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Finale Pro D2 - Le Vino Griego, ce chant mythique que tout le monde envie aux Bayonnais

Le Vino Griego, ce chant mythique que tout le monde envie aux Bayonnais

Le 02/06/2016 à 14:02Mis à jour Le 02/06/2016 à 14:14

PRO D2 - En quelques années, le chant des supporters de Bayonne est devenu emblématique, à l'image du "You'll Never Walk Alone" en foot. Dans les coulisses du "Vino Griego"...

Il faut bien l'avouer, l'Aviron bayonnais n'a pas marqué le rugby professionnel par ses titres. Tout juste les Bayonnais peuvent-ils se targuer d'avoir fini deux fois septièmes en dix ans de Top 16 - Top 14, ou encore d'avoir offert l'an passé l'une des meilleures séries à épisodes de la vie agitée et passionnelle d'un club de rugby du sud.

Arganèse: "Quand on joue pour l'Aviron, on ne s'en lasse jamais"

Mais il y a un domaine dans lequel les Bayonnais restent une référence : leur public. Un public qui se sublime lors du "Vino Griego", ce chant ouvrant chaque rencontre des Bleu et Blanc. À l'occasion de la demie Bayonne-Colomiers, ce "Vino Griego" s'est rappelé à tout le monde dimanche dans une version longue et émouvante.

Pottoka, la mascotte de l'Aviron bayonnais

Pottoka, la mascotte de l'Aviron bayonnaisAFP

L'intensité a touché nombre de téléspectateurs qui n'ont pas manqué de relayer le moment sur les réseaux sociaux. "Si les gens veulent nous inviter à rejoindre le Top 14 pour entendre le 'Vino Griego', on accepte l'invitation", rigole Jean-Jo Marmouyet à quelques jours de la finale d'accession qui opposera Bayonne à Aurillac samedi (16h15).

"Quand on sort, on a des frissons, presque les yeux humides", témoigne l'ailier bayonnais Julien Jané. "C'est un truc qui fait rêver ce stade, ce public, ce chant. On a envie de vivre ça et quand on y est, c'est encore mieux que l'idée qu'on s'en faisait. C'est fort". "Je l'ai connu avant de venir ici et même en tant qu'adversaire c'est un régal", apprécie Grégory Arganese.

"C'est une ambiance énorme. Et quand en plus on joue pour l'Aviron, on ne s'en lasse jamais. Quand on entend le chant, on sait qu'on va rentrer, l'arbitre n'a pas besoin de siffler pour nous appeler. On est prêt à y aller, c'est le top. Là, pour cette demi-finale, c'était monstrueux".

Jean-Jo Marmouyet, troisième ligne de Bayonne

Jean-Jo Marmouyet, troisième ligne de BayonneIcon Sport

Marmouyet: "Dès qu'on sort du bâtiment, on est dedans"

"Juste après le vestiaire, on est dans une zone où on n'entend plus le bruit des crampons et les encouragements entre les joueurs", décrit Jean-Jo Marmouyet. "Mais dès qu'on sort du bâtiment, on est dedans. Le top, c'est quand on est dans le couloir au bord du terrain avant de rentrer et que ça chante encore. On sent le stade à l'unisson, on est dedans". Pour Vincent Etcheto, ce chant est "beau parce que c'est une communion. Des gens nous envient ça, ça fait partie de l'histoire moderne de l'Aviron, il faut le garder".

Eh oui, comme le rappelle l'entraîneur bayonnais, ce "Vino Griego" n'est pas un chant historique de l'Aviron, dont le répertoire est pourtant riche d'une dizaine de chants traditionnels. Ce "Vino Griego" version Peña Baiona date du début des années 2000. Manex Meyzenc est le président des Socios de l'Aviron bayonnais, mais aussi le directeur de la maison de disques Agorila Production.

Des origines allemandes...

Il raconte : "Avant l'Aviron, ce chant a eu une histoire. Il a été écrit au début des années 1970 par Udo Jurgens (musique) et Michael Kuntz (paroles), deux pointures de la musique allemandes. Ils l'ont composé en hommage aux Grecs qui venaient travailler en Allemagne et qui pensaient à leur pays, au vin qu'ils buvaient chez eux, d’où le titre "Griechischer Wein" ("Le vin Grec"). C'est une chanson qui a pas mal bougé. Au Portugal, il s'appelait "Vino Verde", en Espagne "Vino Griego". C'est la banda de Montfort, il me semble, qui l'a ramené du Portugal à la fin des années 1980. On a commencé à l'entendre dans les fêtes. Nous sommes alors entrés en contact avec Udo Jurgens pour savoir si on pouvait signer une édition pour la France".

La musique fut alors utilisée comme musique officielle lors des championnats du monde d'Athlétisme à Paris en 2003. Dans le même temps, la Peña Baiona, club des supporters de l'Aviron bayonnais, cherchait un chant auquel s'identifier. Manex Meyzenc se rappelle : "Patrice Herlax et Francis Gastambide de la Peña Baiona sont venus me voir et m'ont dit : 'On aimerait faire une adaptation pour nous'. Moi, j'étais plutôt pour faire une création que reprendre un air. Ils ont insisté et m'ont proposé les paroles écrites par Dominique Herlax, l'oncle de Patrice. On a dit banco, on tente le coup".

Manex Meyzenc, président des Socios de l'Aviron

Manex Meyzenc, président des Socios de l'AvironRugbyrama

Meyzenc: "Maintenant, c'est incontournable"

Et de continuer : "On ne pouvait pas savoir que ça allait prendre comme ça. Maintenant, c'est un truc incontournable. Je le vois avec les gens de l'extérieur. C'est assimilé à l'Aviron. On l'entend dans les matchs internationaux et les gens chantent avec les paroles de l'Aviron. Ça véhicule l'image du club. Quand on voit la demie de dimanche, c'est extraordinaire l'image qui est véhiculée. Les gens ont envie de retrouver cette Peña Baiona".

Ce devait être le chant d'un groupe de supporters et c'est devenu le chant d'un club, une identité. Aujourd'hui, le Vino Griego fait partie des dix chansons d'Agorila Production les plus téléchargées. Manex Meyzenc est désormais un spécialiste du genre. Il a notamment collaboré à l'hymne du Stade montois. Il travaille en ce moment même sur un hymne pour le Stade toulousain que l'on pourrait retrouver dès l'an prochain à Ernest-Wallon en ouverture de chaque rencontre.

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