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Pro D2 - Béziers : Le “pack” de confiance

Le “pack” de confiance biterrois

Le 06/12/2018 à 16:34Mis à jour Le 06/12/2018 à 16:38

PRO D2 - Grâce à deux succès consécutifs face à Bayonne et Bourg-en-Bresse à la Méditerranée, où ils sont invaincus depuis plus d’un an, les Biterrois (8e) sont revenus à un point de la sixième place qualificative.

En s’appuyant notamment sur un pack performant et constant, qui réalise une belle première partie de saison. Reste désormais à gagner enfin à l’extérieur pour franchir un palier. A Biarritz vendredi (20h30), lors d’un choc au sommet face aux redoutables avants basques ? David Gérard, coach des “gros” de l’ASBH, décrypte l’évolution de ses protégés et leur gros défi face au B.O.

Cet été, les Héraultais ont compensé la perte de leurs avants mobiles (Bourdeau, Ramoneda, Anetta) par le recrutement de joueurs plus denses (Meafua, Tuineau). Et une question se posait alors : le pack biterrois, dont la qualité première résidait dans sa grande capacité de déplacement, allait-il réussir à s’adapter à ces changements de morphologie ? Le doute a été rapidement levé : "C’est très différent de l’an dernier où j’avais une équipe un peu plus mobile, avec des garçons qui se déplaçaient beaucoup. Et malgré l’arrivée de morphotypes plus solides, nous sommes assez performants depuis le début de l’année. Hormis deux prestations catastrophiques en conquête en touche à Vannes et à Aix, on fait partie des meilleurs alignements de ProD2 (plus de 85% de lancers conservés, NDLR). Nous sommes aussi bons sur ballons portés et plutôt performants sur notre engagement, notre implication dans le jeu et défensivement. On est en évolution, un peu moins “joueurs”, mais un peu plus difficile à manœuvrer", explique David Gérard.

PRO D2 - Béziers contre Bayonne

PRO D2 - Béziers contre BayonneEurosport

Incontournables dans le jeu offensif, les avants rouge et bleu ont gagné en efficacité dans un rugby axial qui a fait des différences cette saison, notamment face à Bayonne.

Une mêlée en progression

Irrégulier en mêlée l’an passée, Béziers a franchit un palier cette saison dans cette épreuve de force redevenue une base de lancements de jeu efficace. Le technicien héraultais confirme : "On a pris en densité, mais nous restons tout de même dès fois beaucoup moins denses que nos adversaires. La différence vient à mon sens plus de l’implication mise par les mecs sur cette phase de jeu. Parfois, on prend des paquets d’avants qui affichent quarante à cinquante kilos de plus et ce n’est pas pour cela qu’ils sont meilleurs. Notre force cette saison vient d’un gros travail de préparation physique effectué par Nicolas Szezur et Alexis Mudarra."

Et également d’une prise de conscience de la première ligne de l’ASBH : "Nos piliers ont aussi plus confiance en eux cette année et ils mettent les ingrédients nécessaires dans la semaine pour arriver à leurs fins. Nous avons “peur” de tout le monde, donc à un moment donné, il faut aborder chaque rendez-vous comme un match couepret. On essaye de faire ce qu’il faut pour être le plus pertinent possible et faire gagner l’équipe. Même si parfois ce n’est pas beau. Nous recherchons plus l’efficacité. "

Pro D2 - Le pack bitterois contre Oyonnax

Pro D2 - Le pack bitterois contre OyonnaxIcon Sport

Jeunesse dorée

Une efficacité incarnée notamment par des jeunes talentueux qui répondent aux attentes placées en eux et enchaînent les titularisations. A l’image de Reda Wardi, Quentin Samaran, Dorian Marco Pena, Karl Wilkins ou Thomas Hoarau : "Je suis content qu’ils fassent aussi vite preuve d’une telle maturité. Ils représentent tous une grosse satisfaction. Ces mecs bossent comme des anciens. Ils ont cet état d’esprit et écoutent beaucoup. Après, comme je leur dis souvent, je pardonnerai toujours leurs fautes techniques car cela arrive même aux meilleurs. Par contre les fautes d’engagement ou d’envie son impardonnables. Et sur ce point-là, je n’ai pas grand-chose à dire."

Enfin de la régularité, mais…

Et aussi, une nouvelle constance affichée dans les prestations. David Gérard développe : "C’est vrai que l’équipe est un peu plus régulière cette saison. Mais nous en restons pas moins friables car ce championnat est tellement aléatoire… Une équipe qui s’est fait “cabosser” un week-end, peut se faire “cabosser” le week-end suivant par une équipe dite moins forte. Le niveau est assez homogène. On doit donc respecter chaque adversaire. Car dès que nous sommes un peu moins “respectueux” (comme face à Bourg-en-Bresse), on s’engage moins et nous sommes de suite punis. Il faut donc travailler constamment, générer de la confiance sur ces secteurs et s’appuyer sur nos forces du moment, comme les pick and go et les mauls."

Pro D2 - Le clapping de Béziers après le match contre Bayonne

Pro D2 - Le clapping de Béziers après le match contre BayonneIcon Sport

… Toujours aussi peu de réalisme

Afin de triompher enfin à l’extérieur (six défaites, deux bonus) pour retrouver le Top6 : "Il faut grandir car nous cherchons aujourd’hui de la haute performance. Et quand je vois le nombre de fois où on arrive près des lignes et où on perd le ballon… Nous ratons beaucoup trop d’occasions d’essais. La différence se fait là aujourd’hui entre le haut du panier et nous. Ces équipes n’ont pas besoin de dix occasions pour marquer un essai. Nos avants sont souvent à la base du lancement et s’ils font une erreur, ils ne mettent pas nos trois-quarts dans le confort pour être performants derrière."

Biarritz, le défi ultime

Un réalisme que les avants héraultais devront absolument retrouver à Biarritz demain, pour décrocher leur premier succès à l’extérieur cette saison, ou au moins, ramener un troisième bonus défensif consécutif après Vannes et Aix : "Biarritz est du même acabit que Brive sur le plan de la densité physique. C’est un pack très lourd et puissant, qui est forcément privilégié durant la période hivernale sur des terrains gras. C’est un bon test pour nous. L’équipe va passer une nouvelle-fois au révélateur à l’extérieur, face à un adversaire redoutable qui possède un des packs les plus lourds du ProD2 qui excelle en conquête. A nous d’essayer d’imposer notre jeu et surtout, de tenter à un moment donné de se transcender, car ce genre de rendez-vous ne se gagne pas juste en y allant pour faire un match “lambda”. Il faut réaliser un exploit et pour le créer, il faut réunir toutes les conditions de ce dernier. Et notamment y mettre de la volonté durant quatre-vingt minutes et se lâcher."

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