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Acebes : "Je vais rentrer sur le terrain en ayant cet esprit de tueur"

Acebes : "Je vais rentrer sur le terrain en ayant cet esprit de tueur"

Le 24/04/2018 à 16:16Mis à jour Le 24/04/2018 à 17:01

Devenu la coqueluche d’Aimé-Giral en l’espace de deux saisons, l’ailier de Perpignan Mathieu Acebes revient sur son parcours en Catalogne. Après une arrivée tourmentée, l’ancien joueur de la Section Paloise, champion de Pro D2 en 2015, a depuis inscrit 20 essais sous le maillot catalan. Et avoue, à demi-mot et à quelques jours de la demi-finale, vouloir retrouver l’élite avec l’Usap cette saison.

Rugbyrama : Mathieu, est-ce pour des moments comme celui que vous allez vivre dimanche que vous avez signé à Perpignan l’an passé ?

Mathieu Acebes : Clairement. Pour changer de club et partir de Pau, il me fallait quelque chose qui me donnait envie. Et l’Usap en faisait partie. Je savais qu’en venant en à Perpignan, j’allais vivre des moments comme ceux-là. La saison dernière, nous ne sommes pas passés pas loin. J’étais très déçu de ne pas faire de phases finales. Là, c’est une demie à domicile. C’est pour ça que je suis venu, mais pas que... Pour un peu plus aussi, comme vivre la même chose qu’avec Pau et ramener un club dans l’élite. Je l’ai vécu une fois, c’est extraordinaire de voir le bonheur que tu peux procurer aux gens. C’est aussi pour ça que j’ai voulu faire du rugby quand j’étais petit.

Vous étiez du titre et de la remontée de Pau en 2015. Est-ce ce genre de challenges qui vous anime ?

M.A. : Je ne sais pas si c’est ce qui me correspond. Mais en tout cas, quand j’y suis, je suis là pour accomplir une mission, pour donner le meilleur de moi-même et apporter mon expérience de la Pro D2 aussi. Est-ce que je suis fait pour ça ? Je ne sais pas, mais ce qui est sûr c’est que dans ma carrière je n’ai pas beaucoup joué beaucoup de phases finales de Top 14, même pas du tout. Mais par contre, j’en ai disputé pas mal en Pro D2. Ma carrière a été faite à 80% dans ce championnat.

" J’ai rarement vécu une saison comme celle-là"

Vous êtes logiquement un des hommes forts au sein d’un vestiaire plutôt inexpérimenté. Que dites-vous aux jeunes joueurs avant ce rendez-vous capital ?

M.A. : Il n’y aura pas que moi, je pense à Lifeimi Mafi, Karl Chateau et Tom Ecochard aussi. Mais sinon, je leur dis de se faire très mal mentalement dans l’effort et la concentration. Et puis de rester eux-mêmes tout simplement, de ne pas changer leur façon d’être. De rester dans notre cadre, de respecter notre équipe.

Jens Torfs et Tom Ecochard (Perpignan)

Jens Torfs et Tom Ecochard (Perpignan)Icon Sport

Ce groupe a enduré beaucoup d’épreuves depuis deux saisons, est-ce sa force aujourd’hui ?

M.A. : Je pense à mon arrivée à Perpignan justement. Au soir de la 5e journée l’an passé, je n’ai pas joué un match ou alors trente minutes et je me blesse (40 exactement, lors de la défaite de Perpignan contre Dax à Aimé-Giral, 14-16, et où il marque son premier essai, NDLR), l’équipe est relégable… Je peux vous assurer que ce n’était pas drôle dans le vestiaire après cette journée-là. Mais derrière, un cycle nouveau s’est enclenché avec beaucoup d’enthousiasme, de travail, de joie de vivre. Beaucoup de choses qui font qu’aujourd’hui l’équipe est arrivée jusqu’ici.

Est-ce le chapitre le plus marquant de votre carrière ?

M.A. : Je vais être honnête. J’ai rarement vécu une saison comme celle-là. Parce qu’il nous est arrivés tellement d’aléas que… Je le répète mais c’est la réalité, ce groupe est tellement fort.

" Je n’étais pas bien dans ma tête. Je me suis posé des questions, à savoir si j’avais fait le bon choix de venir à Perpignan"

Personnellement aussi, vous semblez afficher le meilleur niveau de votre carrière…

M.A. : Je suis très heureux aujourd’hui, je ne regrette pas du tout mon choix. Bien sûr que je suis un amoureux de la Section (Paloise), bien sûr que ma vie est dans le sud-ouest, parce que j’ai grandi là-bas. Mais j’ai découvert à Perpignan quelque chose que j’étais loin d’imaginer avant d’arriver ici. C’est enrichissant humainement et sportivement. 20 essais en deux saisons, ça ne m’est jamais arrivé dans ma carrière. Je dois être à six l’année du titre avec Pau maximum… Et là à Perpignan, j’en claque douze l’an dernier, huit à nouveau cette saison. Ce sont des choses que je n’avais pas l’habitude de connaître. Je ne sais pas si je suis à mon meilleur niveau, mais je me sens bien, avec même une marge de progression supplémentaire.

Mathieu Acebes (Perpignan)

Mathieu Acebes (Perpignan)Rugbyrama

Patrick Arlettaz, l’entraîneur des trois-quarts de l’Usap, est-il pour beaucoup dans vos performances ?

M.A. : Je ne vais pas le cacher. Patrick, c’est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup de respect. Sa parole compte beaucoup pour moi. Et quoiqu’il me dise, je me remettrai toujours en question personnellement, et jamais sa vision des choses. Pour revenir à mon arrivée justement, où je sortais de blessure, je n’étais pas bien dans ma tête. Je me suis posé des questions à savoir si j’avais fait le bon choix de venir à Perpignan. Et il a su trouver les mots pour me motiver à nouveau. Je n’étais pas performant, et Patrick a su me dire que si je continuais comme ça, j’irais sur la touche comme les autres. Ça m’a suffi.

Cette saison peut se jouer sur 80 minutes dimanche. Pensez-vous au fait que tout peut s’arrêter sur cette demi-finale ?

M.A. : Je n’y pense pas. Je ne me fais pas à l’idée que dimanche ça va se terminer. Je veux tout donner pour qu’il y ait une suite positive, mais je ne me suis fait aucun scénario dans la tête. Je vais rentrer sur le terrain pour gagner, et en ayant cet esprit de tueur.

Mathieu Acebes (Perpignan) contre Massy

Mathieu Acebes (Perpignan) contre MassyIcon Sport

D’autant qu’Aimé-Giral sera à guichets-fermés, avec plus de 14 000 spectateurs présents dans les tribunes. Vous en salivez déjà ?

M.A. : Bien sûr. Surtout que moi je marche beaucoup à l’affect, à cette énergie que le terrain procure. Il faut se sentir invincibles dans de telles conditions, il ne doit rien nous arriver.

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