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Arlettaz : "Je ne démissionnerai pas"

Arlettaz : "Je ne démissionnerai pas"

Le 04/10/2019 à 16:03

Pro D2 - Contre-performances à l’extérieur, contenu pauvre et irrégulier, manque de caractère et de confiance… Le manager de l’Usap revient sur le début de saison très poussif de son équipe. Face aux premières revendications de certains supporteurs sang et or, il assure croire encore au projet du club catalan.

Patrick, la victoire est-elle impérative, dimanche face à Soyaux-Angoulême ?

Oui. C’est un match à la maison, contre le premier invaincu, et de notre côté, on a des prestations qui ne sont pas à la hauteur de ce que l’on veut faire. Il faut une belle victoire dimanche, c’est impératif pour nous. Nous l’avons préparé comme il faut je le crois, maintenant il faut des actes. Être constants pendant quatre-vingt minutes, et pas seulement pendant une seule mi-temps.

Est-ce que cette semaine a été rythmée par une forme de pression ?

La pression on l’a tout le temps ici. On l’a quand on gagne et encore plus quand on perd. Et en ce moment on l’a bien évidemment parce que nous ne sommes pas bons. On a aussi cette pression de recevoir le premier du championnat. Maintenant, il y a deux façons de le voir. Moi, je le vois comme une bonne pression, qui nous oblige à un moment donné à démarrer un peu cette saison. On pensait que les soixante dernières minutes contre Colomiers nous auraient permis cela, mais on a vu que ça n’a tenu qu’une mi-temps à Carcassonne, et qu'une mi-temps aussi à Rouen…

Donc voilà, il est temps de faire une match abouti, de la première à la dernière minute. Face à une très belle équipe en face. Soyaux-Angoulême travaille bien depuis très longtemps et récolte les fruits de tout ce travail. C’est un bon exemple. À nous de tirer les enseignements de cette équipe.

Soyaux-Angoulême est un club qui n’était pas considéré dans les qualifiables il y a deux ans à peine, et qui est aujourd’hui dans le paysage de cette Pro D2…

Oui, et il y en a beaucoup comme ça. Il y avait Vannes la saison dernière et sans doute cette année aussi. Il y a aussi Nevers, Aix-en-Provence… En rugby, les cartes sont constamment rebattues car ce sont des clubs qui ont un peu plus de moyens, qui travaillent bien et qui ont vraiment envie d’exister. Ce sont les trois choses essentielles pour avoir des résultats.

Ce n’est pas très surprenant de voir Soyaux-Angoulême à ce niveau. Et en même temps, nous, on a aussi à se concentrer sur nous car ce sont nos prestations qui ne sont pas bonnes. Nos adversaires travaillent bien, impeccable. Mais nous, nos prestations ne sont pas à la hauteur de ce que l’on voudrait.

" On est dans le pays des ânes. On met des coups de bâton et on sort aussi la carotte pour faire avancer ""

Qu’avez-vous dit à vos joueurs après la défaite à Rouen ?

Quand on ne va pas bien, il faut revenir aux bases de ce sport. Il faut être très pragmatique. C’est bête à dire mais c’est comme ça, le rugby est un sport où on fait des passes en arrière et où il faut marquer sur un en-but qui est cent mètres devant. Si on ne se met pas en avançant lorsqu’on porte le ballon, tout est plus compliqué. C’est vieux comme le monde, mais c’est ce qui nous fait souvent défaut. On répète les lancements, l’organisation…

Et on est très peu mis à mal là-dessus. Mais par contre, lorsqu’il s’agit de jouer dans l’avancée, on a des difficultés. Il faut trouver les clés, l’envie. Faire les efforts d’aller chercher cette avancée qui va nous simplifier les choses. Je le dis encore une fois, c’est ce que nous avons très bien fait lors des soixante dernières minutes de Colomiers. Mais depuis, on le fait seulement par à-coups… Le reste du temps, à Carcassonne et à Rouen, nous avons subi. Et on n’a pas une équipe qui supporte de subir les choses.

Pour exiger tout ça, est-ce que le staff emploie la manière forte ? Ou bien y allez-vous un peu plus en douceur pour que les joueurs comprennent ?

On fait les deux. On est dans le pays des ânes. On met des coups de bâton et on sort aussi la carotte pour faire avancer. On emploie les deux, exactement de la même manière que nos arrière-arrière-grands-parents faisaient pour faire avancer les ânes. Je ne compare pas mes joueurs à des ânes, c’est juste un petit parallèle par rapport à notre culture. Donc voilà, on a tendance à féliciter quand c’est bien fait et à être un peu plus sévère quand ce n’est pas bien fait. Et en ce moment, ce n’est plutôt pas bien fait.

Pro D2 - Genesis Mamea Lemalu (Perpignan) contre Provence Rugby

Pro D2 - Genesis Mamea Lemalu (Perpignan) contre Provence RugbyIcon Sport

Au-delà du jeu, est-ce que le groupe doit reprendre du caractère ?

Oui ce groupe doit prendre du caractère. Je crois qu’on n’a pas encore tout à fait mis un linge sur la saison dernière. Il faut arrêter de se sentir et de se considérer comme une victime désignée. On a les qualités pour faire beaucoup mieux, et ce n’est pas admissible et excusable de faire ce que l’on fait en ce moment.

" J’ai déjà démissionné, plusieurs fois. Ça ne me dérange absolument pas. Mais là, on est sur un projet et une construction sur le long terme""

Guilhem Guirado a déclaré avec les Bleus que la confiance se gagnait en grammes mais qu’elle se perdait en kilos. Est-ce que cela s’applique à l’Usap ?

Ça s’applique à tout le monde. C’est une vérité du sport de haut niveau. Ce que vous mettez deux, trois ans à acquérir, vous pouvez le perdre en deux mois. C’est comme ça. C’est un travail de longue haleine. Ce qui est certain ici, c’est que l’équipe ne pourra pas retrouver de la confiance sans rehausser son curseur d’agressivité, de volonté et de travail.

Je crois que les joueurs travaillent beaucoup, et qu’il faut y greffer à ça une vraie volonté d’avancer, d’avoir des résultats et de remplir les objectifs. Et ça, on ne peut pas attendre que cela tombe du ciel. C’est à nous de provoquer les choses, personne ne va nous les donner.

Cette semaine sur les réseaux sociaux, plusieurs voix ont réclamé la démission du staff. Qu’en pensez-vous ?

Je le comprends. C’est souvent la solution à tout. Nous on travaille, et je l’ai déjà dit, je me suis engagé, j’ai fait venir des gens dans le staff pour l’étoffer. On est garant de tout ça. Après, cette décision, ce n’est pas à moi qu’elle appartient. Je ne démissionnerai pas, je l’ai souvent dit et répété. J’ai déjà démissionné, plusieurs fois. Ça ne me dérange absolument pas. Mais là, on est sur un projet et une construction sur le long terme.

Alors si les responsables prennent la décision de se séparer du staff, je la respecterais. Après vous savez, on est au cinquième match de la saison, il en reste vingt-cinq. On ne s’achète pas du temps, c’est une réalité. Donc je comprends les revendications de démission, je n’ai pas de problème avec ça, c’est normal. Mais sachez que ça n’arrivera pas.

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