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Pro D2 - Belzons (Narbonne) : "La présidence de Rocky Elsom a fait du mal aux finances du club"

Un jour un joueur : Belzons (RCNM)
Par Rugbyrama

Le 10/05/2018 à 12:03Mis à jour Le 11/05/2018 à 13:43

Après plus d’un siècle dans l’élite du rugby français, Narbonne va pour la première fois de son histoire jouer en Fédérale 1 l’an prochain. Paul Belzons, fils et petit-fils de légende du RCNM revient sur la saison galère des Audois avec Rugbyrama.

Rugbyrama : En début de la saison Narbonne affichait ses ambitions. À l’arrivée la saison fut dramatique, comment l’analysez-vous ?

Paul Belzons : Cela fait deux ans que l’on frôle la descente. On savait que Narbonne visait le maintien et que cela pouvait être une saison potentiellement compliquée. La grosse désillusion vient du fait qu’à l’intersaison, le club a bien recruté, on avait un bon staff, mais je ne sais pas pourquoi la mayonnaise n’a pas pris. Et le groupe n’a pas su trouver les solutions au cours de la saison.

Quelle différence percevez-vous par rapport à l’an dernier où vous arrivez à vous maintenir lors de la dernière journée ?

P.B. : Ce qui nous a fait du mal ce sont les départs successifs de joueurs-cadres. Par exemple, il y a deux ans on perd Vincent Rattez [aujourd’hui à La Rochelle, ndlr]. À l’intersaison on perd Hans Nkinsi [transféré à Grenoble, ndlr] ou encore Pierre Klur [pour Montauban, ndlr]. Tout cela a été très dur pour le groupe parce que c’était des joueurs importants au sein du vestiaire. Enfin, à la différence de l’an passé on a peut-être un peu lâché sur la fin de championnat.

Paul Belzons - Narbonne

Paul Belzons - NarbonneIcon Sport

Il y a le sentiment que l’entame de championnat catastrophique (aucune victoire sur les 5 premiers matchs) vous coûte cher…

P.B. : Ce qui fait mal c’est la défaite lors du premier match à domicile face à Montauban [défaite 13-18, ndlr]. Tout le monde nous attendait pour cette première rencontre avec tous ces joueurs qui étaient arrivés à l’intersaison. On avait fait des matchs de préparation moyens avec une défaite contre Béziers et une victoire in extremis face à Massy. Notre objectif avant la saison c’était de ne pas perdre un match à la maison mais quand tu perds d’entrée cela fait mal à la tête.

Aujourd’hui ne regrettez-vous pas le départ de Christian Labit ?

P.B. : Quand Christian est parti [mis à pied en octobre après le match face à Perpignan, ndlr] on arrive à faire un exploit à Béziers. C’est sans doute notre meilleur match de la saison. À ce moment-là, les joueurs et les dirigeants ont pris leurs responsabilités, il fallait faire la saison soudée. Mais avec du recul, je me dis qu’on a gagné ce match sur un sursaut d’orgueil, ce n’est pas grâce au départ de Christian que l’on a gagné. Aujourd’hui je ne peux pas dire si son départ a été bénéfique ou non. Tout ce que je vois c’est que cette décision a été prise.

Christian Labit sera entraîneur en chef à Narbonne

Christian Labit sera entraîneur en chef à NarbonneIcon Sport

Au cours de la saison, n’as-tu pas eu envie de tout balancer ?

P.B. : Non à aucun moment. Parce que Narbonne c’est mon club, cela fait 23 ans que je vis à Narbonne, cela fait 23 ans que je vis par ce club parce que mon grand-père et mon père y ont joué. Mon métier c’est joueur de rugby. Tous les matins même s’il n’y a pas forcément de résultats, je suis content de faire ce métier, et j’étais content de jouer même si on retiendra que cela a été une mauvaise saison. D’ailleurs j’ai aussi eu des bons souvenirs cette année, on a fait quelques beaux matchs. Je pars du point où dans la vie, il ne faut rien regretter.

Le RCNM a connu de nombreux remous en interne, cela a-t-il impacté le groupe ?

P.B. : On a essayé de se mettre à part de tout cela. Les dirigeants c’est fait pour diriger et les joueurs pour jouer. Même si des fois on sentait que cela bougeait en haut, on en faisait abstraction, on essayait de ne rester qu’entre nous.

As-tu eu le sentiment que tous les joueurs étaient concernés par le maintien du club ?

P.B. : Oui, tout le monde était impliqué pour le maintien du club et aujourd’hui que Narbonne descende cela ne fait plaisir à aucun joueur.

Finalement l’origine de la descente n’est-il pas à chercher avant, notamment avec la présidence très mouvementée de Rocky Elsom (2015-2016) ?

P.B. : La présidence de Rocky a produit pas mal de remous en interne. En terme financier, on ne pas nier que cela a fait mal au club. Il y a beaucoup de joueurs qui en gardent les cicatrices. Et c’est vrai que le management n’était clairement pas son point fort. Après je ne vais pas cracher dans la soupe, car c’est lui qui a commencé à me faire jouer. Il avait aussi de bonnes idées surtout quand vous regardez tous les grands noms du club comme Vincent Rattez ou Étienne Harjean qui sont sortis du centre de formation. C’est le signe que les Australiens n’ont pas fait que du mal. Ils ont prouvé qu’à Narbonne on pouvait faire sortir des jeunes.

Rocky ELSOM

Rocky ELSOMIcon Sport

Justement le futur du club, ne devra-t-il pas passer par le centre de formation ?

P.B. : Bien sûr, aujourd’hui l’exemple phare c’est Perpignan. La moitié des cadres sont des joueurs issus du centre de formation de Perpignan comme Enzo Forletta, Karl Chateau, ou encore Enzo Selponi. Le club doit s’accrocher à cela, et continuer à faire émerger de jeunes joueurs. C’est ce qui peut sauver Narbonne, et le faire remonter dans l’élite.

Propos recueillis par Théo Combes.

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