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Ledevedec : "Je me suis dit "con, le Pro D2 ça a changé""

Ledevedec : "Je me suis dit "con, le Pro D2 ça a changé""
Par Pierrick Ilic-Ruffinatti via Midi Olympique

Le 29/12/2020 à 17:29

PRO D2 - Alors qu'il a rejoint Provence Rugby en février dernier après de nombreuses années en Top 14, le deuxième ligne Julien Ledevedec s'est expirmé sur l'expérience qu'il est en train de vivre en Pro D2. L'ancien joueur de Toulouse ou encore de Montpellier s'est exprimé sur le niveau du championnat mais encore sur son parcours atypique.

Qu’est-ce qui vous a poussé à rejoindre Provence Rugby en février ?

À Montpellier je n’avais pas la confiance du staff, et je n’avais aucune chance de jouer… Alors quand j’ai su que mon profil intéressait Aix, j’ai foncé : je voulais retrouver du temps de jeu, me relancer.

Avec votre expérience, n’auriez-vous pas préféré un challenge en Top 14 ?

Soyons honnête : je n’avais pas de proposition en Top 14. C’était le milieu de saison, et aucun club n’avait besoin de moi, jusqu’au jour où Aix a contacté mon agent. C’était l’opportunité parfaite : c’était à 1 h 15 de Montpellier, ce qui me permettait de voir ma famille, et Fabien Cibray m’avait fait comprendre que j’aurais du temps de jeu, et l’opportunité de montrer que je n’étais pas fini…

Quand on a 14 saisons de Top 14 et 11 sélections en équipe de France, n’est-ce pas compliqué d’accepter de rebondir en Pro D2 ?

Au moment où j’ai pris la décision de quitter le MHR, je n’avais pas le vent en poupe, peut-être pas la condition physique, ni le niveau pour prétendre à continuer en Top 14… Les étoiles n’étaient pas alignées, et je n’avais aucun souci à l’idée de repartir en Pro D2.

Continuez…

Quand tu sens que la fin se rapproche, tu veux croquer jusqu’à la dernière seconde en jouant le plus possible… Je préférais jouer régulièrement à Aix, avoir la confiance du coach, compter pour le groupe et rigoler avec les copains, plutôt que d’être constamment 24e à Montpellier.

Qu’est-ce qui vous a surpris en Pro D2 ?

J’avais connu le Pro D2 avec Brive en 2012-2013. À l’époque un match c’était : mêlée, ballon porté, Julien Caminati qui tentait des pénalités de partout sur le terrain, et on gagnait généralement nos matchs. Mais là, dès mon premier match, la première action a duré plus de trois minutes… Quinze jours plus tôt, je disputais un Montpellier-Gloucester en Champions Cup, et je pensais être rodé pour le rythme, mais franchement au bout de cinq minutes je tirais la langue ! Je me suis dit "con, le Pro D2 ça a changé" (rires).

Comment expliquer que certains anciens joueurs de Top 14 cartonnent en descendant d’un échelon, et d’autres non ?

Ce n’est pas rationnel : me concernant, j’ai toujours aimé ce jeu, et je n’étais plus invité à Montpellier, c’était dur. Lorsque tu croises les copains qui entrent sur le terrain alors que toi tu vas à la douche car tu es 24e et que tu viens de faire une séance de physique… J’ai eu un peu de colère, et je me suis promis de retrouver cette sensation avant de raccrocher les crampons. Ç’a été un déclic, et quand Aix s’est présenté il était hors de question de retrouver le terrain pour ne pas faire les efforts qui me permettrait de reprendre du plaisir.

Vous êtes engagé jusqu’au terme de la saison. Doit-on imaginer que c’est la dernière ?

En théorie je dispute une ultime saison et je bascule sur ma reconversion. Mais si jamais j’ai encore envie de jouer, et que le staff compte sur moi, on pourrait prolonger encore un peu l’aventure… Quoi qu’il advienne, j’ai signé un accord avec Provence Rugby qui me permettra de m’occuper un peu de la formation au club pendant au moins une saison après ma carrière.

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