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Pro D2 – Oyonnax : le Directoire veut passer la main, pourquoi cette séparation ?

Oyonnax : le Directoire veut passer la main, pourquoi cette séparation ?

Le 21/09/2018 à 16:43Mis à jour Le 21/09/2018 à 17:26

PRO D2 - Par la voix de Thierry Emin, le Directoire d’Oyonnax Rugby a fait savoir qu’il ne souhaitait pas que son mandat soit renouvelé en décembre prochain. Pour justifier cette rupture probable, le président met en avant la baisse des soutiens populaires et économiques. Pour Rugbyrama, il s’est expliqué plus en détails sur la teneur de son discours.

Après une première discussion avec les joueurs et le staff il y a une dizaine de jours, une annonce forte a été faite par le biais d’une interview diffusée sur le site du club le week-end dernier. Elle a été brutale. Néanmoins, à froid, son contenu ne surprend pas tant que ça. Conformément aux objectifs fixés, Oyonnax occupe la 2ème place à l’issue du premier bloc avec un bilan de 13 points et semble avoir réussi à remettre la machine en route du point de vue sportif, après la tragédie vécue à Grenoble. Ainsi, pas de place au doute.

Mais tout n’est pas si fantastique dans la Plastics Vallée... "Les gens n’arrivent pas à faire le deuil. On est très touché mais la vie continue et il ne faut pas vivre dans le passé. Il y a eu des moments formidables. On aurait pu s’inscrire dans la continuité. C’est un coup d’arrêt mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ", commente Thierry Emin, président depuis 2014 d’un club dont il était depuis 2007 le vice-président. Il souhaite retrouver ce qui faisait la spécificité d’Oyonnax, l’union sacrée d’un territoire de plus de 50 000 habitants.

Le départ de certains partenaires est vécu comme une "trahison"

L’une des conséquences les plus marquantes de la descente, c’est le départ de partenaires historiques, qui plus est issus du Haut-Bugey. "Des partenaires de la vallée nous ont laissé tomber et c’est là que l’on considère que la vallée est trahie par ces industriels qui font de l’emploi localement, dit le président qui considère que le club contribue au bien-être social et industriel."

Phoenix Battye (Oyonnax) contre Colomiers

Phoenix Battye (Oyonnax) contre ColomiersIcon Sport

Thierry Emin n’oublie pas d’adresser indirectement un message à ces anciens partenaires qui ont fait le choix de partir : "Du fait que nous sommes en Pro D2 ou parce qu’ils auraient fait des choix sportifs différents ? Ils n’ont qu’à venir prendre les manettes." Une communication assortie d’une piqure de rappel, "on n’a pas de mécène ou de milliardaire capables de tenir le club à bout de bras. Notre modèle fonctionne sur les partenaires et le public. S’il n’y a plus d’engouement, on va arrêter de se battre."

Une baisse du soutien populaire que le club ne comprend pas

On ne peut pas cacher non plus le départ de certains spectateurs car avec une affluence en baisse (5 504 contre Vannes et 5 655 face à Bayonne), Charles-Mathon n’était rempli qu’à moitié. "Pourquoi ce public n’est plus derrière son équipe comme il l’a été ?" Thierry Emin s’interroge, lui qui constate pourtant de bons résultats dans cette entame et n’a pas compris les critiques sur les choix sportifs.

"On a peut-être été nourri trop grassement pendant plusieurs années et on a l’impression qu’Oyonnax en Top 14 c’est quelque chose de normal, et le fait de ne pas l’être est anormal. Le fait d’avoir un club de haut niveau dans une ville comme Oyonnax, ça reste une grosse performance. On comprend que les gens ne soient pas satisfaits mais quand la critique atteint les personnes, c’est plus compliqué et ce n’est pas admissible. On ne peut pas s’attaquer aux gens qui donnent le meilleur d’eux-mêmes."

Les rumeurs de mésententes et dissensions sont réfutées

Le président concède avoir fait des erreurs, notamment dans le choix d’Olivier Azam pour succéder à Christophe Urios. "On a assumé", dit-il, mais les rumeurs autour de dissensions au sein du staff ou avec les joueurs, il les balaie d’un revers de main. "Des joueurs ont été sollicités pour partir en Top 14 et sont toujours là, cela montre bien qu’il n’y pas de dissensions. On a dit que ce n’était pas forcément la bonne entente et il y a eu des changements (ndlr, départs de Vincent Krischer et Mike Prendergast) car on ne supporte pas les gens qui n’ont pas de loyauté. Mais il n’y a jamais eu de problème de primes !"

Oyonnax : Nouveau logo

Oyonnax : Nouveau logoRugbyrama

Le changement d’identité visuelle, cet été, a également été mal vécu par certains, "mais on avait besoin de redonner un coup de projecteur pour montrer que le club ne s’endort pas. On n’a pas le budget qui permet d’avoir les meilleurs, il faut faire avec nos moyens."

Un départ des membres du Directoire en décembre

Face à ce constat, le président Thierry Emin mais aussi le vice-président Dougal Bendjaballah et Hervé David, autre membre du Directoire, veulent passer la main alors qu’Oyonnax apparait plus que structuré entre un stade rénové et la création de l’Oyomen Factory en 2016. "Notre décision est prise. Quelle sera la mobilisation du territoire autour de l‘équipe dans les semaines qui viennent ? Ce sera une réponse qui peut nous faire changer d’avis, confesse Thierry Emin, tout en assurant que nous ne laisserons pas tomber le club en tant que partenaires." Sauf que pour la gouvernance, le renouvellement ne sera pas demandé.

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