pelouse de Murrayfield.

Un pur produit de la formation oyonnaxienne

Sacha a grandi dans le quartier de La Plaine, à deux pas du stade Charles-Mathon mais le rugby n’était pas de suite une évidence dans une cité où le foot a parfois été la priorité de la jeunesse. Le développement des structures de formation d’Oyonnax Rugby ces dernières années et l’appel des copains pour basculer du ballon rond au ballon ovale ont fait pencher la balance et l’ont poussé à franchir le cap lorsqu’il avait une douzaine d’années. Et dix ans plus tard, le chemin parcouru est impressionnant. "Il est passé entre les mains de pleins d’éducateurs au sein du club et ça, ça n’a pas de prix, confie d’abord Sylvain Terraz, directeur du centre de formation. On l’avait inscrit sur un premier programme d’entrainement les mercredis après-midi et dès le départ, il était archi-dominant." Le formateur précise qu’il a fallu appréhender le jeune personnage, "un peu déconneur", qui a fait son primaire et son collège à Oyonnax avant de rejoindre le Pôle Espoirs de Villefranche-sur-Saône, à 1h30 de chez lui.

"Ça s’est plutôt bien passé les deux premières années, puis la dernière année a été un peu plus compliquée, révèle Sylvain Terraz. Quand on est dominant, c’est le même principe que pour les surdoués. On avait l’impression qu’il s’ennuyait." Convoqué avec les U16, il ne connaitra cependant pas la sélection U18 mais retrouvera le maillot bleu avec les U20 pour les deux titres mondiaux à la clé que l’on connait en 2018 et 2019. "À son retour à Oyonnax, tout va très très vite. Il intègre le centre de formation puis rapidement le groupe professionnel. Il fallait qu’il se retrouve confronté au dur. Il a alors progressé à vitesse grand V", enchaine le formateur qui sourit en rappelant que "Sacha, s’il t’a à la bonne, ça ira niquel. Mais s’il t’a dans le nez, ça n’ira pas du tout. Il faut savoir le manœuvrer." Une approche qui permet au joueur de franchir rapidement les étapes entre sa première apparition en pro, le 31 août 2018, à 19 ans, et sa présence presque officielle en Bleu 38 matchs plus tard.

"C’est encourageant pour les jeunes d’ici. On les représente un peu." (Bilel Taïeb)

"Je pense que Fabien (Galthié) voulait l’intégrer pour qu’il puisse regarder comment cela se passe et gagner un peu d’expérience, note Joe El Abd quant à la première convocation en tant que partenaire d’entrainement. Puis le technicien pousse l’analyse. Il y a de gros troisièmes lignes en Top 14 et la concurrence est dure. Il sait qu’il a du travail pour rivaliser avec eux mais il fait ce travail. C’est un joueur explosif, que ce soit en attaque ou en défense. Il est très très dur, il plaque fort et quand il porte les ballons il avance. Et il prend aussi des ballons en touche."

Pour en arriver là, "il y a eu un gros travail sur les aspects stratégique et tactique. À la base c’était un gros défenseur et on lui a demandé de porter plus la balle, puis on lui a demandé d’être plus présent sur les phases stratégiques, comme la touche, là où il était en retard. L’Oyo’Elite a pris tout son sens", poursuit Sylvain Terraz qui se rappelle d’une séance vidéo de présentation d’un entrainement à l’issue de laquelle Sacha souffrait d’un manque de compréhension, et qui avait alors pu bénéficier d’un accompagnement individuel avec un entraineur dédié.

D’un joueur à fort potentiel, Sacha Zegueur – qui avait débuté au poste de 2e ligne avant de vite reculer en 3e ligne – est en train de franchir un nouveau cap dans sa jeune carrière qui pourrait bientôt faire de lui un joueur international. Et forcément, il ferait encore plus la fierté d’un territoire comme le Haut-Bugey, comme avant lui Bilel Taïeb, lui aussi enfant d’Oyonnax formé au club et qui porte aujourd’hui le brassard de capitaine de l’équipe fanion. "C’est encourageant pour les jeunes d’ici. On les représente un peu. C’est bien qu’ils voient des têtes familières, qu’ils ont vu grandir. C’est flatteur", notait le troisième ligne, proche de Sacha Zegueur. Ce dernier a d’ailleurs souvent été comparé à son aîné qui dit aussi de lui qu’il est "plutôt discret. On l’entend peu. C’est un mec posé mais un bon mec", dont l’ascension ne fait que commencer et qui suscite forcément l’intérêt des plus grosses écuries du Top 14.

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