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Bosviel : "Tout est remis à zéro"

Bosviel : "Tout est remis à zéro"

Le 15/08/2019 à 14:42

PRO D2 - En proie à des soucis financiers, Montauban a dû dégraisser cet été et se séparer de plusieurs joueurs cadres de son XV de départ. Jérôme Bosviel, lui, est resté, et sera cette année encore le fer de lance de cette USM en pleine reconstruction.

Rugbyrama : Quel bilan tirez-vous de la préparation physique ?

Jérôme Bosviel : On a repris mi-juin et on a eu quatre semaines et demi de grosse préparation physique où on a eu la chance de beaucoup toucher le ballon. On a ensuite eu une coupure de douze jours qui nous a fait du bien. On a enchaîné avec un stage d’une semaine à Souston (Landes, ndlr), basé sur le rugby, et on a attaqué dans la foulée les matchs amicaux. Ils étaient satisfaisants et encourageants (victoire 31-21 contre Nevers et défaite 21-14 à Perpignan, ndlr) mais l’an dernier on avait tout gagné en amical et on a eu la saison difficile qu’on connaît, où, disons-le, on s’est bien fait chier ! Cela ne veut donc pas dire grand-chose. On a tiré à blanc et on passera à balles réelles lors de la première journée contre Rouen.

Le club peut-il se relever de la vague de départs massive de cadres à l’intersaison (Tekassala, Esclauze, Dry, Domenech, Fortunel…) ?

J.B. : Il y a eu en tout dix-neuf départs, et c’est vrai beaucoup de grands noms qui ont marqué l’histoire du club. En tant que joueurs, cela nous touche un peu quand même. Perdre tous ces copains, que j’ai côtoyé pour ma part pendant trois ans, c’est compliqué. Il y a eu cette histoire de soucis financiers, il fallait baisser la masse salariale et donc se séparer de plusieurs joueurs. C’est le monde du rugby, qui est fait de rencontres et de séparations, qui veut ça. Maintenant, ceux qui sont restés sont aussi de bon niveau. Des jeunes ont également montré qu’ils avaient la caisse pour jouer en Pro D2. Alors oui, tous ces départs nous ont attristé, forcément, mais on est désormais lancé à fond dans la nouvelle saison.

On peut tout de même parler de reconstruction avec autant de départs majeurs…

J.B. : Tout est remis à zéro ! Le plan de jeu a changé même si on a gardé quelques bases. Il y a également eu les arrivées dans le staff de Jean Bouilhou et Romain Lauga, et la prise de gallon de David Barnes. On doit assimiler plein de choses mais on a la chance, à Montauban, d’avoir une concurrence saine et on essaie tous de se tirer vers le haut.

" J’espère qu’on jouera autre chose que le maintien "

Parmi les départs, il y a également eu celui de Pierre-Philippe Lafond, votre ancien entraîneur, avec qui vous étiez très proche…

J.B. : Quand j’étais à Bourgoin, où je me sentais bien, mon père a eu des soucis de santé. C’est là que j’ai pris conscience qu’il fallait que je me rapproche de ma famille. À ce moment-là, un club et trois personnes m’ont tendu la main : Daniel Bory, Philippe Motte et… "Pépé" Lafond. C’est en grande partie grâce à lui si je suis à Montauban aujourd’hui et je ne le remercierai jamais assez pour ça. Je lui dois énormément. C’est un très bon entraîneur qui mérite la place où il est désormais et de connaître le haut niveau du Top 14. Je suivrai ses résultats avec Montpellier à la télé.

Pour ceux qui sont restés, avez-vous tiré les enseignements de la saison dernière, globalement très décevante ?

J.B. : On sortait de deux saisons exceptionnelles, les joueurs étaient quasiment les mêmes, seul « Jeff » Dubois est arrivé dans le staff en remplacement de Chris Whitaker et, franchement, je ne m’attendais pas du tout à vivre ça. On n’a pas réussi à assumer notre statut de grosse écurie de la Pro D2. Mais encore une fois, c’est digéré, des jeunes à fort potentiel nous ont rejoint, tous les voyants sont au vert et j’espère qu’on jouera autre chose que le maintien. On a un début de championnat pas facile. Les instances ne nous ont, une nouvelle fois, pas aidé puisque, comme l’an dernier, nous recevons trois fois lors des quatre premières journées.

Et alors ?

J.B. : On sait que recevoir lors des premiers matchs est compliqué car aucune équipe n’est réglée à 100%. Il reste encore des ajustements à effectuer. Il ne nous reste que quelques jours pour nous préparer à accueillir comme il se doit Rouen, un promu qui sera encore dans l’euphorie de la montée.

" Si je ne vais pas en Top 14 avec Montauban, je n’irais jamais"

Quel objectif le club s’est-il fixé ?

J.B. : Nous devons avant tout nous faire plaisir et faire plaisir aux supporters. Cela doit être le maître-mot et je pense aussi que nous avons le potentiel pour gagner énormément de matchs. L’idée serait de se maintenir le plus tôt possible et voir ensuite ce qu’il advient. Si on arrive déjà à gagner nos matchs à domicile en début de championnat, notre saison sera lancée.

Vous attendez-vous à ce qu’on vous demande encore cette année, a fortiori si vous êtes performant, pourquoi vous n’allez pas tenter votre chance à l’étage supérieur ?

J.B. : J’y ai fait une croix il y a deux ans en optant pour le choix du cœur, celui de resigner à Montauban alors que j’avais l’opportunité de partir dans des clubs de Top 14. Contrairement à ce qui était dit, le Stade toulousain n’en faisait pas partie. Ils devaient me faire une proposition et m’ont tenu en haleine quelques semaines mais je n’ai rien eu au final. S’ils l’avaient fait, il y aurait eu de grandes chances que je parte, c’est vrai, car Toulouse ne se refuse pas et je n’aurais peut-être même pas eu besoin de déménager. Mais cela ne s’est pas fait et j’ai pris, je le répète, la décision du cœur. Ma femme et mes filles sont bien à Montauban, moi aussi et les différents staffs et joueurs me font confiance depuis trois ans… il me reste deux ans de contrat et je me vois totalement terminer ma carrière ici. Donc si je ne vais pas en Top 14 avec Montauban, je n’irais jamais. Et puis comme je le dis souvent, mieux vaut jouer en Pro D2 qu’être en tribune en Top 14.

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