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Biarritz empoisonné par une lutte d'ego entre financiers

Biarritz empoisonné par une lutte d'ego entre financiers
Par AFP

Le 02/05/2018 à 13:55Mis à jour Le 02/05/2018 à 15:49

La saison, terminée sur le terrain, se poursuit en coulisses: des luttes intestines pour le pouvoir gangrènent depuis quatre mois le Biarritz Olympique, club historique du rugby français qui pourrait sérieusement pâtir de cette guerre des clans entre financiers.

A se demander s'il ne les attire pas. Après la fusion avortée entre le Stade Français et le Racing 92 la saison dernière, le manager Gonzalo Quesada n'est pas prêt d'oublier sa première année du côté d'Aguilera. Le BO, objet de tous les fantasmes avec le voisin bayonnais ces dernières années, semblait avoir retrouvé la quiétude quand l'Argentin a débarqué de Paris l'été dernier. Que nenni ! Régi d'une main de fer par Serge Blanco (1995-98 et 2008-2015) et feu Marcel Martin (1998-2008), le club aux 5 Boucliers de Brennus, dont 3 dans l'ère professionnelle (2002, 2005, 2006), traverse sa plus grave crise de gouvernance.

Cette saison, trois présidents se sont succédé à sa barre. D'abord l'ancien arrière international Nicolas Brusque (41 ans), éjecté début février après deux ans et demi de mandat par les actionnaires majoritaires d'A-Team Sports Investments (ATSI), qui disposent de 52% du capital du club. A sa place a été installé Benjamin Gufflet, gérant du magazine Surf Session, qui a tenu... 53 jours. Avant que des tiraillements au sein d'ATSI et le décès brutal du directeur général du club Pierre Bousquier ne poussent le Girondin de 38 ans, dépassé par les événements, à jeter l'éponge. C'est désormais un local, Benoît Raynaud, ostéopathe de 41 ans, qui a repris les manettes sans pour autant apaiser les tensions et alors que la DNACG attend des garanties du club pour le 18 mai.

Stratégie de blocage

Si 400.000 euros viennent d'être versés pour boucler le budget actuel, le gendarme financier de la Ligue nationale de rugby attend encore 1 million d'euros pour que le club reparte à l'équilibre la saison prochaine. Ce lundi, une procédure d'alerte a même été engagée par le commissaire aux comptes du club qui en a informé le conseil d'administration. Qui remettra au pot du BO, alors que la lutte des ego fait rage? Elle oppose deux clans. Celui aux manettes, composé de l'homme d'affaires parisien Bruno Ledoux, actionnaire du journal Libération, et de son poulain Gufflet, représente 26 % de l'actionnariat. Le président Benoît Raynaud est issu de cette mouvance.

Par avocats et huissiers, ils exigent que le deuxième clan, leurs anciens associés d'ATSI, apportent les 1,2 million d'euros qu'ils se sont engagés à mettre lors de l'assemblée générale du 5 février.Sauf que ces investisseurs français, basés à Hong-Kong, ne l'entendent pas ainsi. Menés par le financier Louis-Vincent Gave, également actionnaire de l'Union Bordeaux-Bègles à hauteur de 10 %, et son ami Jean-Baptiste Aldigé, ils ont déjà injecté 1,5 million pour sauver le club en mai 2017. Ils réclament aujourd'hui le remboursement de cette somme, bloquant par conséquent toute augmentation de capital possible.

Dans cette guerre d'influence, les Hongkongais, qui contrôlent aussi 26 % du BO, se sont récemment rapprochés... des historiques, à savoir les ex-présidents Blanco et Brusque (16% des parts), qu'ils avaient pourtant sortis du pouvoir en février. Ils seraient prêts à reprendre le club à condition que l'équipe Ledoux rende son tablier, ce que l'homme d'affaires refuse. Qui finira par céder? Peut-être bien le club si personne ne s'entend.

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