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Pro D2 - Cette relégation, les dirigeants albigeois l'ont bien cherchée...

Cette relégation, les dirigeants albigeois l'ont bien cherchée...

Le 08/05/2017 à 18:35Mis à jour Le 08/05/2017 à 20:49

PRO D2 - C'est officiel depuis dimanche : le Sporting club albigeois évoluera en Fédérale 1 la saison prochaine, sa victoire n'ayant pas suffi à Carcassonne (26-31) pour le maintien. Un gros gâchis pour une formation qui disputait pourtant les phases finales du championnat il y a deux saisons.

Dimanche, malgré sa victoire sur la pelouse de Carcassonne (36-41), Albi a été relégué en Fédérale 1. Demi-finalistes en 2015 et 10e la saison dernière, les Tarnais ont vécu la descente aux enfers en seulement deux ans, eux qui n'avaient plus été en Fédérale depuis 15 ans. Pourtant, il semblait que ce groupe avait les moyens de faire mieux. Au moment de faire le bilan, Romain Barthélémy, ouvreur du SCA parlait même d'une "équipe pour terminer 8e".

Guiard : "Il va falloir construire un vrai projet"

Et de pointer du doigt les grands responsables de cette lourde chute : "Malheureusement, les dirigeants n'ont pas pris les bonnes décisions au bon moment". Comprenez par là changer le staff bien plus tôt dans la saison. Difficile en effet de lui donner tort tant la gestion a semblé hésitante pour ne pas dire plus.

Julien Guiard (Albi) prodigue ses conseils à un joueur durant l'échauffement

Julien Guiard (Albi) prodigue ses conseils à un joueur durant l'échauffementIcon Sport

Dimanche, la frustration était si grande au sein du groupe albigeois que des langues se sont déliées et certains en ont profité pour faire part de leur colère auprès de membres du Conseil d'Administration présent. "C'est l'heure de la remise en question du club. Il va falloir construire un vrai projet. Ce qui n'existe pas actuellement. J'espère que les dirigeants auront cette lucidité", confiait Julien Guiard à nos confrères de Vibrez Rugy Pro D2. "On espérait que le Conseil d'administration prenne des décisions mais aujourd'hui, l'argent est plus important que le sportif. On en paye les conséquences", regrettait pour sa part Barthélémy.

Un staff qui va encore changer...

Imaginez : sur les 10 dernières rencontres, le SCA a pris 26 points soit 6 victoires pour 4 revers. Albi a battu Dax, Perpignan, Bourgoin, Béziers, Agen et Carcasonne durant ce laps de temps. A domicile contre Montauban (13-16), le Sporting fit un en-avant dans l'en-but à la fin du match et a mené pendant plus d'une heure à Colomiers (36-21) et Aurillac (37-20). La claque reçue à Biarritz (38-9) lors de la 25e journée semblait inévitable puisqu'elle est intervenue après une semaine agitée en coulisses avec le vrai-faux retour de Serge Milhas aux commandes de l'équipe et le fait que Vincent Clément ne soit pas du voyage. Ce dernier venait de reprendre l'équipe (bénévolement) assisté de Florent Wieczorek et Julien Guiard. Avant cela, les Tarnais n'avaient pris que 31 points lors des 20 premières journées du championnat. Ce qui avait tout changé entre temps ? L'arrivée d'un staff choisi par les joueurs composé du trio Clément-Wieczorek-Guiard et de Kévin Boulogne.

Kévin Boulogne et Florent Wieczorek (Albi)

Kévin Boulogne et Florent Wieczorek (Albi)Icon Sport

Quid de ce staff qui a visiblement réussi à remobiliser les joueurs et mettre en place une stragégie qui fonctionnait ? Il ne sera plus aux commandes de l'équipe pro en Fédérale 1. Vincent Clément ne fait plus partie du club depuis de nombreuses semaines, payant ses relations conflictuelles avec le CA. Wieczorek, qui a redonné des couleurs à la mêlée, va partir n'ayant "pas reçu d'offre décente", comme nous a confié une source proche du club. Julien Guiard, qui avait donné à ce groupe une organisation collective, va retourner au centre de formation. Wieczorek et Guiard devaient pourtant être initialement conservés dans le staff comme cela avait annoncé il y a quelques semaines. Seul Kévin Boulogne serait finalement conservé dans le staff d'Arnaud Méla. Celui-ci devrait d'ailleurs arriver avec un autre entraîneur dans les bagages alors que Jean-Christophe Bacca, désavoué par les joueurs lors du départ de Milhas et Bérot, devrait devenir directeur technique et aider Méla dans le recrutement.

Une lutte de pouvoir qui brouille les pistes

Ces grandes manœuvres au sein du staff ne sont pas sans rappeler ce qui avait été fait ces dernières saisons. "A Albi, les dirigeants ont l'habitude de faire partir les gens compétents", nous a-t-on dit récemment dans l'entourage du club. Ce fut le cas pour Mauricio Reggiardo, parti à Agen (et un peu poussé vers la sortie par le président Castanet après avoir fait voter les joueurs en ce sens). Pourtant, ce dernier voulait rester au SCA. Reconnu pour ses talents d'entraîneur des avants, il avait été propulsé manager. La saison dernière, Rémy Ladauge, également demandeur pour rester à Albi, avait été contraint de trouver un point de chute à Soyaux-Angoulême. Après avoir pris une place importante lors du maintien il y a quelques années du temps ou Henry Broncan était aux commandes de l'équipe, le spécialiste de la défense a terminé 13e de Pro D2 avec le promu angoumoisin. Benjamin Bagate, lui, avait quitté son poste en cours de saison.

Jean-Jacques Castanet, le président d'Albi

Jean-Jacques Castanet, le président d'AlbiIcon Sport

Et quid du commandant de bord ? Selon des sources internes, Jean-Jacques Castanet (président) et Jean-Jacques Veyrac (directeur général) ne seraient pas sur la même longueur d'ondes et c'est aussi ce qui créerait un certain flou dans la politique menée au sein du SCA. La lutte de pouvoir entre les deux hommes prenant trop de place. D'ailleurs, le président devait démissionner mais est toujours en place aujourd'hui. Et il ne compte plus partir de suite puisqu'il est en train de façonner un staff avec des hommes de confiance. On ne reviendra pas également sur la rumeur qui annonçait la venue de Thierry Lacroix comme manager en milieu de saison dernière ou sur la signature de Xavier Péméja qui n'a jamais exercé au SCA et a accepté de rompre son contrat en partant avec un chèque. Ce transfert avorté propulsant Serge Milhas manager alors qu'il ne devait être au départ qu'entraîneur.

"Beaucoup de joueurs vont partir, désabusés par cette situation. Et des membres du staff ou bénévoles se posent des questions à ce jour". En l'état, une quinzaine de départs sont actés et ce chiffre pourrait gonfler, notamment si Chambéry obtient son accession en Pro D2. Joueur emblématique du Sporting, Bastien Dedieu va faire partie de ceux qui quittent le navire, à contre-coeur, après avoir attendu en vain une prolongation, lui qui portait le maillot albigeois depuis l'école de rugby. Même cas de figure pour Fabien Dorey, talonneur arrivé en tant que joker. Rendez-vous en Fédérale 1 pour la reconstruction du SCA...

Bastien Dedieu (Albi)

Bastien Dedieu (Albi)Icon Sport

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