Midi Olympique

Echec et Matfield?

Echec et Matfield?
Par Rugbyrama

Le 01/05/2008 à 13:00Mis à jour Le 01/05/2008 à 13:45

Victor Matfield quitte le RC Toulon pour retourner au pays, chez les Bulls. Sportivement, le bilan de la star sud-africaine dans le Var restera pour le moins mitigé.

Matfield à Toulon, c'est de l'histoire ancienne. Arrivé en grandes pompes sur la Rade, auréolé d'un titre de champion du monde avec les Springboks et fort d'un statut de meilleur deuxième ligne de la planète rugby, le Sud-Africain va donc quitter le RCT. Son départ était acquis depuis quelques jours maintenant. Seule sa destination demeurait incertaine. Il a finalement décidé de résister aux sirènes mirobolantes de Northampton pour retourner dans son club d'origine, les Bulls, chez lui, au pays. D'ici quelques semaines, il ne sera donc plus qu'un souvenir.

Un an trop tôt?

Sportivement, Victor Matfield laissera l'image d'un joueur hors normes en touche. Même quand il n'a pas rayonné dans le jeu, ce qui est tout de même arrivé assez souvent, il a survolé les débats dans les airs. Pour le reste, il semble s'être trop peu investi dans les autres tâches dévolues à son poste. Chez les supporters varois, les dents ont commencé à grincer. On a même dit du géant Bok qu'il n'était qu'un mercenaire. Freiné par des blessures, parfois décalé en troisième ligne, il n'aura donc brillé qu'en de trop rares occasions, comme à Colombes face au Racing, ou au match aller face à La Rochelle, où il fut réellement le grand Matfield.

Au-delà de son cas, c'est l'ensemble du recrutement "international" de Mourad Boudjellal qui n'a pas totalement convaincu cette année. Outre Matfield, George Gregan, véritable légende vivante du rugby australien, et Anton Oliver, talonneur des All Blacks lors du dernier Mondial, ont vécu une saison en dents de scie. Le premier n'est plus titulaire depuis quatre matchs, le second a annoncé son départ, en stigmatisant la violence et la pauvreté du jeu pratiqué en Pro D2. Oliver touche là un point sensible. Ces grands joueurs, qui ont tout connu, ont trouvé dans les batailles rugueuses, parfois limites, du Pro D2, le contraire de ce qu'ils étaient venus chercher.

Mourad Boudjellal l'a d'ailleurs confirmé cette semaine. "Ils sont venus pour jouer au rugby, pas pour autre chose, explique le président toulonnais. Ils sont assez écoeurés par le Pro D2, qui s'apparente parfois à un Championnat de malfrats où le nivellement se fait par le bas. Je crois qu'après ce constat, d'autres clubs auront du mal à faire ce que nous avons fait cette saison (en matière de recrutement, ndlr)". Mais le patron du RCT connaissait le Pro D2. Ce n'est pas à l'environnement de s'adapter au jeu toulonnais, mais bien le contraire. Dès lors, on peut se demander si ce recrutement trois étoiles n'est pas intervenu un an trop tôt. Sauf catastrophe, d'ici quelques semaines, Toulon retrouvera sa place dans l'élite. Et les stars, qui ne manqueront pas d'arriver, s'y trouveront peut-être davantage à leur place.

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