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Pro D2 - BO : De Bayonne à Biarritz, la route a été semée d'embûches pour David Roumieu

De Bayonne à Biarritz, la route a été semée d'embûches pour Roumieu

Le 07/09/2016 à 14:18

PRO D2 - Après huit ans à Bayonne et une année de transition à la Rochelle, David Roumieu porte désormais le maillot de Biarritz. De l'Aviron, qui n'a pas souhaité le conserver, au BO, le talonneur a vécu une période pleine de doutes.

Lorsqu'il arrive au rendez-vous au Stade Aguilera, David Roumieu est au guidon d'un scooter rouge et blanc. Il descend, enlève son casque et sourit : "Je l'avais déjà lorsque je jouais à Bayonne et les supporters voulaient me le repeindre. J'ai bien fait de ne pas changer les couleurs". Comme l'on fait beaucoup de joueurs avant lui, dans un sens ou dans un autre, David Roumieu a osé faire le trajet de l'Aviron bayonnais au Biarritz olympique.

Une année de transition à La Rochelle n’aura pas suffi à faire oublier qu'il fut pendant huit saisons l'un des leaders de combat du pack bayonnais. "Tous les supporters que je croise à Biarritz me disent : 'J'espère que tu vas mouiller le maillot autant qu'à Bayonne'. Il n'y a aucun doute sur mon investissement", affirme David Roumieu. "Je vais essayer de le mouiller encore plus". Le Biarritz olympique est sans doute le dernier contrat de sa carrière. Une décision prise en milieu de saison dernière après avoir connu une opération de l'épaule à l'automne et un hiver où le téléphone avait arrêté de sonner.

David Roumieu s'était engagé pour deux ans supplémentaires avec Bayonne au cours de la saison 2014/2015. C'était avant l'annonce d'une fusion entre Bayonne et Biarritz, qui ne verra finalement pas le jour. David Roumieu raconte : "Une semaine après notre relégation, j'entends par Noriega et Merin (entraîneur et président de l'Aviron Bayonnais, ndlr) qu'avec cette fusion, il y aura trop de talonneurs, que je coûtais cher et que si j'avais une opportunité pour partir, il fallait que je parte. J'avais les boules après huit ans de club".

Arrivé tard sur le marché, le joueur ne croule pas sous les propositions concrètes. Jusqu'au jour où Patrice Collazo l'appelle. Il fonce et s'engage pour un an. Dans le deal, il garde la possibilité cependant de revenir honorer sa dernière année de contrat à l'Aviron. Ce qu'il garde en tête jusqu'en décembre 2015 et un coup de téléphone de Nicolas Morlaes, le directeur sportif de Bayonne.

David Roumieu fait son retour au Pays basque mais sous les couleurs biarrotes

David Roumieu fait son retour au Pays basque mais sous les couleurs biarrotesIcon Sport

"Il m'annonce que certains membres du staff ne veulent pas que je revienne", dit David Roumieu. "Je n'ai pas eu d'explications derrière. Mais c'est comme ça maintenant et ça n'arrive pas qu'à moi. Malheureusement, c'est le rugby de maintenant et ça n'ira pas en s'arrangeant de ce côté-là. C'est légitime qu'un mec comme Vincent Etcheto partent sur son projet, un truc nouveau. Mais je suis déçu sur la façon dont ça a été fait avec des gens que j'ai côtoyés très longtemps".

La question d'un retour à Grenade, en Fédérale 3, s'est posée

Bayonne ne veut plus de lui et dans le même temps, il manque une grande partie de la saison en raison d'une opération à l'épaule (7 feuilles de matchs en Top 14 avec La Rochelle). À 34 ans, l'avenir rugbystique s'assombrit. David Roumieu "appelle souvent son agent" et "ne dort pas forcément bien toutes les nuits". Les questions "se bousculent" et il va même jusqu'à appeler son mentor, Michel Tortelli, l'entraîneur de ses débuts en Fédérale au Grenade Sport avec qui il échange régulièrement.

"Je lui ai dit : 'Je n'ai pas de touche et je pense que je vais revenir jouer à Grenade, me faire une année avec mes potes en Fédérale 3. J'ai un cousin qui a une société d'alarmes, je vais voir si on ne peut faire un truc ensemble et si j'ai rien, je viens à Grenade'". L'éventualité d'un retour au bercail s'efface lorsque son agent reçoit un appel de David Darricarrère, intéressé pour le faire venir au Biarritz olympique.

"Ça fait toujours bizarre de venir ici, parce qu'ils m'ont détesté pendant huit ans", rigole David Roumieu. "Mais je n'ai pas ce truc de me dire je vais à Biarritz pour emmerder Bayonne et les mecs qui n'ont pas voulu que je revienne. Je pense à moi et à ce que l'on me propose professionnellement. Le projet me plaisait et il me permettait en plus de revenir au Pays basque".

David Roumieu avec Bayonne en 2014

David Roumieu avec Bayonne en 2014Icon Sport

Lorsqu’il apparaît sur le site du BO aux côtés de Nicolas Brusque et vêtu du maillot du BO, David Roumieu voit son téléphone chauffer. Il finit par "le débrancher". Ses enfants en entendent des vertes et des pas mûres à l'école. "Ils répètent ce qu'ils ont entendu des parents", souffle-t-il. "Il y aura toujours des mecs qui ne voudront pas comprendre. Mais tu ne peux pas être aimé par tout le monde". Finalement tout se tassera. Et puis comme cette saison est bien faite, David Roumieu n'aura pas de derby à jouer à Bayonne. Est-il prêt tout de même à aller à Jean-Dauger voir ces copains jouer un match de Top 14 ? "C'est encore trop tôt", répond-il. "Il y a certaines personnes que je n'ai pas envie de croiser".

David Roumieu reste focalisé sur son nouveau challenge et veut "rendre la confiance" que Nicolas Brusque, David Darricarrère et Fred Garcia lui ont accordée. Il découvre un nouveau championnat et de nouvelles ambitions : "La Pro D2 est quand même un championnat costaud et sans petites équipes. J'ai joué le maintien toute ma carrière et je suis venu à Biarritz pour jouer des phases finales".

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