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Pépites de Pro D2 : Doumenc : "le maintien pour Carcassonne, c’est maintenant ou jamais"

Pépites de Pro D2 : Doumenc : "le maintien pour Carcassonne, c’est maintenant ou jamais"
Par Rugbyrama

Le 31/01/2018 à 16:50Mis à jour Le 31/01/2018 à 17:25

Clément Doumenc est un pur produit de la formation carcassonnaise. A 20 ans, il est une des bonnes surprises du renouveau des Jaune et Noir et s’affirme depuis deux matchs comme un jeune joueur en devenir. Retour avec lui sur son parcours et sur cette saison, difficile, pour Carcassonne.

Rugbyrama : Comment est venue votre passion pour le rugby et à quel âge ?

Clément Doumenc : J’ai une famille de handballeur. Chez moi, on parle plus football et handball. Donc j’ai commencé par le foot avant d’essayer pendant un an le handball. Vers 11 ans, j’ai voulu découvrir le rugby, et j’ai commencé à l’école de rugby. Pour ne plus jamais quitter ce sport. J’ai fait ensuite toute ma formation à Carcassonne, quelques sélections chez les jeunes avant de signer en espoir.

Jusqu’à ce premier match avec les pros, l’année dernière à Armandie (Agen)…

C.D : C’était un match très difficile. Je me souviens, il y avait beaucoup de brouillard, on n’y voyait vraiment rien ! On avait en plus perdu 32 à 15, donc s’incliner pour une première ce n’est jamais formidable. Pourtant j’en garde sur le plan personnel, un très bon souvenir. Quand on est jeune, on attend d’avoir sa chance et ce n’est pas simple d’y arriver. En plus, il y a pire que de commencer dans un stade comme Armandie !

Parlons de cette année, vous faites les matchs de préparation et vous jouez 20 minutes contre Mont-de-Marsan en septembre, puis plus rien jusqu’à ce fameux match à Vannes il y a 15 jours. Comment l’expliquez-vous ?

C.D : Je ne sais pas. Les matchs de préparation s’étaient plutôt bien passés. Après je suis jeune donc j’attendais, j’attendais. J’ai joué 20 minutes à Mont-de-Marsan et j’avais eu un retour plutôt positif. Et après plus rien. Chaque week-end, de l’extérieur, on voyait l’équipe perdre et je me disais qu’à un moment donné, les jeunes auraient leur chance mais ça n’arrivait jamais. Ensuite, il y a ce match à domicile contre Mont-de-Marsan où Carcassonne prend une gifle (match perdu 22-0). Christian Labit décide alors de tout changer pour le match à Vannes. J’ai été lancé titulaire, moi, comme ça. Forcément, j’étais très content mais j’avais aussi un peu d’appréhension car je n’avais jamais été dans le XV de départ.

Clément Doumenc - Carcassonne

Clément Doumenc - CarcassonneRugbyrama

Comment avez-vous vécu cette période de mise à l’écart ?

C.D : J’ai dû me remettre en question. C’est simple, je partais du principe que je ne donnais pas assez donc il fallait que je travaille, travaille, pour avoir ma chance et atteindre le niveau que les coachs attendaient de moi. Le niveau de la Pro D2 tout simplement.

Vous jouiez quand même en Espoir ?

C.D : Oui, j’avais la chance de jouer avec les Espoirs, surtout que cette année, Carcassonne est monté en poule 1. Je me rajoutais surtout des entrainements, plus de musculation, pour essayer d’être meilleur.

Le doute devait quand même être présent…

C.D : Forcement, il y a un moment où on perd un peu espoir. Je me disais « ça arrivera quand ça arrivera » et parfois cela ne dépend pas que de nous.

C’est à dire ?

C.D : Quand on était bon en espoir, on ne jouait pas et quand on était moins bon, aussi, donc bon…

Arrive votre première titularisation contre Angoulême la semaine dernière, on imagine, un moment particulier…

C.D : C’était une grosse émotion. Le capitaine m’a laissé rentrer en premier sur la pelouse. Depuis que je suis tout petit je vais voir jouer "Carca". J’ai vu la montée de la Fédérale 2 à la Pro D2, donc pouvoir être titulaire à Doumenc, de jouer et surtout de gagner, devant la famille et les amis, c’était très fort. Et surtout, la fierté d’avoir vécu ce moment avec Maxime (Castant, talonneur remplaçant rentré à la 17ème minute) qui est un ami à moi. Nous étions un peu dans la même situation, c’est comme un frère pour moi.

Avec cette victoire, Carcassonne n’est plus dernier et se retrouve à 6 points de Massy, premier non relégable. Quelle est l’ambiance dans l’équipe ?

C.D : L’équipe y croit vraiment. C’est maintenant ou jamais. Il faut prendre les matchs les uns après les autres et surtout réussir à grappiller le maximum de points. Nous n’avons de toute façon pas le choix si l’on veut se sauver. En tout cas moi, j’y crois vraiment.

On dit souvent que les jeunes apprennent beaucoup auprès de joueurs plus expérimentés, avez-vous la sensation d'apporter quelque chose ?

C.D : On apprend toujours des autres. Le regard sur les jeunes a également changé. Quand on ne joue pas, on est moins crédible par rapport à nos coéquipiers. Maintenant, on amène aussi peut être un vent de fraicheur et tout le monde pousse dans le même sens pour croire au maintien. Les jeunes ont souvent les dents longues, donc quand nous jouons, nous donnons tout !

En tant que troisième-ligne, quels étaient vos joueurs préférés plus jeune, vos sources d’inspiration peut-être ?

C.D : Je ne vais pas être très original, mais j’adorais Thierry Dusautoir, une référence à son poste. Après j’aime aussi beaucoup les 3ème lignes australiens "gratteur-plaqueur" comme David Pocock, Michael Hooper, plus dans mon profil.

Michael Hooper (Australie) - 2 août 2017

Michael Hooper (Australie) - 2 août 2017Getty Images

Si vous deviez faire votre autocritique, quelles seraient vos qualités et vos faiblesses à travailler ?

C.D : Pour le positif, je dirais la défense, le plaquage, les zones de rucks. J’aime bien gratter. Sur les faiblesses, (il réfléchit), il y a beaucoup de choses. Je dois travailler sur mes choix de courses, elles ne sont pas très intelligentes. En touche, je dois faire pas mal de progrès aussi et en attaque, gagner en explosivité et faire plus de différences.

Comment voyez-vous votre avenir ?

C.D : J’ai des objectifs mais je vis plus au jour le jour. J’attends de voir ce qui va arriver mais je suis déjà très content de ce qu’il se passe. Et quand j’ai l’opportunité de jouer, j’essaie de ne pas la laisser passer.

Propos recueillis par Paul Arnould.

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