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Belzons : "Je veux que l'on m'appelle Paul !"

Belzons : "Je veux que l'on m'appelle Paul !"

Le 28/02/2020 à 19:07Mis à jour Le 28/02/2020 à 19:14

PRO D2 - Très en vue depuis le début du championnat, le Charentais Paul Belzons retrouve le temps de jeu qui était le sien à Narbonne après une dernière saison quasi blanche. En recevant coup sur coup Nevers dimanche (14h25) puis Vannes dans une semaine, son équipe de Soyaux-Angoulême a une occasion en or de retrouver provisoirement le Top 6 synonyme de phases finales. Entretien.

Rugbyrama : La pièce tombe du bon côté en ce moment pour Soyaux avec ces deux victoires, sur le fil, face aux derniers promus en Pro D2. On a vu des scènes de joie intenses vendredi dernier sur la pelouse de Rouen après la pénalité de la gagne sur la sirène.

Paul Belzons : On a failli perdre à la maison contre Valence-Romans, on était en plein doute. On savait que si l'on se mettait cette victoire dans la poche, ça nous remettrait dedans pour la course au Top 6. C'était une joie immense, on a partagé tout cela ensemble. On a quand même gagné au forceps en prenant trois cartons jaunes en seconde mi-temps. Quand on voit que l'on est récompensé, ça fait plaisir et ça donne envie pour le futur. On est très content que ça tombe du bon côté.

Vidéo - Pro D2 - Rouen coiffé au poteau

02:20

Ce bloc vous est favorable avec trois réceptions pour un déplacement. Vous pourriez retrouver le wagon des qualifiables d'ici une semaine, en cas de bons résultats à Chanzy face à Nevers et Vannes.

P.B : C'est vrai que là, on va affronter deux concurrents directs. Des très gros clients. Le Top 6, on n'y pense pas trop, la saison n'est vraiment pas finie. Mais il nous intrigue quand même, ça pourrait être sympa pour tout un club, pour montrer que le SA XV est sans arrêt en pleine ascension. Ce serait beau pour le public aussi. Si l'on gagne les deux réceptions, ce sera certainement plus facile pour la suite, mais gagnons-les d'abord et on en parlera après.

Soyaux-Angoulême avait créé la sensation lors de la 1ère journée en prenant 5 points à Nevers. Vous aviez d'ailleurs marqué un essai. Sacré souvenir, non ?

P.B : On s'était déplacé la peur au ventre. On savait que Nevers sortait des phases finales et avait recruté "épais". On était parti là-bas pour faire un résultat mais sans trop se mentir non plus. C'était quand même inespéré, on ressort de là avec le bonus offensif ! On ne pouvait qu'être heureux de démarrer la saison de cette manière-là. Mais bon, c'est du passé. La source de motivation pour Nevers est au max. A nous de calmer vite leurs ardeurs en restant cohérent dans ce que l'on fait.

Nevers a, depuis, changé de calibre et fait partie des qualifiables avant cette 22e journée. Or, le SA XV peine face aux grosses écuries. Chats noirs, les gros ?

P.B : On a beaucoup de mal, surtout à Chanzy...Franchement, ne sais pas à quoi c'est dû, mais il va vite falloir régler ça. Cette spirale positive, on doit la garder. Faut pas se mentir, Nevers mérite vraiment aujourd'hui son statut de grosse équipe de Pro D2. A nous, avec nos armes, de faire le meilleur match possible pour lever les bras à la 80e minute.

Paul, vous venez de prolonger votre bail au SA XV de deux saisons, plus une en option. Pourquoi ce choix ?

P.B : Ce club m'a fait confiance quand Narbonne est descendu en Fédérale 1. Il m'a quand même donné la chance de rester en Pro D2, ce n'est pas à négliger. Sportivement, ce que l'on fait reste cohérent, on travaille bien. Adrien (Buononato, NDLR) me fait confiance, ça ne pouvait que le faire par la suite. C'est pour cela que j'ai décidé de continuer de travailler avec eux. C'était le meilleur choix pour moi. Je me sens très bien à Angoulême, on joue quasiment devant 4 à 5000 personnes. C'est un club en devenir qui doit prospérer dans les 30 meilleurs clubs français. Les saisons seront belles si l'on n'est pas loin des barrages. Si, un jour, on peut les accrocher, ce serait énorme pour cette ville.

" "A chaque fois que je vois mon nom sur la feuille de match, c'est jouissif""

Votre histoire avec Soyaux a pourtant commencé par une longue blessure, à l'été 2018. Vous avez finalement très peu travaillé aux côtés de l'ancien manager Julien Laïrle, qui était venu vous chercher à Narbonne.

P.B : Je ne m'attendais pas à ça, je sortais de deux saisons pleines à Narbonne. Le deuxième match amical, quand je me blesse contre Bayonne et que j'apprends que j'en ai pour six mois, j'allais un peu dans l'inconnu. Surtout que j'avais quitté mon foyer familial. Malgré tout ça, je me suis remis en question, j'ai travaillé, j'ai pris mon mal en patience, je suis arrivé plus ou moins sur la pointe des pieds, j'ai essayé d'apporter ce que je pouvais apporter sur la fin de saison. Ensuite, les cartes ont été redistribuées à l'intersaison. Nouveau staff, nouveau cycle. C'était spécial à aborder. J'avais un peu la peur au ventre avec la fin de contrat. Au poste de 3e ligne, il y a vraiment de la concurrence. J'ai tout fait pour être le plus performant possible et me faire ma place.

C'est le cas. Vous êtes tout simplement, avec Sébastien Laulhé, le joueur charentais le plus appelé cette saison (20 feuilles de match en 21 journées). Le seul match que vous avez raté, c'était pour purger un carton rouge.

P.B : A chaque fois que je vois mon nom sur la feuille de match, c'est jouissif. Je suis très content. J'essaie de jouer le mieux possible, de coller à Adrien le plus possible, de donner le plus pour le groupe. J'avais un an pour plaire au staff. Mais rien n'est acquis, ça peut changer du jour au lendemain, je travaille toujours pour sans cesse m'améliorer.

Votre famille a baigné dans le rugby. Est-elle intervenue dans votre choix de carrière ?

P.B : Toute ma famille était très contente que je prolonge. Mes deux grands-pères ont joué à la grande époque de Narbonne, dans les années 70. Mon père a fini sa carrière dans le Top 16 en étant capitaine de Narbonne. Ce sont des modèles, c'est une fierté de passer derrière eux. Ils me conseillent, bien entendu. Ils voient que les performances suivent. Je suis très fier du nom que je porte.

Vous sentez que vous avez aussi (enfin) un prénom, maintenant ?

P.B : Cela a toujours été ma source de motivation. Les gens ont toujours pensé que ça m'était dû, alors que j'ai toujours travaillé pour montrer que j'avais ma place. Ce n'est pas non plus dû qu'à mon nom. Je m'appelle Paul. Le "Belzons", c'est vrai qu'il fait plaisir mais je veux que l'on m'appelle Paul.

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