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Colomiers, un retour à point nommé

Colomiers, un retour à point nommé
Par Rugbyrama

Le 12/04/2019 à 09:11Mis à jour Le 12/04/2019 à 13:43

PRO D2 - Sortis de la zone de relégation à l'issue de la 27ème journée, les Haut-Garonnais se déplacent à Biarritz ce vendredi. Ils pourront compter sur le retour au centre du terrain de Grégoire Maurino pour faire pencher la balance en leur faveur.

Ce fut un retour pour le moins idéal. Entré à la 49ème minute de la victoire sans frayeur (31-7) contre Massy la semaine précédente, Grégoire Maurino a enfin pu goûter de nouveau aux joies du terrain après une absence de plus de sept mois. Pourtant tout avait bien commencé pour lui avec un doublé dès l'entame du championnat face à Provence Rugby. Un match conclu par une première victoire à domicile sur le fil contre le promu (28-26) mais qui laissera des traces pour Grégoire Maurino. À la 75ème minute de la rencontre, le numéro 13 voyait deux joueurs provençaux lui "tombaient dessus en porte-à-faux. J'ai senti mon genou gauche craquer et j'ai commencé à boiter bas mais bon je me suis dit que ce n'était rien."

Pourtant en rentrant au vestiaire, un rapide contrôle médical ne laissait augurer rien de bon. "Le docteur m'a qu'il ne sentait plus mon croisé, je ne voulais pas y croire. Je pensais que c'était comme la saison dernière lorsque j'avais eu une entorse au genou droit sur un match à Perpignan" (en février 2018, N.D.L.R) se rappelle t-il.

Pro D2 - Gregoire Maurino (Colomiers) contre Provence

Pro D2 - Gregoire Maurino (Colomiers) contre ProvenceIcon Sport

Résultat des courses, une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche et une opération une semaine plus tard au Médipôle, la clinique du sport à Toulouse. La suite se composera de trois séjours de rééducation au Médipôle pour commencer puis au Centre Européen de Rééducation du Sportif à Capbreton. Des moments à chaque fois entrecoupés par des retours en club. Et accompagnés également par des moments de lassitude. "Il n'y a pas eu de découragement mais j'ai trouvé parfois le temps long. Il s'agit de ma première grosse blessure. Lors de mon premier séjour à Capbreton , il y a eu la trêve hivernale puis Noël. C'est le moment où je suis revenu au club et où la routine s'est installée. J'en étais à quatre mois et demi de rééducation et je commençais à en avoir marre" narre t-il. Pas mécontent de ses séjours à Capbreton qui lui ont aidé à tenir le choc mentalement et à se préparer en conséquence.

Spectateur impuissant

Dans les Landes, face à l'Atlantique, dans un cadre de travail approprié, Grégoire Maurino a notamment partagé son quotidien aux côtés des Castrais Julien Dumora et Yann David mais il a aussi fait la connaissance de footballeurs et de surfeurs.

"Discuter d'autres choses et d'autres sports, ça fait du bien à la tête. Surtout qu'au CERS, la rééducation est vraiment intense."

Après un deuxième séjour à Capbreton à cinq mois et demi et après deux semaines de travail à bloc, il s'est retrouvé en avance sur les temps de passage. Prêt à retrouver les terrains à six mois et demi, il a d'abord disputé une mi-temps avec les Espoirs columérins.

Bien sûr durant ses sept mois, il n'a pas complètement coupé avec le rugby même si il reconnaît que "face à la situation chaotique de l'équipe, j'ai préféré prendre mes distances." "C'était bizarre comme sentiment. Je me sentais impuissant et à un moment je me suis éloigné parce que ça me rendait fou, tu es là et tu ne peux rien faire , tu subis le truc. Il y a eu des moments où je préférais ne pas regarder le match, je regardais juste le résultat à la fin. C'était dur de voir ça. D'un côté, tu es à côté des mecs la semaine mais après tu n'es pas dans le groupe" confie t-il.

Pro D2 - Aurélien Béco (Colomiers) contre Carcassonne

Pro D2 - Aurélien Béco (Colomiers) contre CarcassonneIcon Sport

Surtout, il ne s'attendait pas forcément à une telle dégringolade sportive de Colomiers même si certains signes avants-coureurs avaient pointé le bout de leur nez. "Il y avait eu des alertes l'an dernier. Nous avons perdu des joueurs importants depuis trois ans. On partait avec des nouveaux joueurs dans l'inconnu. Je ne sais pas si cela n'a pas pris entre nous. De l'extérieur, j'ai du mal à l'expliquer mais force est de constater que tout n'a pas fonctionné." Le joueur a aussi vu toute la frustration s'accumuler chez ses coéquipiers au fil des rencontres. "Franchement, depuis notre remontée de Fédérale 1 en 2012 c'est la saison la plus dure et la plus chaotique que nous ayons connu.Tout est allé très vite dans le mauvais sens."

De par son ancienneté au club, avec neuf saisons au compteur, Grégoire Maurino aurait pu se mêler à la prise de paroles des leaders mais il a préféré là aussi se faire discret. "J'ai un peu parlé au début lorsque les premiers symptômes sont arrivés. On s'est réuni pour savoir ce qui n'allait pas mais petit à petit je ne me voyais pas leur dire ce qu'il fallait faire alors que le week-end je n'étais pas avec eux sur le pré. J'ai pris un peu mes distances. Ce n'est pas que je ne me sentais pas légitime. C'est juste que je préfère prouver par les actes sur le terrain. Ce n'était pas ma place, il y avait les capitaines avec Romain Mémain, Aurélien Béco qui prenaient déjà la parole" dévoile t-il.

La renaissance columérine ?

Son retour depuis un mois dans le groupe columérin a montré son aura et son importance notamment chez les trois-quarts comme nous l'a confié cette semaine l'ailier Clément Lagain en marge du déplacement à Biarritz: "Quand "Greg" est revenu à l'entraînement, cela n'a pas été l'électrochoc mais il a pris la parole et il a dit qu'on devait arrêter de tirer la gueule et qu'on devait reprendre du plaisir. On était la tête dans le guidon et lui il est arrivé avec un œil extérieur. Il nous a dit que quand il nous avait quitté, nous n'étions pas comme ça. Ça nous a redonné un peu de baume au cœur." Le principal intéressé a aussi constaté le changement et les bons résultats de Colomiers dont deux dernières victoires bonifiées à Bendichou contre Carcassonne (27-9) et Massy (31-7) ."Le club n'est toujours pas sauvé mais nous sommes toujours vivants. Depuis mon retour dans le groupe et à l'entraînement collectif il y a un mois, je trouve que les gars ont ressorti la tête de l'eau. Ça joue de mieux en mieux, et ça prend de plus en plus de plaisir. On le voit en match et ça se ressent dans le jeu. Même si à Bayonne (défaite 29-12, N.D.L.R ), le résultat final n'a pas été là, j'ai vu de la confiance ressurgir et une équipe qui ne lâche pas le morceau."

" Nous sommes toujours vivants "

Le retour du "grand frère des trois-quarts" comme l'appelle Julien Sarraute arrive donc à point nommé alors que ce vendredi soir Colomiers se déplace chez Biarritz, une "équipe en pleine bourre. Pour moi c'est très bien car ça va être presque mon premier test de l'année(sourires). Nous savons où on nous allons mais nous savons aussi où nous voulons aller. Si on veut avoir une chance de se maintenir, il faut aller chercher des points à l'extérieur" abonde Maurino, prêt à tout pour essayer de sauver son "club de coeur." "De toute façon, il n'y a plus de questions à se poser ni de calculs à faire. Peut-être que ça ne paiera pas, mais il faut que dans l'engagement on se dise qu'on a tout donné et qu'on n'a rien à se reprocher. Il ne faut pas être frustré."

La frustration, un mot trop entendu cette saison dans les rangs columérins et à bannir définitivement ce soir à Aguiléra.

Enzo Diaz

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