Midi Olympique

Boutemmani : "Je ne m’étais pas trompé"

Boutemmani : "Je ne m’étais pas trompé"

Le 09/05/2018 à 09:58Mis à jour Le 09/05/2018 à 10:01

Joueur de l’ombre mais ô combien important cette saison à Perpignan, Yassin Boutemmani revient sur sa première saison en Catalogne, auréolée d’un titre et d’une remontée en Top 14. Deux jours après le sacre de son équipe, le pilier polyvalent savoure pleinement. Lui qui a longtemps connu un parcours chaotique dans sa carrière.

Rugbyrama : Yassin, avez-vous conscience de la performance que vous venez de réaliser avec Perpignan ?

Yassin Boutemmani : Tout doucement oui, même s’il y a encore pas mal d’euphorie. Quarante-huit heures, ce n’est pas assez (rires). Mais on reste quand même conscients que l’équipe vient de réaliser quelque chose de grand, et ce sera encore plus le cas ce soir devant notre public. Tout autour du stade Aimé-Giral, il y a plein de photos souvenirs… Et il y en a une de 2009 autour du Castillet. C’était noir de monde. Et quand je pense aussi à la ferveur de dimanche à Ernest-Wallon, j’imagine que ce soir ce sera pareil, voire plus encore. Ça va être la folie.

L’engouement des supporteurs catalans semble encore vous étonner…

Y.B. : Rien que dimanche en arrivant au stade, ils tapaient dans le bus… je n’avais jamais vu ça. C’était magique. Sans mentir, je pense que l’on a le plus beau public de France. Je suis passé par des clubs pros, Toulouse, Bordeaux… Et de ce que j’ai vu, ce n’est pas la même chose. Quand nous sommes arrivés à Ernest-Wallon, qu’il y avait cette énorme haie d’honneur avant les vestiaires, tous les joueurs ont dû se dire individuellement "On ne peut pas perdre ce match. On ne peut pas les décevoir, ce n’est pas possible".

Est-ce une fierté supplémentaire que cette finale se soit jouée grâce à la mêlée ?

Y.B. : Je n’ai pas fait de mêlées quand je suis entré en jeu, paradoxalement (rires). Grenoble ne voulait plus la prendre. Mais évidemment, c’est une performance collective et je suis très content du travail des mecs. On avait bien préparé ce match, on savait qu’il fallait appuyer sur ce secteur de jeu. Et au-delà, je suis très content de l’ensemble de la saison car le groupe a été assez performant en mêlée. C’est une récompense méritée.

" C’est une résurrection pour moi"

Personnellement, que vous dites-vous depuis dimanche ?

Y.B. : D’abord que je ne m’étais pas trompé, que j’ai fait le bon choix. J’étais venu à Perpignan pour vivre des moments comme ceux-là, pour franchir un palier et pour jouer le titre. L’été dernier, lors de notre stage à Font-Romeu, j’ai pu voir la cohésion de cette équipe. Karl Chateau et Jean-Bernard Pujol, que j’ai connu au Stade Toulousain me l’avaient dit, mais j’ai pu avoir la confirmation que c’était un putain de bon groupe, avec de bons mecs, avant même d’être des bons joueurs. Je m’étais dit qu’en étant sérieux, ça allait le faire.

Vous évoluiez en Fédérale 1 en 2016, après un début de carrière chaotique. À 27 ans, vous avez enfin réussi à vous affirmer…

Y.B. : Je suis content oui. J’ai vécu des périodes difficiles mais je n’ai jamais rien lâché. C’est une résurrection. Surtout que pour moi, ça fait deux montées en trois ans. Je ne remercierai jamais assez Christian Lanta et le staff de m’avoir fait venir, de leur confiance. Je pense qu’ils sont contents de moi aussi, et je le suis encore plus d’être venu à Perpignan. Quand j’ai signé, je savais que le projet était bon. Christian m’a appelé, c’est un homme très droit, qui dit les choses clairement. Il m’a tout expliqué de A à Z… Et finalement, tout ce qu’il m’avait annoncé s’est déroulé comme prévu. Je remercie Angoulême aussi, c’est un club qui m’a retapé quand j’étais bon pour la casse. C’est une bonne expression ! Ils m’ont redonné le goût du rugby. Julien Laïrle est quelqu’un de très dur, de très exigeant, mais qui tire le meilleur de ses joueurs. Et je ne peux que lui rendre hommage aussi.

" Le Top 14 ? Je connais sans connaître"

Réalisez-vous que vous participerez au Top 14 l’an prochain ?

Y.B. : On va réaliser petit à petit. C’est vrai que mes proches me disent : "Tu imagines, l’an prochain tu vas jouer à Toulon, au Racing, ou même à La Rochelle…" pour moi le Maritime. C’est vrai que ça fait rêver, même si on sait déjà que ce ne sera pas simple et que l’Usap sera la petit poucet. Mais cette équipe a prouvé qu’elle avait des valeurs, et comme a dit Patrick (Arlettaz) un jour, je suis sûr que ce sera compliqué de venir jouer chez nous, à Aimé-Giral. Il faut que l’on travaille, et que l’on prouve à tout le monde que l’Usap, ce club historique, a sa place dans l’élite.

Connaissez-vous vraiment le Top 14, alors que vous ne comptez que 8 feuilles de match dans cette division ?

Y.B. : Je connais sans connaître. C’était une expérience tout de même, ça m’a permis de découvrir le haut niveau à l’époque, même si je n’ai fait que des bouts de matchs avec le Stade Toulousain notamment. Je connais quelques petites choses, comme ce qu’est la préparation d’un match de ce niveau-là, mais c’est tout. Pour moi, je vais vraiment découvrir le Top 14 avec Perpignan.

Perpignan vient peut-être de faire le plus dur en remontant dans l’élite. Qu’en pensez-vous ?

Y.B. : On va faire une belle saison en Top 14, je l’espère vraiment ! L’équipe donnera tout ce qu’elle peut pour exister. C’est une division qui est de plus en plus dure. C’est vrai que la formule a changé, nous avons une chance supplémentaire de nous maintenir, à condition de terminer 13e et de remporter le barrage. Cela met un petit peu moins de pression. C’est une formule qui a un peu desservi Perpignan cette saison, et maintenant que nous sommes en Top 14, elle est clairement à notre avantage et je pense qu’on sera contents de l’avoir l’an prochain ! Mais avant d’y penser, on va savourer l’instant présent, prendre des vacances bien méritées, avant de bien se préparer pour ce tout nouveau challenge.

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