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Pro D2 - Nicolas Brusque (président de Biarritz): "Je parle de qualification"

Brusque: "Je veux absolument que les joueurs aient à chaque sortie le mot "gagner" en tête"

Le 27/01/2016 à 10:41Mis à jour Le 27/01/2016 à 10:58

DERBY BASQUE - À la veille du derby contre Bayonne à Aguilera, Nicolas Brusque revient sur ses premiers mois à la présidence du BOPB et notamment sa décision de changer d'entraîneur. Malgré un départ difficile, le président biarrot envisage toujours une qualification en fin de saison. Il juge que ce derby sera encore une fois "un match charnière", dans la quête de ce retour au premier plan.

Parlez-nous de vos premiers mois de présidence au Biarritz olympique...

Nicolas BRUSQUE: Je suis arrivé un peu précipitamment suite à la sortie de Serge (Blanco, ndlr). Nous avions évoqué l'éventualité que je prenne un jour la suite. Mais ça ne devait pas se faire si rapidement. L'histoire de la non-fusion a fait le reste. J'ai essayé de redynamiser le club par mon état d'esprit neuf et l'envie de changer pas mal de choses. Je voulais rétablir surtout une chose, la communication du club, interne et externe. Essayer d'avoir une communication positive autour du club. Ce qui n'est pas forcément simple à mettre en place, je m'en rends compte. C'est aussi changer des habitudes inscrites au sein des acteurs principaux du club. Aussi bien le côté sportif que le côté administratif.

Serge Blanco est-il toujours présent? Vous aide-t-il dans votre travail de président?

N.B: Je lui ai demandé de ne pas partir du jour au lendemain. Il me laisse libre sur énormément de choses, mais moi je lui demande sur certains dossiers d'être présent. Il est toujours là. Il est actionnaire du club aussi.

Une de vos premières décisions forte a été de vous séparer d'une partie du staff et d'aller chercher David Darricarrère.

N.B: Je me suis vite aperçu après quatre défaites sur les quatre premiers matchs, qu'il fallait prendre une décision rapide. Je nous voyais partir dans un tiraillement interne sportif où chacun allait à tour de rôle ouvrir le parapluie. On a vu qu'il y avait un problème de management. D’où la décision de sortir Eddie O'Sullivan et Pierre Chadebech. Avec le recul je pense que ça a été la meilleure décision. L'état d'esprit est différent.

Nicolas Brusque et David Darricarrère (Biarritz) - 18 septembre 2015

Nicolas Brusque et David Darricarrère (Biarritz) - 18 septembre 2015AFP

Le BO gagne à nouveau, mais pour quel objectif désormais?

N.B: Je veux que l'on remonte la pente et que l'on revienne dans le haut du tableau. Je parle de qualification. Si on a la possibilité d'être dans les cinq en fin de saison, il ne faut pas s'empêcher la possibilité de remonter. Cet objectif est encore réalisable aujourd'hui. Il faut se donner les moyens d'y arriver et ça, c'est encore un état d'esprit qui manque. J'ai dit aux joueurs au retour d'Albi qu'ils prennent le train en marche. J'ai pris comme exemple Tarbes. Eux n'ont pas d'objectifs communs à moyen terme, mais ils se sont donnés un objectif de bien figurer, pour chacun tirer profit personnellement de cette réussite. Ils mènent leur petite histoire avec beaucoup d'envie et d'abnégation et nous, pour l'instant, on ne s'est pas créé cette histoire. L'intention de faire bonne figure à Albi ne me suffit pas. Je veux absolument que les joueurs aient à chaque sortie le mot "gagner" en tête.

Qu'en est-il de l'effectif pour la saison prochaine? Le BO est plutôt discret....

N.B: On est en plein dedans. J'avais dit dès l'arrivée de David Darricarrère que l'on ferait un point début février. Mon intérêt est de savoir avec quel staff je repars l'année prochaine. À partir de là, je construis un effectif. Courant du mois de février, on sera fixé sur le staff. Ensuite, on a des certitudes sur l'ossature du groupe puisqu'on a des joueurs encore sous contrat. On a aussi quatorze joueurs en fin de contrat.

Financièrement, dans quel contexte évolue le BO?

N.B: On va à l'équilibre des comptes en fin de saison.

Cet équilibre était-il important au point de se passer de renforts sportifs?

N.B: Bien sûr. Si j'avais écouté les attentes, c’est-à-dire enrichir mon groupe, cela aurait peut-être été au détriment de l'équilibre des comptes.

" J'ai vu une sortie du capitaine bayonnais qui était limite"

Bayonne a pris légèrement le leadership du rugby basque. Ce voisin est-il gênant?

N.B: Il n'y a aucun problème pour vivre en cohabitation. On n'a pas les mêmes attirances. Aujourd'hui, je ne vends pas seulement un club à mes partenaires. Je vends une marque, Biarritz. C'est pourquoi on s'est rapproché de la mairie, que l'on va avoir un BO Event et une agence de tourisme liée au Biarritz olympique. On travaille vraiment sur un projet qui va nous permettre d’asseoir notre partenariat et d'attirer d'autres actionnaires. On ne va pas marcher sur les plates-bandes de l'Aviron bayonnais. Je ne regarde pas comment ils développent leur club, mais ça m'étonnerait qu'ils puissent le développer de la même manière que nous. On est plus sur la marque Biarritz. L'attrait et les produits ne sont pas les mêmes.

Et la fusion?

N.B: La page est tournée. Elle ne pourra se faire dans de bonnes conditions si l'un des deux est dans la nasse. Si on a deux clubs forts, c'est là qu'il faudra avoir l'intelligence de pouvoir se rapprocher pour mettre les choses à plat.

Que vous inspire ce derby à venir?

N.B: Ça à un parfum particulier. On retrouve des valeurs qui sont des valeurs de passion, de gens qui aiment leur club. Le derby gardera ça tant que les deux clubs pourront se rencontrer. Par contre, il faut que ça reste bon enfant. Il y a des piques qui ne servent à rien, même si c'est le jeu. J'ai vu aujourd'hui une sortie du capitaine bayonnais qui était limite (Jean Monribot a déclaré à Sud Ouest: "Ce derby est vraiment particulier. C'est l'affrontement des prolétaires et de bobos. Et moi, j'aime bien être du côté des prolétaires"). Elle ne sert à rien. Au-delà du derby, on a besoin de capitaliser. C'est encore un match charnière. Pour les deux équipes, le derby permet d'avancer. Il vaut mieux les gagner c'est certain, ça nous laisse passer quelques mois tranquilles. Mais ce n'est pas une fin en soi.

Nicolas Brusque (2015)

Nicolas Brusque (2015)Icon Sport

Votre compagne est plutôt proche de l'Aviron bayonnais. Ce derby s'invite même chez vous...

N.B: Elle était vice-présidente des partenaires de l'Aviron bayonnais. On s'est rencontré comme ça. On en rigole parce qu'aujourd'hui, elle aime l'Aviron bayonnais et le Biarritz olympique aussi. Comme quoi, tout est possible (sourire). Je ne suis pas le seul dans ce cas. Beaucoup de personnes ici connaissent la même situation en famille. C'est sympa.

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